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Faits de société

Samedi 30 juin 2012 6 30 /06 /Juin /2012 15:56

Il est toujours intéressant de savoir à quel point, les politiciens néolibéraux sont corrompus, là-bas comme partout… (Jean Dornac)


Josée Boileau
Éditorial - Le Devoir  - jeudi 28 juin 2012

Le ministre des Transports Pierre Moreau avait été très ferme en février dernier. Il avait même convoqué une conférence de presse pour annoncer que des poursuites seraient entamées contre les firmes de génie responsables des travaux du tunnel Viger, dont un paralume s’était effondré l’été dernier. Les faits étaient clairs, démontrait un rapport d’experts ; il ne restait plus qu’à évaluer la compensation à demander.

Ce gouvernement, fallait-il comprendre, était prêt à passer à l’action. Enfin, dans certaines limites puisque le ministère continuerait de faire affaire avec les trois firmes impliquées - « Quand une faute médicale est commise par un médecin dans un hôpital, on ne ferme pas l’hôpital », avait exposé M. Moreau. Mais que le grand public se rassure, les responsables de l’effondrement devraient « en supporter les conséquences ».

Les affaires, on le comprend aujourd’hui, sont plus fortes que les poursuites. On apprend que deux mois et demi après que le paralume fut tombé, le MTQ octroyait un contrat de 30 millions au même consortium - SNC-Lavalin, Cima + et Dessau - pour « accompagner le ministère dans sa démarche de maintien des structures de l’échangeur Turcot ».

Aucune réserve même si ce fut un miracle que l’incident du tunnel Viger ne fasse aucune victime, et même si l’enquête des experts indépendants (mandatés par le MTQ au lendemain de l’effondrement) était alors en cours. Mieux encore, le travail du consortium a été évalué par le ministère qui a conclu que les standards de qualité n’avaient pas été respectés !

Tout cela aurait dû découler sur une sanction - soit de ne plus obtenir de contrat du MTQ pendant deux ans -, mais des discussions ont suffi pour effacer l’ardoise. Il faut dire que jamais, depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir en 2003, une firme de génie-conseil n’a été sanctionnée par le MTQ.

Faut-il dès lors s’étonner que les poursuites annoncées soient maintenant engluées ? Le ministère de la Justice, à qui incombent les procédures judiciaires, en est encore à évaluer les dommages - 11 mois après les événements, cinq mois après l’annonce d’une action imminente.

C’est là un air connu, et lassant. Quand il est question de construction, et particulièrement de firmes de génie-conseil, les libéraux bercent l’électorat en annonçant en grande pompe des gestes, puis mettent le pied sur le frein pour ne surtout pas changer pour vrai les manières de faire. Qu’il s’agisse de fraude, de collusion ou d’effondrement, il n’y a jamais de représailles à exercer contre les firmes et toujours moyen que les affaires se poursuivent. Le grand public oublie si facilement…

Source
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/353407/effondrement-au-tunnel-viger (...)

Par jdor - Publié dans : Faits de société
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Vendredi 29 juin 2012 5 29 /06 /Juin /2012 16:05

Après avoir lu cet article, vous comprendrez pourquoi Pierre Rabhi, paysan-philosophe, plutôt que de souhaiter bon appétit aux citoyens, leur dit « Bonne chance » !... (Jean Dornac)


Par Agnès Rousseaux (27 juin 2012)

Hamburgers in vitro, fromages de synthèse, glu de porc, vache ou poisson transgénique… Le tout agrémenté d’une bonne pincée de chimie. L’industrie agroalimentaire multiplie les expérimentations, et commence à inonder le marché de ces nouveaux produits, davantage fabriqués en usines ou en labos que dans les champs. Objectif : nourrir la planète au moindre coût. Sans trop s’attarder sur les conséquences sanitaires et écologiques. Et sans pitié pour les cobayes que nous sommes. Basta ! vous présente le menu agro-industriel de demain. Miam !

arton2498-8bdb9.jpg

En entrée : une saucisse de glu de porc malaxée

Cela ressemble à de la guimauve rose liquide. Cette mixture de viande est obtenue en passant les carcasses de poulet ou de porc dans une centrifugeuse à haute température, ce qui permet de récupérer le moindre morceau de barbaque. Les tendons, graisses, tissus conjonctifs sont transformés en pâte. À l’arrivée dans l’assiette, le « lean finely textured beef » (bœuf maigre à texture fine) est utilisé depuis quinze ans « sans restrictions » aux États-Unis.

Petit détail : ce hachis liquide provient des parties les plus prédisposées à la bactérie E.coli et aux salmonelles. Ce qui rend nécessaire, pour tuer tous les éléments pathogènes, un traitement à l’ammoniaque, substance considérée comme non dangereuse par les autorités sanitaires, et utilisée par ailleurs pour la fabrication d’engrais, le détartrage des métaux, ou la fabrication d’explosifs… Aux États-Unis, le produit est ajouté depuis des années à la viande hachée ou aux hamburgers. Vous en reprendrez bien un peu ?

Ce pink slime – ou « glu rose », tel qu’il a été rebaptisé par ses détracteurs – a déclenché récemment une tempête aux États-Unis. Des parents d’élèves se sont mobilisés lorsque le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il prévoyait d’acheter plus de 3 000 tonnes de cette mixture pour les cantines scolaires. Devant la fronde populaire, McDonalds et Burger King ont annoncé en janvier qu’ils cessaient d’en ajouter à leurs steaks hachés. Beef Products Inc., le plus grand producteur de pink slime, a dû fermer (momentanément) ses usines. Le géant de l’agroalimentaire Cargill, qui utilise un produit similaire dans ses hamburgers, traité à l’acide citrique au lieu de l’ammoniaque, a annoncé en mars qu’il réduisait sa production.

En plat : la « viande séparée mécaniquement »

Pourquoi l’agro-industrie se donne-t-elle tant de mal ? Pour rentabiliser la moindre calorie bien sûr. « Nos installations traitent 4 500 à 6 000 têtes de bétail chaque jour, et il y a beaucoup de déchets dans le processus de fabrication », a expliqué un porte-parole de Cargill. Du coup, ces restes sont broyés, traités, compactés, et utilisés comme additif dans la viande sortie des chaînes de fabrication. Ajouter du pink slime permet à Cargill « d’économiser » l’équivalent de 1,5 million d’animaux chaque année. Impossible de savoir quelle quantité de cette mixture est ajoutée à la viande. Secret industriel. Aucune mention sur l’étiquetage, puisque le pink slime est considéré comme « 100 % bœuf ». Le ministère de l’Agriculture impose une limite de 15 % du fait du traitement à l’ammoniaque. Difficile à contrôler. 70 % des produits de bœuf haché contiendraient du pink slime, affirme Beef Products Inc.

VSM-e4d19.jpg En France aussi, on pratique le « VSM », pour « viande séparée mécaniquement ». Même objectif : récupérer toute la substance « comestible » possible. La VSM est produite en forçant les os à travers un tamis, sous haute pression. Ce qui provoque la destruction de la structure fibreuse des muscles. Le produit obtenu n’est donc plus vraiment de la viande. La Commission européenne a statué en 2001 qu’un étiquetage différencié était nécessaire, car la viande mécaniquement séparée « ne correspond pas à la perception de la viande par le consommateur et ne permet pas de l’informer de la nature réelle du produit »... Les petits morceaux d’os contenus dans la VSM ont aussi une taille réglementée.

Où trouver cette appétissante substance ? Notamment dans les saucisses. 700 000 tonnes de VSM sont produites par an en Europe. Un marché de 400 à 900 millions d’euros. En France, le volailler Doux, avec sa marque Père Dodu, a été accusé par la répression des fraudes de tromperie sur l’étiquetage : entre 2009 et 2011, il a écoulé 1 282 colis de saucisses de « poulet séparée mécaniquement » en les présentant comme « viande »... Destination : des cantines scolaires et des maisons de retraite [1]. Côté traçabilité, ce n’est pas gagné.

Le plateau de fromages synthétiques

Du côté des produits laitiers aussi, une formidable innovation technologique permet de casser les prix. Cargill a lancé en 2009 un « fromage » sans lait. « Son aspect, son goût et sa texture correspondent parfaitement à ceux du fromage à base de protéines laitières, vante le géant de l’agroalimentaire. Ils sont semblables à ceux des traditionnels fromages à pâte dure, comme le gouda, le cheddar ou le gruyère, assurant ainsi les mêmes plaisir et satisfaction aux consommateurs. » Ce fromage chimique, le Lygomme™ACH Optimum, est composé de trois amidons, d’un galactomannane (E410, 412, 417), d’un carraghénane (E407) et d’arômes. Un « système fonctionnel », qui « reproduit la fonctionnalité des protéines du lait et les remplace totalement », sans pourvoir prétendre à l’appellation « fromage », puisque sans produit laitier.

cargill_lygomme-808de.jpg Son avantage ? Son prix. Le Lygomme™ACH Optimum permet de ne pas dépendre des fluctuations du marché du lait. Une « alternative rentable » pour les pizzas au fromage : le Lygomme est 200 % moins cher que la mozzarella ou l’emmental, annonce Cargill ! Et même 60 % moins cher que le « fromage analogue », autre produit de substitution en circulation. Ce dernier, à base d’huile de palme, d’amidon, de sel et d’exhausteurs de goût – et 15 % seulement de protéines de lait –, a déjà inondé le marché européen. Cargill vante aussi les propriétés diététiques de son Lygomme : moins de matières grasses et moins d’acides gras saturés. Le produit a même été nominé aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, grand rendez-vous de l’agroalimentaire, pour le titre d’« Innovation de l’année », catégorie... Produits laitiers (sic).

En Europe, pas de problème de commercialisation des substituts de fromage : il suffit que les composants soient clairement indiqués sur l’étiquette. Mais qui peut deviner que le « galactomannane » inscrit sur l’emballage désigne la pâte fromagère de la pizza ou des lasagnes ? D’autant que les producteurs laissent souvent une part de « vrai fromage » dans la liste des ingrédients pour ne pas effrayer le consommateur. Selon un reportage de la chaîne ZDF, l’Allemagne produit chaque année 100 000 tonnes de « faux » fromage. Un dixième de sa production. Un laboratoire allemand a analysé une centaine de sandwichs au fromage. Verdict : un tiers d’entre eux ne contenaient pas du « vrai fromage ». 

Au menu demain : animaux transgéniques et hamburgers in vitro

Autre solution pour produire plus de protéines animales : des animaux qui « poussent » deux fois plus vite. Dans les laboratoires se multiplient les expériences pour produire des animaux génétiquement modifiés aux propriétés intéressantes pour l’industrie agroalimentaire. Aux États-Unis, les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés pour moins polluer, et les saumons « Frankenfish », qui grandissent deux fois plus vite, attendent leur autorisation de mise sur le marché (lire notre enquête). Des vaches hypermusclées, des chèvres dont le lait fabrique de la soie, des porcs avec un gène de souris… Des animaux porteurs de gènes étrangers à leur espèce pourraient arriver bientôt dans nos assiettes. La Chine est à la pointe de la recherche sur la transgenèse animale. Et l’Europe se prépare discrètement à suivre le mouvement.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient de lancer une consultation publique concernant l’évaluation des risques environnementaux des animaux génétiquement modifiés. Objectif : définir les données requises et la méthodologie à appliquer « si des demandes d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne devaient être soumises dans le futur »… L’évaluation porte « essentiellement sur les poissons, les insectes, les mammifères et les oiseaux génétiquement modifiés ». Vaste programme ! « Jusqu’à présent, aucune demande d’autorisation de commercialisation d’animaux GM n’a été déposée dans l’UE », précise l’Efsa. Mais « la technologie a rapidement évolué ces dernières années et, dans certains pays non membres de l’UE, les autorités de réglementation évaluent déjà la sécurité des animaux GM, tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’alimentation humaine et animale ».

Et bientôt… le steak de sérum de fœtus de cheval

Demain, nous pourrons aussi nous demander si le steak ou la saucisse que nous avalons goulûment a bien un jour été « vivant ». De nombreux programmes de recherche travaillent depuis des années sur la viande artificielle. La Nasa a été la première à s’y intéresser (pour nourrir les futurs astronautes en route vers de lointaines planètes). En 2000, des chercheurs new-yorkais ont réussi à produire de la chair de carpe à partir de cellules prélevées. Comment fabriquer de la viande en éprouvette ? Les scientifiques cherchent à développer du muscle à partir d’une cellule de porc (bien vivant celui-là), par la mise en culture dans un milieu riche en nutriments.

Pour le moment, les morceaux de viande produits in vitro, fabriqués avec des cellules souches de porc et du sérum de fœtus de cheval, mesurent 2,5 cm de long et apparaissent gris et ramollis. Pas de quoi ouvrir l’appétit… En France, on doute d’arriver à un résultat à court terme. « L’une des difficultés majeures est de reproduire la finesse de l’irrigation sanguine, qui apporterait les nutriments et les facteurs de croissance nécessaires aux cellules, en mimant l’irrégularité des pulsations cardiaques », explique Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’Inra. En septembre dernier, des chercheurs néerlandais promettaient d’ici à six mois un steak prêt à manger… Le coût du morceau de viande reste pour le moment prohibitif : 250 000 euros.

Ces travaux sont encouragés par la plus importante organisation des droits des animaux, People for the Ethical Treatment of Animals (Peta), qui voit dans la viande in vitro un moyen de mettre fin aux souffrances des poulets, porcs ou vaches tués chaque année. Peta a promis une récompense d’un million de dollars au premier chercheur qui – avant le 30 juin 2012 – produira de la viande de poulet in vitro, au goût identique à celui du « poulet réel », et pouvant être fabriquée à grande échelle.

La solution écolo : mangez des vers, des scarabées et des papillons

sucette-au-scorpion-2c695.jpg Pour faire face à la demande mondiale, la production animale devrait doubler d’ici à 2050, estime la FAO [2]. Si d’ici quelques décennies les protéines ne poussent pas encore dans les laboratoires, cela représentera 36 milliards d’animaux – en plus de 9 milliards d’humains – sur la planète. Alors que l’élevage est déjà responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre… La solution ? Réduire notre consommation de viande. Autre moyen pour réduire l’impact écologique de l’élevage : développer les cultures d’insectes. Certes, la quiche au vers ou la tarte à la chenille risquent d’avoir du mal à trouver des adeptes en France… Mais, selon la FAO, plus de 1 000 espèces d’insectes sont consommées dans le monde [3]. Une alimentation très saine et nutritive : les insectes apportent autant de protéines que la viande traditionnelle. Avec une teneur en fibres comparable à celle des céréales, plus du fer, du calcium et de grandes quantités de minéraux et de vitamines. Scarabées, papillons ou fourmis mais aussi punaises, termites et abeilles seront peut-être la base des repas les plus sains… De quoi en tout cas varier les menus !

Les insectes, c’est bon pour l’environnement : il faut 8 kilos de végétaux pour produire un kilo de viande bovine. Et moins de deux kilos pour produit un kilo d’insectes. Une matière première que l’industrie agroalimentaire semble pour le moment délaisser. En attendant les élevages intensifs et la future pâte d’insectes que ne manquera pas de nous concocter l’industrie alimentaire, il est toujours possible de déguster une sucette scorpion aromatisée à la myrtille, des raviolis de criquets ou des brownies aux vers.

Agnès Rousseaux

 Photo de une : source

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Notes

[1] La société Doux-Père Dodu a reconnu sa responsabilité, en plaidant coupable, et expliquant son faux étiquetage par les distorsions de concurrence entre pays européens qui n’appliquent pas de la même façon la réglementation sur la VSM. L’entreprise a été condamnée par le tribunal de Quimper à près de 18.000 euros d’amende en avril 2012. Source : Le Télégramme

[2] Selon la FAO, la consommation annuelle mondiale de viande, en 2010, est de 286 millions de tonnes.

[3] « Il existe plus de 1 700 insectes comestibles et les plus importants appartiennent aux ordres des coléoptères (scarabées), lépidoptères (papillons diurnes et nocturnes), hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis), orthoptères (sauterelles et grillons), isoptères (termites), hémiptères (punaises) et homoptères (cigales). Des estimations évoquent 250 espèces d’insectes consommées en Afrique, 500 au Mexique, 180 en Chine, et 160 dans la région du Mékong. » Source : FAO

Source : http://www.bastamag.net/article2498.html

Via : http://humeursdemarisse.blogspot.fr/2012/06/la-nourriture-du-futur-que-nous.html

Par jdor - Publié dans : Faits de société
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Vendredi 22 juin 2012 5 22 /06 /Juin /2012 15:33

Un scandale qui ne semble guère déranger ni une grande part du monde patronal, ni des politiciens, ni, évidemment, le monde financier. Cela ressemble à un misérable retour progressif de l’esclavage ou du monde des serfs qu’on appelait aussi « les vilains »… Ecoeurant au possible ! (Jean Dornac)


 le 17 juin 2012

On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions.

Les travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté

Un million de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (primes pour l’emploi, allocations logement, etc.) ou intégré les revenus de leur conjoint, d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian [1]. Elles sont 1,9 million si l’on prend en compte le seuil à 60 %. Le nombre de travailleurs pauvres a grossi de 104 000 personnes entre 2003 et 2009 au seuil de 50 %, de 132 000 au seuil de 60 % du revenu médian. Il est d’ailleurs possible que ces chiffres aient progressé avec l’accentuation de la crise.

Si l’on compte l’ensemble des personnes, conjoints et enfants compris, c’est entre 1,8 et 3,7 millions de personnes qui vivent dans un ménage pauvre dont le chef de famille dispose d’un emploi - toujours en tenant compte de l’ensemble des ressources.

Même en utilisant la définition la plus restrictive, on compte presque 2 millions de personnes qui vivent avec moins de 800 euros par mois pour un adulte seul [2], alors que ces personnes ou leurs parents exercent un emploi.

L’existence de travailleurs pauvres résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternances de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité.

Evolution du nombre de travailleurs pauvres
Personnes qui exercent un emploi, dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, aux seuils de 50 et 60 % du revenu médian.
Unité : milliers


1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Seuil à 50 %

977

996

1 013

953

913

915

947

994

977

1 008

1 022

1 019

Seuil à 60 %

1 882

1 942

1 948

1 934

1 896

1 771

1 797

1 838

1 872

1 999

1 897

1 903

Le niveau de vie tient compte des prestations sociales, des impôts et des revenus des conjoints.

Source : Insee

Personnes vivant dans un ménage de travailleurs pauvres
Nombre de personnes pauvres, chef de ménage, enfants et conjoints, vivant dans un ménage dont le chef de ménage exerce un emploi
Unité : milliers


1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Seuil à 50 %

1 874

1 899

1 964

1 793

1 644

1 702

1 742

1 821

1 743

1 818

1 878

1 848

Seuil à 60 %

3 879

3 965

4 041

3 981

3 682

3 527

3 558

3 619

3 596

3 838

3 728

3 679

Le niveau de vie tient compte des prestations sociales, des impôts et des revenus des conjoints.

Source : Insee

Comment mesurer le nombre de travailleurs pauvres ?

Il existe deux façons de mesurer le nombre de travailleurs pauvres. Soit on prend en compte l’ensemble des revenus du ménage et des prestations sociales. Il s’agit de travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. C’est le cas, par exemple, d’une famille de cinq personnes où une seule dispose d’un emploi payé au Smic à temps plein. Soit on prend en compte uniquement les revenus individuels d’activité (salaires ou revenus des travailleurs indépendants). C’est le cas par exemple d’une personne employée au Smic à mi-temps, qui n’est pas prise en compte dans la seconde définition si elle vit avec une personne dont les revenus permettent de dépasser le seuil de pauvreté pour l’ensemble du ménage.

Pour en savoir plus :

L’Insee diffuse des données détaillées sur les niveaux de vie des actifs occupés ou des personnes vivant dans les ménages dont le chef de famille est actif occupé (lire en ligne).

Des données beaucoup plus détaillées sont disponibles auprès de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.Lire en ligne.

[1] Le revenu médian est celui qui sépare l’effectif des ménages en deux - autant gagnent moins, autant gagnent plus.

[2] Pour une famille on ajoute 400 euros pour un autre adulte ou un enfant de plus de 14 ans, 240 euros pour un enfant de moins de 14 ans.

Source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article905&id_mot=76

Par jdor - Publié dans : Faits de société
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Lundi 11 juin 2012 1 11 /06 /Juin /2012 15:30

Article indispensable si l’on veut comprendre comment une démocratie vire vers un état policier ou pire encore. La peur du pouvoir en place, la peur de Jean Charest, est telle qu’il incite ses forces de l’ordre aux dérives. Et parmi ceux-là, il en est qui sont ravis de leur nouveau pouvoir oppressif. Cet article démontre que nul citoyen n’est à l’abri lorsqu’un pouvoir, même en pays dit « démocratique » a peur, est frustré, sans sa possible défaite. (Jean Dornac)


Le Devoir - dimanche 10 juin 2012

image-copie-1.jpg Catherine Lalonde , Raphaël Dallaire-Ferland - La présence policière demeure par ailleurs imposante tant sur le site du circuit Gilles-Villeneuve que sur les lieux des festivités à Montréal et dans le métro. Sont-ils réels, ces contrôles d’identité dans le métro pour les porteurs de carrés rouges, dont on entend parler depuis le début du Grand Prix de Montréal ? Ceux qui affichent être contre la hausse des frais de scolarité se font-ils désormais fouiller, inviter au poste de police le plus près, comme on le raconte sur les réseaux sociaux depuis plusieurs heures ? Samedi, deux journalistes du Devoir ont entrepris de tirer l’affaire au clair en épinglant sur leur poitrine des carrés rouges avant de s’engouffrer dans la gueule du métro. Résultat ? Interpellation rapide, détention pour fin d’enquête. « On fait juste ça, du profilage criminel », a indiqué de suite un des agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) lors de la fouille de nos journalistes.

Samedi, 13h50 : Sous le plein soleil, les journalistes Raphaël Dallaire Ferland et Catherine Lalonde se retrouvent Place Émilie-Gamelin. Sacs au dos, ils s’épinglent chacun un carré rouge, elle ajoute de plus un carré noir. Lui porte un foulard, rouge, autour du cou, ample, qui laisse son visage à découvert. Elle, sous le bras, trimballe deux grands cartons blancs. Des pancartes ? Même pas, ni des affiches. Juste deux larges cartons, vierges. Direction : métro Berri-UQAM.

Dans le métro, avant d’accéder au quai, Raphaël se fait interpeller. Quatre policiers demandent à fouiller son sac « pour raisons de sécurité. » Les agents du SPVM sont fermes et courtois. « On fouille tout le monde, indique l’agente Norbert, parce qu’on s’est fait lancer des bouteilles de bière en feu hier. On a même fouillé un gars qui avait sa poche de hockey. » Pourtant, Catherine est passée sans problème.

Sur les quais du métro, quelques minutes plus tard, nos journalistes, toujours non identifiés, demandent à une demi-douzaine de personnes, de tous âges, portant des sacs plus gros que les leurs, s’ils se sont fait fouiller. Cinq répondent non. Le seul qui a vécu la même expérience est un jeune homme, dans la vingtaine, qui portait le carré rouge au moment où il s’est fait intercepter.

Direction : Parc Jean-Drapeau, sur l’île Sainte-Hélène, où se trouve le site du Grand Prix de la F1. La présence policière est très, très forte. Un agent par wagon de métro, au moins une demie-douzaine à la sortie, certains criant le chemin à suivre pour assurer la fluidité de la circulation. Trois camionnettes de la police sont bien en vue, collée sur les portes du métro. Impossible de faire quinze pas sans croiser un nouvel agent. La foule est dense, familles ou groupes d’amis se dirigent vers l’entrée officielle, plusieurs avec une glacière au bout du bras. Les journalistes, toujours incognito, suivent ce flot sur quelques mètres.

En retournant vers le métro, histoire de rebrousser chemin, les deux journalistes croisent François Arguin, 37 ans, microcaméra au poing, qui filme, dit-il, toutes les manifestations depuis le début de la grève étudiante, et qui les aborde, étonné de voir des carrés rouges en ce lieu. « Moi je n’ai pas mis le mien exprès parce que je voulais pouvoir filmer sans problème. »

Quelques mètres plus tard, à quelques secondes des portes du métro, plusieurs policiers enserrent le trio, qui poursuivait sa marche, « pour fouiller vos sacs et vous demander de répondre à des questions ». Deuxième fouille, donc, en moins de quinze minutes. Un groupe d’agent est formé autour de Raphaël Dallaire Ferland et Catherine Lalonde, un autre autour de François Arguin. Ils sont, en tout, seize agents pour trois individus. L’attitude, pour la même intervention, est beaucoup, beaucoup plus nerveuse que celle adoptée par les agents qui patrouillaient le métro.

Les journalistes coopèrent, mais retournent une question pour chacune qu’on leur pose. Pourquoi nous fouiller ? « Parce que vous arborez un signe révolutionnaire », répondra un agent, visiblement excédé, « pis parce que je suis tanné du monde comme vous. ». Il porte une gaze à l’avant-bras, qui semble protéger une blessure. Pourquoi nous ? N’est-ce pas du profilage ? « On fait juste ça, du profilage criminel », poursuit le même agent. Le parc Jean-Drapeau ne serait plus un lieu public ? « Aujourd’hui, c’est un lieu privé ouvert au public, » enchaîne un autre, sortant des sacs une mangue, un programme de saison de danse, des carnets de notes, des stylos. Rien d’illégal, rien qui ne laisse présager aucune intention criminelle. Pourquoi ne pourrions-nous pas en être ? « Les organisateurs ne veulent pas de vous ici. » Le SPVM, aujourd’hui, répond donc aux besoins et désirs des organisateurs du Grand Prix ? « Tout à fait, » dira le matricule 5323, le répétant fièrement une deuxième fois lorsqu’on lui redemandera.

À la demande des journalistes, les deux principaux agents donnent leurs numéros de matricule, insistant pour qu’on les écrive. « Prenez-les, vos notes, pour la déontologie pis toute. Vous appellerez mon patron, monsieur Simoneau, il va être content de vous entendre dire que je fais une bonne job. Envoye, Préfontaine, donne-le ton matricule toi aussi, t’es-tu game ? », nargue le matricule 5323, qui ne semble pas craindre un seul instant le moindre recours. Un seul agent, après avoir donné son numéro, ajoutera plus humainement « Moi c’est Stéphane, by the way. »

Les agents demandent aux journalistes de s’identifier. État d’arrestation ? « Vous allez rencontrer un enquêteur, à cause de vos intentions criminelles» Était-ce la bouteille d’eau découverte dans le sac qui dévoilait quelques volontés malveillantes ? Ou le pull ? Pourquoi des intentions criminelles ? « Arrête de nous écoeurer avec tes questions, » sera la réponse dont on devra se contenter.

Pas besoin d’aller au poste, l’enquêteur est sur place. Direction : un carré d’herbe juste devant la Biosphère, transformée en poste de police en plein air. Un homme y est menotté, un drapeau fleurdelisé chiffonné entre ses mains. Une jeune femme, menottée, mais souriante, se joindra plus tard au groupe. François Arguin survient, escorté, en colère : ses menottes le font souffrir, on lui a confisqué sa caméra. « On ne sait pas ce qu’il va faire avec ses images », indique un agent. « Par une journée comme aujourd’hui, ça suffit pour être envoyé chez l’enquêteur », précise un autre. On oblige Arguin à s’asseoir, sans lui demander de le faire, en lui pressant fermement l’abdomen. « Man, c’est comme un camp de concentration light, icitte» L’agent blessé au bras monte le ton : « Tu penses que c’est ça, un camp de concentration ? J’ai eu de la famille, moi, dans des camps de concentration, t’as aucune idée de quoi tu parles. Ça n’a rien à voir, parle pas de ça. » Un gradé surgit, et un des agents nous indique que voilà le patron et enquêteur. On en déduit qu’il s’agit de Simoneau. Arguin continue d’essuyer la colère de l’agent. « Je peux-tu lui montrer c’est quoi, un camp de concentration ? », demande ce dernier à son chef. Réponse : « Non. Y’a des caméras. »

Attente. Les journalistes tentent de connaître l’état de leur situation. Il leur faudra insister à de nombreuses reprises, en appeler de leurs droits pour arracher un « vous êtes détenu pour enquête. » Après une dizaine de minutes, on les informe qu’ils ne seront « pas détenus, finalement. Nous allons vous expulser du site. Vous pouvez juste prendre le métro vers Berri ou Longueuil. » À partir de ce moment, l’attitude des policiers change, beaucoup plus pondérée. Arguin se fait remettre sa caméra. Les agents ont effacé, sans son consentement, les images qu’il avait prises sur le site. Pourquoi cette libération soudaine, après la prise d’identités des journalistes ?

Le trio est escorté jusqu’au métro par trois agents. On entend le Matricule 3121, au téléphone, en chemin, dire à son interlocuteur « aucun détenu sur les trois. J’suis déçu. » Ce n’est qu’au sortir du wagon, métro Berri-UQAM, que nos journalistes sentent qu’ils ont récupéré leur pleine liberté de circuler.

Source
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/352102/recit-d-un-peti (...)

Par jdor - Publié dans : Faits de société
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:38

le 15 mai 2012

Sans-titre.jpg SOS homophobie a reçu 1 600 témoignages de victimes de discriminations du fait de leur orientation sexuelle en 2011.

L’association SOS homophobie a reçu 1 600 témoignages de personnes victimes de discriminations du fait de leur orientation sexuelle en 2011, un chiffre en augmentation de 5 % par rapport à 2010. Les personnes qui ont contacté SOS homophobie sont majoritairement des hommes (69 %). 31 % des appelants sont âgés de 35 à 50 ans.

Les manifestations d’homophobie sont de diverses natures : il peut s’agir d’insultes (51 %), de harcèlement (19 %), de diffamation (16 %), voire d’agressions physiques (13 %), jusqu’aux viols ou meurtres (29 cas depuis dix ans). En 2011, SOS homophobie a enregistré 185 cas d’agressions physiques, nettement plus qu’en 2010 (125 témoignages).

17 % des témoignages sont relatifs à l’homophobie sur Internet, que ce soit à travers des articles ou commentaires insultants, ou par le rejet d’internautes homosexuels. 13 % des témoignages concernent des problèmes rencontrés au travail, contexte où l’homophobie peut empêcher la progression de carrière, voire déboucher sur un licenciement.

L’homophobie s’exprime aussi dans les lieux publics (11 % des cas). Les homosexuels sont également confrontés à des conflits de famille ou de voisinage (respectivement 13 et 12 %). Ils subissent de plus une discrimination spécifique dans les commerces et les services (7 % des témoignages) : refus de consommation dans un café, de location d’un appartement, de prise en charge par un taxi, par exemple.

Attention il s’agit de témoignages reçus par téléphone ou par mail. Ceux-ci donnent une indication, mais ne constituent pas un recensement exhaustif des cas de discriminations homophobes. L’évolution du nombre d’appels peut aussi résulter d’une meilleure information et une notoriété plus grande de SOS homophobie.  


L'évolution des appels reçus par SOS homophobie
Unité : Nombre d'appels par an
  Nombre d'appels
1997 365
1998 275
1999 334
2000 472
2001 458
2002 398
2003 653
2004 1 141
2005 1 212
2006 1 332
2007 1 263
2008 1 246
2009 1 259
2010 1 483
2011 1 556
 
Source : SOS homophobie - Rapport sur l'homophobie 2012, 1 556 témoignages
Typologie des témoignages reçus par SOS homophobie
Unité : %
  Pourcentage des témoignages reçus
Sexe
Femme 24
Homme 69
Transsexuel(le) 4
Non spécifié 3
Origine géographique
Ile-de-France 30
Province 57
Etranger 2
Inconnue 11
Age
< 18 ans 7
18 - 24 ans 15
25 - 34 ans 24
35 - 50 ans 31
> 50 ans 10
Inconnu 13
 
Source : SOS homophobie - Rapport sur l'homophobie 2012. Année des données : 2011, 1 556 témoignages
Contexte des discriminations homophobes des témoignages
Unité : %
  Pourcentage
Internet 17
Travail 13
Voisinage 12
Lieux publics 11
Famille, entourage proche 13
Commerces et services 7
Mal de vivre 7
Milieu scolaire - enseignement supérieur 5
Médias 4
Autres* 10
* dont religions (3 %),médias (4 %).
Source : SOS homophobie - Rapport sur l'homophobie 2012. Année des données : 2011, 1 556 témoignages

Pour en savoir plus : rapport annuel 2012 de SOS Homophobie.

Source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article895&id_mot=93

 

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