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Les "affaires"

Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:09

Puissant article de Richard Le Hir, qui concerne aussi bien la France que le Québec. Mes préventions, vieilles de 9 ans, contre Nicolas Sarkozy sont, ici, totalement justifiées. Il y a de quoi être profondément écoeuré par ce qui ressemble à diverses collusions entre le groupe Desmarais/Frère et le pouvoir qui vient d’être sorti en France. Tout cela justifierait une sérieuse prise en compte par la Justice française. (Jean Dornac)


Ou comment le pauvre citoyen se fait déposséder des deux côtés de l’Atlantique

auton2138-fa310 Richard Le Hir
Tribune libre de Vigile - mardi 29 mai 2012      

 

SnapShot_120529_230553-70757.jpg Dans les jours qui ont suivi le lancement de mon livre (Desmarais : la Dépossession Tranquille, Éditions Michel Brûlé), un lecteur de Vigile a eu l’amabilité de porter à mon attention un article qui paraissait le jour même sur le site français Médiapart où il était question des manœuvres à l’issue desquelles le tandem Paul Desmarais/Albert Frère avait pu prendre le contrôle de GDF Suez, un géant mondial de l’énergie, et premier producteur indépendant d’énergie au monde.

Cette affaire illustre à la perfection le « modus operandi » de l’empire Desmarais et la similarité de son approche d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre.

Il faut d’abord savoir que GDF Suez est le produit d’une fusion survenue en 2007 entre Gaz de France, une société mixte dans laquelle l’État français détenait 70 % des actions, et Suez, une société privée au conseil d’administration de laquelle siégeaient alors Albert Frère et Paul Desmarais fils.

Du fait de la participation majoritaire de l’État français au capital de Gaz de France, cette transaction revêtait un caractère éminemment politique. Voici comment Wikipédia présente l’opération :

SnapShot_120529_230659-fb993.jpg « Le projet de fusion entre les groupes Gaz de France et Suez a été annoncé officiellement pour la première fois au public le 25 février 2006. Ce projet visait officiellement à contrer une menace d’OPA [offre publique d’achat] hostile sur Suez par l’Italien Enel [Ente Nazionale per l’Energia Elettrica, la société nationale italienne d’électricité]. Dans le cadre de son discours sur le « patriotisme économique », le premier ministre Dominique de Villepin annonçait alors la fusion du groupe public Gaz de France avec le groupe privé Suez. »

Dès le départ, cette transaction suscite des interrogations et des critiques autant des milieux politiques que des milieux financiers, tant sa logique d’affaires est loin de s’imposer.

Ainsi, Dominique Strauss-Kahn, alors encore député socialiste du Val d’Oise et ex-ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de 1997 à 1999 dans le gouvernement Jospin (la France est à cette époque en situation de « cohabitation » avec un président de droite et une majorité législative et un gouvernement de gauche), la qualifie-t-elle de très mauvaise opération dans une entrevue accordée à LCI, la chaîne d’information continue de TF 1, le 26 février 2006 :

« L’ancien ministre socialiste de l’Economie a qualifié la fusion entre GDF et Suez de "très mauvaise opération", lundi sur LCI. Pour le député du Val d’Oise, "il n’y a pas de logique industrielle" dans cette opération "anti-économique" qui ne sert ni "l’intérêt des usagers, ni du pays, ni de l’Union européenne". "C’est une opération qui dit non à l’Europe de l’énergie", a-t-il estimé. Car "il y avait une tentative de rapprochement entre Enel (un groupe italien, ndlr) et Suez, et nous devons constituer des champions européens. Or en se repliant sur une solution comme celle qui est proposée, on balaye d’un coup de plume la politique industrielle européenne", a-t-il expliqué. C’est aussi un "mauvais coup porté à EDF", parce que "Suez c’est une activité électrique, pas du tout présente en France aujourd’hui. Mais avec une fusion avec GDF, l’entreprise va pouvoir s’installer sur le marché français, et donc c’est une déstabilisation de EDF qui est mise en place, et un cadeau formidable qui est fait à une entreprise privée", a-t-il poursuivi. »

Si l’on peut, et l’on doit, reprocher à DSK les débordements de sa vie privée dans la vie publique, il faut toutefois lui reconnaître sa compétence à analyser les enjeux économiques et industriels, une compétence qui lui a justement valu sa nomination à la tête du FMI.

D’ailleurs, son analyse allait être validée par la suite par plusieurs intervenants européens comme le rapportait le New York Times un an plus tard dans un article intitulé « GDF-Suez merger deals a blow to EU ambition to open energy sector ».

Le cadre étant posé, revenons maintenant à l’article de Médiapart que je vous citais au début, « La corruption, véritable ennemie de notre Démocratie », où il est question de « l’implication de la Caisse des Dépôts et Consignations dans des affaires de corruption et de détournements de fonds publics qui se chiffrent à des milliards d’euros au profit du Groupe FRERE/DESMARAIS, actionnaire notamment de GDF-SUEZ et de TOTAL. » (Source citée plus haut).

Si le nom de la « Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) » vous semble familier, c’est qu’il s’agit de l’institution qui a servi de modèle à Jacques Parizeau (alors conseiller du gouvernement Lesage avant de devenir par la suite ministre des Finances et premier ministre) lorsqu’il a créé notre « Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) » au milieu des années 1960.

Et si, comme Québécois, vous devez vous intéresser à cette affaire, c’est qu’il existe de bonnes raisons de croire que l’Empire Desmarais a employé au Québec les mêmes stratagèmes qu’en France pour se concilier les bonnes faveurs de la CPDQ, à vos frais, comme cotisants et bénéficiaires du régime universel de retraite (RRQ) administré par celle-ci.

L’auteur de l’article est un certain Jean-Marie Kuhn dont j’ai pu retracer la biographie sur le site français zonebourse.com :

SnapShot_120529_230822-c67a3.jpg « Jean-Marie Kuhn est un homme d’affaires français, connu pour son intervention dans de nombreux dossiers politico-financiers brûlants.

Jean-Marie Kuhn est née en 1956 en Lorraine. Attiré par les nouvelles technologies, Jean-Marie Kuhn suit d’abord une formation de technicien en électronique puis s’établit comme artisan dès l’âge de 17 ans. A 21 ans, à son retour du service militaire il ouvre son premier magasin de TV HIFI VIDEO suivi de six autres, en Alsace et en Lorraine. A 26 ans le Ministre du Commerce et de l’Artisanat lui décerne le Mercure d’Or des commerçants performants de France.

Philanthrope, il porte un grand intérêt aux sciences et aux sagesses humaines, ainsi qu’aux concepts humanistes novateurs. Jean-Marie Kuhn mène aujourd’hui des recherches dans les domaines du bio-magnétisme, de la mémoire de l’eau et de ce qui touche aux mystères du vivant et aux énergies libres et renouvelables.

Il s’est également orienté vers le conseil et l’investissement dans l’immobilier commercial. En 1995, il acquiert la filiale Disport à GIB, une filiale du groupe d’Albert Frère. Suite à un conflit lors de la cession, il commence son combat pour mettre au grand jour les opérations financières d’Albert Frère.

Il s’intéresse ainsi à la cession d’Entremont, au projet d’association de la CMA-CGM avec le FSI. Il pointe du doigt la position de Gérard Longuet à la fois sénateur, chef du groupe UMP, membre de la commission de l’énergie et consultant pour GDF-Suez en l’accusant de « prise illégale d’intérêt ».

Jean-Marie Kuhn est aussi connu pour être à l’origine de l’affaire Quick. Il a, en effet, multiplié les plaintes en France et en Belgique affirmant que le milliardaire belge Albert Frère a vendu à la CDC CI (une holding contrôlée par l’État français) la chaîne de restaurants Quick à un prix surévalué. Pour en savoir plus sur ce sujet, retrouvez notre dossier spécial sur le procès opposant Zonebourse.com à Quick. »

Au cours de mes recherches pour la rédaction de l’une des chroniques qui ont servi de base à mon livre sur l’Empire Desmarais, j’étais tombé sur un texte anonyme qui fournissait justement quelques éléments d’information sur cette dernière transaction.

Je n’eus donc aucune peine à reconnaître en Jean-Marie Kuhn l’auteur de ce texte anonyme, et après quelques jours de vérifications et de contre-vérifications, je décidai d’entrer en contact avec lui.

Dans sa lutte infructueuse pour se faire entendre des autorités judiciaires françaises sous la présidence de Nicolas Sarkozy (la Constitution française attribue au pouvoir politique l’autorité d’entreprendre des poursuites), il avait adressé un abondant courrier au président dans lequel j’ai pu retracer son adresse de courrier électronique. Le message que je lui fis parvenir un samedi soir me valut une réponse le lendemain matin, et quelques heures plus tard, nous nous parlions au téléphone, et nous avons continué à échanger depuis.

Parmi nos sujets de discussion, la manœuvre par laquelle Albert Frère, l’associé de Paul Desmarais, se fit racheter pour une somme de 800 millions d’euros sa participation dans la chaîne de restauration rapide QUICK (un concurrent de McDo dont la valeur ne dépassait pas les 300 millions) par une filiale de la CDC spécialisée dans les prises de participations stratégiques à des fins de politique industrielle !

Et comment, quelques semaines plus tard, cette plus-value miraculeuse ( ! ) allait servir à augmenter l’apport en capital du tandem Desmarais/Frère dans Suez, au point de lui donner les moyens d’assurer que les actionnaires votent en faveur de la fusion avec GDF. Cet apport aura donc joué un rôle déterminant. Et le tandem qui était le premier actionnaire de Suez avant la fusion a conservé cette position après, ce qui lui donne une influence décisive dans toutes les décisions stratégiques.

On notera en passant qu’avec cette seule transaction, la filiale de la CDC se trouvait à épuiser dans le hamburger la moitié de sa dotation initialement réservée à des fins de restructuration industrielle ! Comme on dit chez nous, « Ça ne fait pas des enfants forts ».

On voit donc que le tandem Desmarais/Frère s’est trouvé à profiter de la fusion de GDF et de Suez de deux façons, d’abord en obtenant qu’elle ait lieu, un « cadeau formidable » aux dires de DSK, et ensuite en obtenant à fonds perdus de la CDC le capital nécessaire pour assurer que la fusion ait lieu. Une affaire énorme ! Et tout cela sous le mandat de Nicolas Sarkozy qui s’est en plus senti l’obligation de décerner à ces deux lascars la grand-croix de la Légion d’honneur !

Que se cache-t-il donc derrière toutes ces largesses ?

Un article du site français Rue 89 paru en 2008 nous fournit plusieurs éléments de réponse :

Sarkozy décore Desmarais, son riche et discret ami canadien [...]

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« Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. »

Les deux hommes se connaissent depuis 1995. A l’époque, Sarkozy était au fond du trou, écarté de la Chiraquie après l’échec de la candidature d’Edouard Balladur aux présidentielles.

« Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt, et il me disait : il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi. »

Il a depuis séjourné plusieurs fois au domaine de Sagard, 75 km2 au cœur du Québec, propriété de la famille Desmarais. Le terrain, qui compte 32 lacs, doit son nom à un missionnaire français du XVIIème. Desmarais comptait aussi parmi les invités de la soirée au Fouquet’s sur les Champs-Elysées au soir de l’élection du président, le 6 mai 2007.

[...]

La famille Desmarais au cœur de la fusion GDF-Suez

Mais la famille s’intéresse de plus en plus à l’Hexagone. Avec son partenaire de toujours, Albert Frère, elle se retrouvera au cœur de la fusion -en attente- de GDF et Suez.

Les Desmarais et le capitalisme français

1979 Paul Desmarais investit dans Paribas. Albert Frère siège à l’époque sur le conseil d’administration de la banque et celui de sa filiale belge, Copebas. 1981 Frère et Desmarais embarquent dans l’opération « Arche de Noé » pour contrer la nationalisation de la banque par François Mitterrand. Ils injectent 440 milions dans la suisse Pargesa. L’opération échoue (non sans profit), mais le duo a acquis un puissant levier financier avec Pargesa. 1990 Le duo créé Parjointco, partagé moitié-moitié par l’intermédiaire des groupes Frère-Bourgeois et Power Corporation du Canada. Enregistré aux Pays-Bas, il détient aujourd’hui 54,1% de Pargesa (et 67% des droits de vote) qui possède lui-même 48,3% du capital de GBL (et 50,1% des droits de vote).

Les Desmarais et Frère possèdent 9,5% du capital de Suez et 13,2% des droits de vote, par l’intermédiaire du Groupe Bruxelles Lambert (GBL), ce qui en fait son principal actionnaire.

GBL s’intègre dans une lignée de holdings contrôlés par les deux familles : Parjointco constitue la clé de voûte de leurs investissements, qui chapeaute lui-même un nom plus connu dans les milieux financiers, Pargesa.

Dans la nouvelle entité GDF-Suez, la participation de GBL pourrait augmenter, comme Albert Frère le laissait entendre dans une interview à L’Expansion. Le duo canado-belge a les moyens de ses ambitions, après avoir regarni les coffres au mois de mai avec le rachat, par Bertelsmann des parts que GBL détenait dans le groupe de médias allemand. Montant de la transaction : 4,5 milliards d’euros, dont 2,4 milliards de plus-values.

La fusion apportera un autre fruit à GBL : le département environnement de Suez (gestion de l’eau, traitement des déchets...). Albert frère et son partenaire canadiens comptent parmi les grands gagnants de l’opération.

La famille Desmarais étant plutôt discrète, Frère s’est prononcé pour deux sur la place publique, en faveur de la fusion Suez-GDF. Un avis que ne partageait pas Nicolas Sarkozy avant son élection, essentiellement pour des raisons politiques.

Autour de la table du Fouquet’s

D’accord ou pas, Albert Frère et Paul Desmarais étaient sur la liste des convives au Fouquet’s, le soir du 6 mai. Desmarais aurait ramassé l’addition, évoque Paul Wells, de Maclean’s. [...] 

Si cet article nous permet de comprendre un peu plus les rapports qui se sont noués entre Paul Desmarais père et Nicolas Sarkozy, si l’on peut admettre que le second se soit senti un devoir de reconnaissance envers le premier, il n’explique en rien la générosité de l’État français (aux frais des Français) envers le tandem Desmarais/Frère, et c’est une affaire sur laquelle devrait se pencher en priorité la nouvelle administration socialiste en France.

Au moment où la France et les Français s’interrogent sur la façon de boucler leurs fins de mois, l’enrichissement sans cause dont semblent avoir bénéficié nos lascars devrait faire l’objet d’une enquête dans le but non seulement d’établir les responsabilités, mais également de déterminer ce qui peut être récupéré.

Jean-Marie Kuhn a fait des démarches en ce sens auprès du candidat Hollande et l’a même rencontré avant qu’il ne devienne président de la République. La réponse de François Hollande, datée du 16 avril 2012 et reproduite en PDF ci-dessous, semble ne laisser aucun doute sur ses intentions.

Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier et vous en remercie. L’affaire Quick/GDF-Suez mérite une attention toute particulière, et je ne manquerai pas, si je suis élu, d’exiger des comptes sur ce sujet.

Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoirs sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques.

Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Présider la République, c’est rassembler, réconcilier, réunir, sans jamais rien perdre de la de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours, ceux qui seraient là depuis moins longtemps.

Voilà ce que sera le sens de mon mandat, si je suis élu.

J’espère vous avoir convaincu et vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de toute ma considération.

François Hollande

À la lecture de cette lettre, je me suis demandé si l’un de nos dirigeants politiques au Québec aurait été en mesure d’en écrire une semblable. Chose certaine, ce devrait être un test à soumettre à tous ceux qui aspirent à nous diriger, et même à ceux qui nous dirigent déjà. Voyez-vous Jean Charest signer une telle lettre ?

Le déclenchement d’une telle enquête en France risque d’avoir l’effet d’une véritable bombe, surtout lorsque les socialistes vont se rendre compte de la possibilité qu’il existe un lien entre cette affaire et le coup monté contre Dominique Strauss-Kahn pour l’écarter de la course présidentielle.

Si les socialistes semblent être unanimes dans leur condamnation de ses fantaisies libertines, ils ne seront pas pour autant disposés à passer l’éponge sur les moyens employés pour le faire tomber, et avec raison, comme j’ai eu l’occasion de le souligner dans un texte paru sur Vigile l’automne dernier et repris alors sur certains sites français.

En effet, constatant que ses chances de l’emporter contre DSK étaient presque nulles, Nicolas Sarkozy avait tout intérêt à se débarrasser de DSK, tout comme le tandem Desmarais/Frère qui savait bien à quelle sauce il serait mangé s’il était élu président. Sans être nécessairement les instigateurs du coup monté, Desmarais et Frère étaient certainement intéressés à voir DSK mis hors jeu.

Il ne semble pas être venu à l’esprit de qui que ce soit dans le camp de Sarkozy que le ressentiment des Français contre leur poulain serait à ce point puissant qu’il favoriserait l’élection d’un personnage aussi terne à leurs yeux que François Hollande.

Lorsqu’il est devenu évident que Hollande allait l’emporter, le tandem Desmarais-Frère a tenté sans succès de faire racheter sa participation dans GDF Suez et Total par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ils doivent donc attendre avec une certaine appréhension les décisions que prendra le nouveau pouvoir à leur endroit.

D’autant plus qu’une procédure criminelle a été intentée en Belgique sur plainte de « faits de corruption » déposée par Jean-Marie Kuhn. La police belge, le Procureur de la Couronne de Charleroi, ville dont Albert Frère est originaire, et un juge d’instruction ont décidé de donner suite à cette plainte, et une commission rogatoire en France pour procéder à l’audition de certains témoins a été diligentée auprès du ministère de la Justice de France qui n’avait pas le droit de refuser son concours.

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Jean-Marie Kuhn est également parvenu à déposer une plainte en rapport avec cette affaire devant la justice française contre Augustin de Romanet, le grand patron de la CDC jusqu’à ces derniers mois, pour « dénonciation calomnieuse, corruption active et passive, détournement de fonds publics, recel et complicité de recel, abus de confiance, prise illégale d’intérêts et blanchiment ».

Et Jean-Marie Kuhn est résolu à prendre action au Québec également par voie de recours collectif, sur le conseil de ses avocats québécois. À cette fin, il m’a demandé de lui recommander un cabinet spécialisé, ce que j’ai fait, et son dossier fait présentement l’objet d’une étude approfondie avant que les procédures ne soient intentées.

Cette démarche m’a toutefois permis de découvrir une autre affaire bizarre mettant en cause l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. En effet, dans les mois qui ont précédé l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, une commission parlementaire française chargée d’examiner la pertinence pour la France de se doter d’un mécanisme judiciaire semblable à notre recours collectif s’était adressée au Barreau du Québec pour se faire recommander un spécialiste de la question.

SnapShot_120529_231209-8d0fc.jpg Le Barreau du Québec avait tout de suite recommandé Me Yves Lauzon du cabinet Lauzon Bélanger Lespérance, considéré à juste titre comme l’un des pères du recours collectif. Il était donc tout naturellement favorable au recours.

SnapShot_120529_231328-fe5f6.jpg La commission parlementaire française était également intéressée à entendre un témoin opposé au principe du recours collectif. Le Barreau eut la surprise de découvrir le grand intérêt de Me Lucien Bouchard pour la question, lui qui n’avait jusqu’alors jamais touché de près ou de loin au recours collectif de toute sa carrière. Nostalgie d’un ancien ambassadeur du Canada à Paris ? Il est permis d’en douter. Quand on connaît les liens de Lucien Bouchard avec Paul Desmarais...

Toujours est-il qu’il mit tout le poids de son autorité et de sa notoriété personnelles à convaincre les membres de la commission parlementaire française que ce n’était pas une bonne idée. Quelques mois plus tard, Sarkozy était élu, et l’idée de doter la France d’un recours collectif était prestement reléguée aux oubliettes.

Parmi ceux qui n’ont pas dû verser une larme sur cette décision, on peut sûrement compter MM. Desmarais et Frère. Mais s’ils pensaient avoir mis toutes les chances de leur côté en s’assurant qu’un tel recours ne puisse jamais être intenté contre eux en France, ils n’avaient cependant pas envisagé la possibilité qu’il puisse être intenté au Québec.

En guise de conclusion, j’aimerais revenir sur l’intérêt des Québécois à voir cette affaire élucidée. J’ai en effet suggéré en début d’article que l’Empire Desmarais avait le même modus operandi des deux côtés de l’Atlantique. J’ai déjà eu l’occasion de souligner sur Vigile et dans le livre que je viens de publier aux Éditions Michel Brûlé tout ce qu’avaient d’incestueux les rapports entre notre Caisse de dépôt et de placement et l’Empire Desmarais.

On connaît les liens du président Michael Sabia avec les Desmarais, liens qui leur ont d’ailleurs valu l’opprobre général, mais l’on sait beaucoup moins que le vice-président de la CPDQ Roland Lescure est issu du sérail européen de l’Empire. Je vous suggère à ce sujet la lecture ou la relecture de l’article suivant : « Sabia vend la mèche ».

Enfin, le hasard faisant parfois bien les choses, Vigile rappelle aujourd’hui un article que je publiais il y a deux ans, intitulé « Méchantes questions, mais diablement pertinentes ». Les questions qui y sont soulevées demeurent encore d’actualité. Un jour viendra où nous obtiendrons les réponses. Si certaines personnes tomberont des nues, ce sera moins le cas pour d’autres.

Source : http://www.vigile.net/L-affaire-GDF-Suez-et-ses

Par jdor - Publié dans : Les "affaires"
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 15:32

Encore l’un de ces articles dont vous, lecteurs Français, vous pourriez vous demander pourquoi je vous le soumets. La raison est, comme souvent avec les articles de Richard Le Hir (Ancien ministre Québécois), que cet article permet de comprendre les liens entre Desmarais, son Empire et le pouvoir de Nicolas Sarkozy. A une dizaine de jours du premier tour de la présidentielle, il est très utile, à mon sens, de connaître ces liens pour le moins suspects. Et cela permet également, ô combien, de comprendre pourquoi, en aucun cas, Sarkozy n’a pu et n’a voulu entendre parlers d’une indépendance du Québec. Ce serait aller frontalement contre les intérêts de Paul Desmarais et ses héritiers, ce personnage qui est l’un des responsables directs de l’élection de Sarkozy en 2007. Quelle différence abyssale avec le Général de Gaulle et son inoubliable « Vive le Québec libre » ! (Jean Dornac)


 

SNC-Lavalin diabolisée par association

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 Tribune libre de Vigile - mercredi 11 avril 2012      

« Des affaires avec le diable » !

C’est en effet la manchette qui s’étale en première page de La Presse aujourd’hui, à côté d’une photo de feu Mouammar Kadhafi, assassiné dans les conditions qu’on connaît par les forces de l’OTAN dont faisait partie le Canada. Et le fait que Kadhafi n’ait pas exactement été un enfant de choeur ne constitue aucunement une justification pour la manière brutale avec laquelle il a été liquidé par des États qui se disent démocratiques et civilisés.

Mais là n’est pas mon propos. Ce dont je veux vous entretenir aujourd’hui, ce n’est pas tant du diable qu’aurait pu être Kadhafi, c’est du caractère éminemment suspect de l’acharnement que met La Presse depuis quelques mois à salir la réputation de SNC-Lavalin en l’associant à rien de moins que le diable. La culpabilité par association, vous connaissez ? Si vous croyez que La Presse, dans cette affaire, se contente tout simplement de relayer la nouvelle, vous vous mettez le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate.

Si tel était le cas, sa couverture serait beaucoup plus nuancée. Après tout, SNC-Lavalin fait des affaires, pas de la politique étrangère, et elle vend ses services à qui veut bien les acheter.

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Ça prend donc tout le « front d’boeuf » et l’hypocrisie dont l’Empire Desmarais est capable pour se draper dans la « vertu » ( ! ) et dénoncer le « scandale » des transactions de SNC-Lavalin avec Khadafi alors que la pétrolière Total, une des participations les plus importantes de sa filiale Pargesa, fait face en France à des accusations de la justice pour son implication dans l’affaire « pétrole contre nourriture », un énorme scandale international dans lequel se trouve aussi impliqué Maurice Strong, un ancien président de Power Corporation demeuré longtemps conseiller spécial de l’entreprise après avoir laissé ses fonctions à la haute direction.

SnapShot 120411 180536-6a49c On se souviendra aussi que Maurice Strong devint par la suite secrétaire-général associé des Nations-Unies avant de devoir quitter ses fonctions à l’ONU en 2005 après la publication du rapport sur le scandale « pétrole contre nourriture ».

« The inquiry into the UN’s scandal-ridden oil-for-food program has found that Canadian businessman Maurice Strong accepted a personal cheque for nearly $1-million US from a controversial businessman who was working closely with the Iraqi regime. »

Et l’on se souviendra qu’il fut un temps où les activités de Power en Chine étaient plutôt mal vues, au point de valoir à Jean Chrétien, le beau-père d’un des héritiers Desmarais, un avertissement très clair de Giuliano Zaccardelli, alors commissaire de la GRC. À ce sujet, je ne saurais trop vous recommander la lecture de cet article de Paul Palango sur le projet conjoint « Sidewinder » de la GRC et du SCRS, d’abord paru dans le National Post en 2008.

Avec des cadavres pareils dans son placard, l’Empire est bien mal placé pour faire si fine gueule devant les agissements de SNC-Lavalin. C’est bien connu, quand on habite une maison de verre, on ne lance pas de cailloux, et son intervention dans ce dossier n’a donc rien à voir avec la « vertu » et la dénonciation des dérives diaboliques de SNC-Lavalin, mais plutôt tout à voir avec ses intérêts.

* * * 

En effet, à en juger par son comportement, l’Empire Desmarais a manifestement intérêt à ce que SNC-Lavalin soit éclaboussée au maximum par un scandale dont [il est en mesure de contrôler l’évolution et l’intensité avec

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ses éditoriaux,

ses articles

http://lapresseaffaires.cyberpresse... ;

http://www.cyberpresse.ca/internati...,

ses chroniques

http://lapresseaffaires.cyberpresse... et

ses blogs

http://lapresseaffaires.cyberpresse... dans La Presse et les autres quotidiens de sa filiale Gesca.

Connaissant les méthodes tordues de L’Empire et son habitude de s’avancer caché, il est encore difficile de savoir s’il agit pour lui-même directement ou pour des partenaires avec qui il est associé. Une chose est certaine, l’Empire est en train de fragiliser SNC-Lavalin autant sur le plan de sa crédibilité professionnelle que sur celui de sa solidité financière. Le titre qui se négociait à 59,11 $ le 4 juillet dernier, se négocie aujourd’hui à 39,39 $, soit une chute de presque 20 $ l’action en moins d’un an.

Pour un titre de cette catégorie, il s’agit d’une perte très importante, presque dramatique, qui laisse entrevoir la possibilité d’une prise de contrôle prochaine par un « chevalier blanc » qui pourra ainsi faire l’acquisition d’un joyau de l’entrepreneurship québécois au prix d’une vente de feu.

Lorsque cela se produira, ne soyez pas étonné de découvrir que les acquéreurs sont des gens proches de l’Empire Desmarais. Tenez, je vous suggère même le nom d’un des repreneurs potentiels, le groupe français Bouygues :

« Créé en 1952 par Francis Bouygues, Bouygues est un groupe industriel diversifié, structuré par une forte culture d’entreprise et dont les métiers s’organisent autour de deux pôles : la Construction avec Bouygues Construction (BTP et Energies & Services), Bouygues Immobilier et Colas (Routes), et les Télécoms-Médias avec TF1 et Bouygues Telecom. »

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Le groupe est aujourd’hui dirigé par Martin Bouygues qui était d’ailleurs présent lors de lacérémonie « intime » de la remise à Paul Desmarais de la Grand’ Croix de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy à l’Élysée, en compagnie de toute une kyrielle de personnalités dont Jean Charest (Pour un regard un peu plus critique, voir aussi « Un renvoi d’ascenseur qui sent le gaz de schiste »). Précisons aussi que Martin Bouygues était également présent à la remise de la légion d’honneur à Jacqueline Desmarais l’automne dernier à l’Élysée.

SnapShot_120411_181309-93664.jpg Quand on connaît tous les grands projets d’infrastructures qui se profilent à l’horizon au Québec (l’échangeur Turcot et le Pont Champlain pour ne mentionner que ceux-là), quand on pense que SNC-Lavalin cherchait à acquérir en décembre dernier les actifs de Simard-Beaudry de Tony Accurso, quand on sait que siège au conseil de Power Corporation et de la Financière Power le président de Shockbéton, Marc Bibeau, et que Power détient un intérêt important dans le groupe cimentier français Lafarge, quand on connaît son intérêt pour la privatisation d’Hydro-Québec, on se dit que l’Empire Desmarais ne serait justement pas un empire s’il ne cherchait pas à se positionner avantageusement dans les plus gros projets que connaîtra le Québec dans les années à venir, même s’il lui faut pour cela jouer des coudes et écraser quelques joueurs moins solides au passage.

Et l’on voit qu’une entreprise comme Bouygues, jouissant d’une grande expérience des grands projets, serait le partenaire idéal.

* * *

Toutes ces querelles de gros intérêts seraient d’un intérêt limité pour les lecteurs de Vigile et la plupart des Québécois si l’un des plus importants actionnaires de SNC-Lavalin n’était pas la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). En effet, dans l’état actuel des choses, les géants jouent leurs jeux de pouvoir avec leur sécurité financière.

Or depuis la perte de 40 milliards $ par la CDPQ, le passage aussi soudain que surprenant de son ancien président Henri-Paul Rousseau chez Power, la nomination de Michael Sabia, un proche de l’Empire Desmarais, à la tête de la CDPQ, et de Roland Lescure, au autre proche de l’Empire Desmarais, à la vice-présidence de la CDPQ, la question de l’indépendance de la Caisse de dépôt se pose, et personne n’y répond.

Source de la page : http://www.vigile.net/L-acharnement-suspect-de-La-Presse

Par jdor - Publié dans : Les "affaires"
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 16:47

 

Nous imaginions être sortis de l’ère des dinosaures, enfin plus précisément du cerveau reptilien. Erreur ! Le dénouement de l’affaire DSK montre que les actes liés aux instincts, du moins ceux que se permettent les puissants, surtout s’ils sont riches, dominent encore le monde, les pouvoirs et même la Justice.

 

Si nul ne peut affirmer, sans risquer d’être attaqué pour diffamation, qu’il y a bien eu viol, à New-York dans une chambre du Sofitel local, le 14 mai 2011, qui donc peut oser affirmer qu’il ne s’est rien passé ? Il n’est pas besoin d’être féministe pour ressentir comme de l’écoeurement, depuis hier soir.

Une argumentation très surprenante

http://www.univers-des-news.com

Le procureur alg_cyrus_vance.jpg Cyrus Vance a affirmé : « Dominique Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo ont bien eu une relation sexuelle, probablement « non consentie », mais les mensonges « accablants » proférés par la femme de chambre rendent la poursuite de la procédure impossible »

Quant au bureau du procureur, il précisait : « Bien que non concluante, les preuves réunies au cours de l’enquête « correspondent à une relation sexuelle non-consentie ».

(Sources : Le Post)

 Donc, si nous ne sommes pas trop stupides pour comprendre, DSK a bel et bien forcé la femme de chambre à avoir une relation sexuelle avec lui, bien qu’elle ne fût pas d’accord. En termes beaucoup moins diplomatiques, sauf erreur, cela s’appelle un viol ! Il faut, par ailleurs, se rappeler que l’abandon des poursuites n’est pas synonyme d’innocence de DSK.

La « joie » (indécente) des ténors socialistes

Il fallait s’y attendre, évidemment, depuis que la « bonne nouvelle » a parcouru le monde, les dirigeants socialistes ne pouvaient plus retenir leur enthousiasme, voire leurs espérances. DSK, pour certains d’entre eux, tient du « messie ». Voici un petit florilège de leurs premières réactions :

Harlem Désir, premier secrétaire par intérim : « C'est un immense soulagement, c'est l'heureux dénouement que tous ses amis espéraient. Au nom de tous les socialistes, je lui adresse le plus chaleureux témoignage d'amitié après l'épreuve qu'il vient de subir et tous mes voeux pour qu'il reconstruise rapidement sa vie. » Quid de la victime d’une relation sexuelle non-consentie ?...

Martine Aubry : « Ce soir, je pense avec énormément d'affection à Dominique et Anne », a-t-elle déclaré à l’AFP. « Je suis très heureuse de la nouvelle qu'a annoncée le procureur. Il faut évidemment attendre que le juge confirme demain ». Rien quant à la victime…

François Holland, « lui, s'est aussi réjoui «après 3 mois d'une épreuve insupportable ». Toujours pas un mot pour la femme de chambre…

Sur son compte Twitter, Manuel Valls déclare : « J'éprouve une profonde émotion, pour lui et Anne, et une vraie colère vis à vis de ce gâchis ». DSK était donc la seule victime ?

Le meilleur, chez les « strauss-kaniens »

Jean-Marie Le Guen, même s’il veut attendre la décision définitive dit que, vu la situation actuelle, « on a besoin de la parole de DSK ». « Cela fait beaucoup trop longtemps que pour des raisons fallacieuses il a été écarté du débat politique ». Si Nafissatou Diallo entend ça, je suis sûr qu’elle appréciera beaucoup d’être « une raison fallacieuse »…

Le même Jean-Marie Le Guen, à propos d’une éventuelle action de DSK dans la prochaine campagne présidentielle, ajoute : « L’esprit de réalité c’est que le temps a passé, qu’il s’est trouvé dans une situation dont il ne pouvait pas intervenir dans le débat politique », ajoutant que « l’idée », c’est qu’il « s’exprime sur le fond ». Il « retrouve sa liberté d'action et de parole qui sera tant utile à notre pays ». Si c’est mignon !

Michèle Sabban : « la France et l’Europe «ont besoin d’un homme comme DSK » Rien que ça ?!

Pierre Moscovici : « se réjouit » et ajoute « une décision qui lui rend toute sa liberté, de mouvement, morale, de parole ». Il y a au moins un mot de trop : morale ! Il pousse le bouchon un peu loin…

(Sources de l’ensemble de ces réactions : 20 minutes)

Quelques réactions sur twitter.

Ces quelques réactions sont le reflet de ce que beaucoup pensent, bien loin des réactions des dirigeants socialistes.

- « Les socialistes qui accueillent DSK en gros héros me foutent la gerbe. Il y a quand même de fortes chances qu'il ait violé une femme. » 

- « Donc aux Etats-Unis, avoir une relation "non consentie" avec une "menteuse" permet donc de s'en sortir ? Ok... » 

- « Salut les filles ! Vous croyiez vivre au XXIe siècle ? nan c'est votre réputation qui compte et pas des expertises médico légales »  

- « j'espère juste que personne au PS n'aura l'idée de proposer un attelage à la con avec DSK comme PM... hein... »

- « non, ce soir c'est message aux femmes violées qui ne se sont pas comportées exactement comme des saintes depuis leur naissance »

Comment avoir encore envie de voter pour ces gens ou leur camp ?

http://www.graindesel.fr.gd

urne_illusion.jpg C’est un crève-cœur pour tous les opposants Sarkozy, pour tous ceux qui auraient pu avoir envie de voter pour un candidat socialiste. Pas un des « ténors » n’a eu un mot pour la femme qui a subi une relation sexuelle non-consentie ! Comment affirmer, ensuite, que le PS est proche du peuple ? Comment affirmer que ce parti protégera les intérêts des plus petits, des laissés-pour-compte ?...

Si nous voulons, et c’est mon cas, que Sarkozy ne soit pas réélu, l’an prochain, la catastrophe ayant assez duré, il faudra se tourner vers quelqu’un d’autre, sachant que, toujours pour ma part, Marine le Pen, il n’en est pas question non plus. Il reste donc quelques mois pour trouver une espérance « ailleurs », s’il existe encore une espérance…

Souhaitons-nous bonne chance !...

Jean Dornac
Paris, le 23 août 2011

Par jdor - Publié dans : Les "affaires"
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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 17:06

 

En quoi consiste-t-elle ?

 

Ma prise de position en faveur de la compassion pour Dominique Strauss-Kahn peut en avoir surpris, voire choqué, plus d’un. Je crois, cependant, qu’il y a beaucoup de confusions et de malentendus sur ce qu’est la nécessaire compassion.

Ce que n’est pas une compassion vraie et ce qu’elle devrait être

La compassion n’est jamais une excuse pour un crime commis par un individu. La compassion vraie n’est pas une faiblesse qui favoriserait, voire inciterait, les être dévoyés à poursuivre leurs actes. La compassion n’interdit pas la sanction. Une véritable compassion ne doit jamais voiler la vérité aux yeux de celui qui la ressent et l’exprime.

http://theaujasmin.blogspot.com/2011/06

Carolus-Duran--Danae.jpgTelle que je la vis et la pratique, elle consiste, une fois reconnu un crime ou un délit, à regarder l’homme (ou la femme) dans la nudité de son être profond face à ce qu’il a commis. C’est ressentir de la tristesse pour un être déchu en raison de ses actes. L’homme reste un frère pour l’homme, race particulière dans le monde animal, théoriquement capable d’intelligence et d’Amour. Capable aussi, s’il a un tant soi peu de lucidité, de comprendre que nul n’est à l’abri d’un dérapage, plus ou moins grave, en fonction des circonstances de la vie, capable de comprendre encore que lui ou l’un des siens pourrait se retrouver, un jour, à la place de celui qui est montré du doigt. Celui qui montre de la compassion doit avoir la force de ne pas juger, mais de chercher à comprendre. La vie est, le plus souvent, une longue épreuve pavée de toutes sortes de pièges. Qui donc, peut jurer que, jamais, il ne fera rien de répréhensible ?

Le jugement doit être réservé aux Institutions chargées de cela et non pas aux « brèves de comptoir », même si nous savons que le jugement des hommes, de l’Institution en l’occurrence, est loin d’être parfaite.

La compassion pour qui dans l’affaire DSK ?

1) La victime présumée

En tout premier lieu, notre compassion doit aller vers la victime si, effectivement, elle a subi le viol ou la tentative de viol. Il faut être complètement stupide, ignare, primaire, pour oser rire d’un viol, pour oser minimiser l’effet tragique que vit une femme violée. À mes yeux, c’est un acte de barbarie, moralement impardonnable. Ce que les violeurs imposent comme souffrances terribles à leurs victimes, eux-mêmes ne l’accepteraient pas.

À mon avis si, aujourd’hui, peu de responsables socialistes ont parlé de la victime, donnant l’impression qu’ils n’en avaient rien à faire, c’est pour plusieurs raisons :

- En premier lieu, malgré la mise en scène médiatique odieuse organisée par le système judiciaire américain, Dominique Strauss-Kahn est et reste « présumé innocent ». Et, par conséquent, la jeune femme américaine n’est qu’une « victime présumée ». Cela peut sembler n’être qu’un détail, mais c’est tout de même important. Il n’est pas anodin que certains proches de la majorité, je pense à ce « journal Sarko » qu’est le Figaro, au travers d’Ivan Rioufol, chroniqueur du canard en question, oublient la présomption d’innocence de DSK et s’alignent sur la Justice américaine en considérant que la jeune femme n’est pas une présumée victime mais une victime évidente. Drôle de conception de la justice…

- En second lieu si, probablement, nombre de socialistes et notamment les dirigeants, n’ignoraient rien des penchants lourds de DSK par rapport aux femmes, je suis convaincu qu’aucun d’eux ne pouvait l’imaginer en tant que violeur.

Il est certain, si la victime présumée devient, après l’enquête, la victime certaine, que nous lui devront prioritairement toute notre compassion et ce, d’autant plus qu’elle va subir, à cause du système judiciaire américain, une « double peine » au travers de l’enquête plus que minutieuse sur sa vie qui va être entreprise, sans pitié, par la défense de DSK.

2) La famille et les véritables amis

http://www.gala.fr

anne sinclair referenceLa compassion allant naturellement vers les êtres qui souffrent, innocents ou coupables, il ne peut être question d’oublier la famille et les amis de l’accusé DSK. Il semble qu’il règne un grand amour entre Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn. Beaucoup pensent, cependant, que c’est un amour de façade, un amour par intérêts réciproques. C’est possible, mais eux seuls savent. Cependant, à présent que DSK n’est plus rien, si Anne Sinclair reste avec lui, surtout en cas de nombreuses années d’emprisonnement s’il est reconnu coupable, alors, nul doute qu’il s’agit d’un grand amour. Et, dans cette perspective, j’imagine sans mal, la douleur que traverse cette femme, depuis dimanche dernier. Douleurs face à l’odieuse campagne médiatique venue des USA, les premiers jours ; doutes et douleurs, probablement, sur ce qui s’est réellement passé dans la chambre de l’hôtel ; douleurs encore, à mon avis, face à la campagne, surtout sur internet, contre son mari. Si elle l’aime comme je le crois, elle ne peut que se sentir profondément blessée, elle aussi par tous les lazzis et autres cruautés qui courent sur la toile. Il m’est donc parfaitement impossible de ne pas ressentir une grande compassion pour cette femme qui se trouve dans la position d’une victime collatérale.

Il en va, évidemment de même, pour les enfants du suspect. Qui peut ignorer ce que doit ressentir une fille, un fils, d’un homme dénigré à ce point alors même que nul, en-dehors de lui et de la femme de ménage, ne sait quelle est la vérité ? Faut-il avoir un cœur sec et franchement méchant pour ignorer cet aspect des choses ?

Et c’est encore la même chose pour les véritables amis de DSK, même si, au cas où il serait reconnu coupable et condamné, sans doute, les rangs de ces derniers s’éclairciraient subitement et rapidement. C’est dans les épreuves que l'on peut faire le tri entre les véritables amis et les requins…

3) Lui-même

©REUTERS/Mike Segar

713103 dominique-strauss-kahn-head-of-the-international-monCe qui attire ma compassion, et je ne suis pas le seul fort heureusement, c’est la brutalité de la chute que vient de connaître cet homme. Et, pire, s’il se sait innocent, la souffrance doit être très violente face à tout ce qui se dit dans les médias, face à tous les soupçons et, parfois, les accusations.

Je l’ai dit, je n’aurais jamais voté pour lui aux prochaines élections. Trop de choses nous séparaient. Cependant, ce n’est absolument pas une raison pour le piétiner alors qu’il est à terre !

À présent, formellement inculpé sous sept chefs d’accusation, il a devant lui les épreuves souvent très lourdes qui attendent tous les accusés. C’est un chemin que pour rien au monde, je ne voudrais connaître…

En règle générale, pourquoi éprouver et entretenir la compassion ?

Je crois que cela tient de la vision que nous avons de la vie et de l’humanité. Et ceci en-dehors de toute notion religieuse.

Si nous faisons partie des « profiteurs de la vie », que ce soit sur le plan financier, politique, sexuel, ou tout autres plans de ce type, alors, à quoi bon avoir de la compassion pour ses victimes ? Ce serait incongru.

En revanche, si nous sommes conscients que l’humanité, à force d’égoïsme, à force de se haïr, à force de rejeter l’Amour entre humains, va inévitablement à la catastrophe finale, alors, pour changer le cours de l’histoire, seuls l’Amour et la compassion nous permettront de sauver ce qui peut l’être encore. Et dans ce cas, c’est moins pour nous-mêmes que pour les générations à venir, que nous devons être ou devenir des humains compassionnels.

Jean Dornac
Paris, le 21 mai 2011

Par jdor - Publié dans : Les "affaires"
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 17:40

 

Comme beaucoup de citoyens en France, voire ailleurs, j’ai été frappé par l’image de Dominique Strauss-Kahn menotté, les mains derrière le dos, flanqué de cinq policiers. Puis, le soir, nouvelles et difficiles images du même homme, au tribunal, cette fois ; un homme perdu, hagard, le regard dans le vide comme s’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Les faits et ces images m’amènent à écrire ce texte qui ne va pas dans le sens général. Il faut savoir, je l’ai écrit dans plusieurs articles, ces dernières semaines, que je n’aurais jamais voté pour DSK en 2012. Ce qui me donne toute liberté pour vous dire le fond de ma pensée.

Brièvement, les faits tels qu’ils nous sont présentés

© KEYSTONE-a

straussprofil.jpgAinsi donc, sous le témoignage d’une jeune femme de ménage, Strauss-Kahn est-il accusé de tentative de viol et des six autres chefs d’accusation par la Justice américaine. Notamment, il aurait fui précipitamment l’hôtel où tout se serait déroulé, mais, là, il y a plus que des doutes selon divers témoignages. La Justice outre-Atlantique affirme que les relevés ADN sont accablants. Et par ailleurs, on verrait plusieurs griffures sur le corps du suspect.

Des questions en suspens

Il est impossible de ne pas se poser certaines questions. Comment imaginer que cet homme ait pris de tels risques sachant qu’en vu de la campagne présidentielle française, il était littéralement surveillé par les médias et ses adversaires ? Il y a, là, quelque chose d’inimaginable, sauf à croire en une sorte de coup de folie lié à une obsession sexuelle maladive.

Nombreux sont ses amis politiques ou proches qui pensent à un complot pour le faire tomber. Lui-même, il y a peu de temps, aurait évoqué une telle hypothèse, parlant même de « viol dans un parking » organisé contre lui. Alors comment accepter, puisqu’il savait tout cela, qu’il se serait laissé prendre dans un tel complot ? Cela ne tient pas la route.

Un passé troublant

Certains de ceux qui le connaissaient bien ou qui le suivaient de plus ou moins près, ne sont pas étonnés de ce qui arrive au directeur du FMI, notamment Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles. Voici ce que dit ce journaliste :

S'il a généralement été épargné par les médias sur ce point, la réputation de M. Strauss-Kahn à l'endroit des femmes est pourtant bien connue depuis longtemps, selon Jean Quatremer. «C'est un secret de polichinelle dans le petit monde politico-médiatique français», où les hommes politiques peuvent aller très loin sans avoir à s'inquiéter.
«J'ai assisté à des scènes ou il proposait, devant témoins, des relations sexuelles à des femmes, [...] des choses absolument effarantes et humiliantes pour une jeune femme, considérée comme un morceau de viande.» Plusieurs femmes journalistes ont abondé dans le même sens ensuite.
«Il s'est comporté comme un prédateur», déclare le journaliste de Libération, qui refuse de participer à cette «complicité insupportable», cette «omerta» des médias. (Sources TVA nouvelles – Québec)

Chimulus

h-20-2495338-1305456496 On ne peut pas non plus oublier la relation extraconjugale lors de ses débuts au FMI. Cependant, les témoins dignes de foi, les amis et proches de DSK affirment tous qu’ils ne peuvent pas croire en cet acte de violence, en cet acte criminel qu’est une tentative de viol. Pour eux, cela ne correspond pas au Dominique Strauss-Kahn qu’ils connaissent.

À propos du « complot »

Je dois avouer, très franchement, que je supporte de moins en moins les écrits de nombre d’intervenants sur Internet, tous ces gens qui crient, pour un oui, pour un non, pour tout et pour n’importe quoi au « complot ». Cela devient une habitude, je dirais même un vice commode pour expliquer les problèmes du monde de notre époque. Nous savons bien que les pouvoirs ont trop souvent les mains sales. Mais la nature humaine est suffisamment fragile et faible pour que la plupart des événements que nous vivons n’aient rien à voir avec de supposés complots.

Cette affaire dans laquelle se trouve impliqué DSK peut avoir nombre d’explications qui n’ont rien à voir avec un quelconque nouveau complot. Les faits, tels qu’ils ont été présentés, peuvent être la vérité ; ils peuvent aussi être le fait d’une fragilité psychologique éventuelle de l’accusatrice.

À force de parler de « complots », les chroniqueurs d’internet risquent de nous décrédibiliser tous. Et c’est grave pour un média qui pourrait devenir une source importante d’informations du citoyen.

Qui est victime dans cette affaire ?

Si les faits sont avérés, la seule vraie victime est la jeune femme de ménage. S’il est une personne, dans cette affaire, qu’il faut préserver et aider, c’est bien elle. Pour l’heure, cependant, elle n’est que la « victime présumée ». Mais ce serait une grave erreur de penser que parce qu’elle est femme, et simple femme de ménage, qu’elle a inventé toute cette histoire.

À côté de cette victime probable, il ne faut pas oublier, non plus, l’épouse de DSK et ses autres proches. Certains, plus ou moins fortement, se réjouissent de la descente aux enfers du couple DSK. C’est lamentable et ne ressort que d’une triste jalousie. Il n’est pas difficile, pourtant, d’imaginer ce que serait notre propre souffrance si notre conjoint ou l’un des nôtres était arrêté pour de tels faits. C’est une tragédie véritable pour ceux qui sont concernés.

La chute de l’aigle

http://actu-one.blogspot.com/2011/06  

jpg_dsk.jpgJe trouve indécentes, profondément choquantes, nombre de réactions sur internet à propos de la déchéance de Dominique Strauss-Kahn. Même s’il est coupable, comment se réjouir de la chute vertigineuse d’un homme ? Comment ne pas ressentir de la compassion devant cet homme qui dirigeait le FMI et qui, du jour au lendemain, est présenté aux caméras les mains menottées dans le dos ? Comment se réjouir de ce qui ressemble à l’effondrement d’une personnalité dans le tribunal ? Faut-il être lâche pour vouloir écraser encore plus un homme à terre ! Tous ceux qui font la fête, officiellement ou cachés, pourront-ils encore se regarder dans un miroir si, d’ici la fin de la procédure, DSK était lavé de tout soupçon ? Je crois que, malheureusement, ils n’auront aucun problème, parce que leur conscience est terriblement endormie.

Il semble évident, aujourd’hui, que Strauss-Kahn ne pourra pas être le candidat du parti socialiste pour les présidentielles de l’an prochain, qu’il soit innocent ou coupable, cela en raison de la durée de la procédure de jugement aux USA. Il me semble tout aussi évident, même si à l’heure qu’il est aucune décision n’a été prise, qu’il ne pourra pas rester à la tête du FMI. C’est donc un homme fini selon toutes vraisemblances. Là encore, même si l’on était un opposant à DSK, comment s’en réjouir ?

Cette affaire me laisse un goût amer. Où se trouve la grandeur humaine dans tout cela ? Je veux encore espérer que cet homme est innocent du crime dont il est accusé.

Cependant, s’il est coupable, pour ma part, je ne ferai pas partie de ceux qui jettent les pierres sur l’homme nu et à terre. Je me refuse catégoriquement de faire partie de la meute hurlante qui sévit sur Internet et qui, en rien, ne grandit l’humain.

Jean Dornac
Paris, le 17 mai 2011

Par jdor - Publié dans : Les "affaires"
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