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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 14:03

Voilà un mystère dont les causes m’échappent. Depuis quelque temps, les pouvoirs politiques et financiers se moquent totalement des citoyens. Et comme si ces moqueries ne suffisaient pas, de plus, ils nous spolient à tour de bras, détruisant, un à un, les services publics par ailleurs si nécessaires à la vie quotidienne. Et, dans sa large majorité, le peuple reste les bras croisés, regardant passer les trains de mesures anti sociales et les plans de rigueur qui se succèdent, comme les vaches regardent passer les trains dans nos campagnes.

 Le pire, à mon sens, est que les politiciens, si liés aux mondes financiers ultralibéraux, détournent de plus en plus le sens de la vie de chaque individu. Nous ne sommes plus des humains, nous sommes des bouches à nourrir de trop, lorsque nous sommes chômeurs ou malades ou des outils de production à utiliser et user, avant de les jeter, selon la convenance, voire l’envie, du monde patronal. Je parle, là, essentiellement des entreprises de taille plutôt importante et des multinationales. Nous le savons depuis des années, les employés des entreprises, cette fois des petites aux gigantesques, dès qu’elles sont introduites en Bourse, ne sont plus que des « variables d’ajustement » selon les intérêts des spéculateurs de tous ordres. Par exemple Peugeot qui supprimerait environ 5000 postes de travail, mais va investir au Brésil et en Chine. Hormis quelques réactions plus ou moins violentes des personnes directement concernées, le peuple, lui, ne bouge pas. A la rigueur, il ronchonne un instant, histoire d’avoir bonne conscience, avant de repartir dormir dans son quotidien dont il ne se rend même plus compte de l’absence de sens.

Mais, que diable, pourquoi tant de gens acceptent cette vie absurde que quelques « puissants », politiques ou financiers, nous imposent, et de plus en plus lourdement ? Avoir le couteau sous la gorge est-il donc tellement plaisant ? Non, je ne comprends pas cette apathie généralisée… Sommes-nous donc devenus des peuples lâches ? Avons-nous donc oublié, nous, Français, que nous descendons de ce peuple fier qui fit la révolution et chassa du pouvoir les parasites et les rois ? Avons-nous également oublié que nombre de nos pères et grands-pères furent des résistants durant la dernière guerre ? Nous ne sommes tout de même pas tous les descendants de collabos !

Alors, pourquoi, par notre manque d’action, notre manque de révolte réelle et forte, collaborons-nous, désormais, à notre destruction par notre soutien aux politiciens qui n’ont que faire de notre pensée, de nos avis, et même de notre vie ?

Lorsque j’entends l’UMP affirmer que « L’éducation est devenue un enjeu de compétitivité, la guerre économique de demain », la colère me saisit en même temps que le dégoût. Cela vous plaît, vous qui me lisez, que vos enfants seront formés pour devenir, selon la volonté des « petits caporaux de Sarkozy », les soldats de la guerre qu’ils appellent de leurs vœux et des machines programmées pour la compétitivité ? Est-ce, là, la destinée dont vous rêviez et rêvez peut-être encore pour vos filles et vos garçons ? Acceptez-vous donc si facilement que l’âme de vos descendants ne devienne pas autre chose qu’outils d’enrichissement de quelques groupes sans morale ?

Mais comment ne vous révoltez-vous pas ? Comment se fait-il que vous ne vous leviez pas en masse pour crier votre dégoût et votre colère à la face de ces dirigeants indignes ?

Comment pouvez-vous accepter, sans rougir jusqu’au plus profond de votre âme « l’allégeance au drapeau », voulu par l’UMP, cette allégeance qui n’est rien d’autre que de vendre son âme et son corps pour servir de chair à canon lors des prochaines guerres, celles que le monde capitaliste plus dévoyé que jamais nous prépare pour sortir de son cinglant échec ?

La vie, notre vie, ne doit en aucun cas se résumer à être une « utilité » pour entretenir une économie dont nous ne profiterons pas ! Vivre, vivre vraiment, c’est tout autre chose. Vivre, c’est avoir la possibilité de nous exprimer librement, de créer et de résister, de toutes nos forces, contre ceux qui veulent faire de nous de minables instruments pour servir leurs intérêts ! Pourquoi nos politiciens au pouvoir veulent faire de nos écoliers et étudiants des « enjeux de compétitivité » et sacrifient l’essentiel de la part culturelle et créatrice qui seules peuvent faire de nos enfants de véritables humains ? La réponse est si simple. Nous devons être « utiles » ou crever ! Vivre vraiment, intensément, c’est être des citoyens debouts, jamais des esclaves d’un système totalement corrompu !

Rien d’autre n’explique, à l’heure actuelle, les attaques odieuses contre les chômeurs, les malades et les pauvres. (Voir l'infâme discours de Sarko à Bordeaux). Tous ceux-là, et dans notre pays on peut les estimer à environ huit millions de citoyens rien que pour les plus pauvres, ne rapportent rien ! N’est-ce pas horrible comme terme s’agissant d’humains ? Aux yeux du pouvoir, ce sont des bouches inutiles à nourrir, une charge pénible pour les intérêts qu’ils servent si fidèlement. Ne cherchez pas ailleurs les mesures proposées par la très mal nommée « droite sociale » : Réserver une large part des logements sociaux à ceux qui travaillent, comme si les chômeurs avaient choisi leur sort maudit ; obliger les même chômeurs à travailler pour rien ou presque, parce qu’ils ne rapportent rien et, par définition, dans l’esprit étriqué de la droite sociale, tous ceux-là sont des « flemmards » ; contrôler et verbaliser les malades que, bien entendu, on assimile automatiquement à des gens qui ne veulent pas travailler ; rétablir le STO (service du travail obligatoire) pour les bénéficiaires de la minable allocation RSA, peut-être pour faire plaisir à miss Merkel ! A quand les « stalags » pour pauvres, malades et chômeurs ?

En dépit de ces attaques plus qu’odieuses, je n’entends guère de citoyens s’élever contre ces mesures que je juge, pour ma part, criminelles. Qu’attendent-ils pour se révolter, qu’ils soient, à leur tour, touchés, jugés, condamnés ? Car c’est bien ce qui leur arrivera dans un délai plus ou moins bref. C’est incontournable. L’ogre financier a besoin de se nourrir au chômage dans les pays encore, et très provisoirement, riche, ce drame qui lui rapporte tant ! Il y a suffisamment d’humains, en Chine, en Inde, au Brésil, et dans tant d’autres pays dont les citoyens n’ont rien, pour que ceux-là acceptent l’esclavage et donc acceptent de nourrir pour rien les monstres qui nous gouvernent quitte à en mourir à force d’être abominablement exploités.

Une lueur d’espoir ?

Cette apathie du peuple me fait penser que la crise ne se situe pas seulement au niveau économique et politique. Après plusieurs décennies de société de consommation, de domination des esprits par la publicité, de propagande politicienne de plus en plus abusive, ceux qui ont sucé à ce biberon mortel, ne sont plus capables de se lever, de résister, ni même de réfléchir pour tenter d’être lucides.

Par contre, le mouvement des Indignés, qui s’est réveillé dans de nombreux pays, est à mes yeux une espérance. Comme lors de toutes les époques de crise de croissance de l’humanité, nombre, mais pas tous, de personnes un peu plus âgées, n’ont plus la force ou le courage de lutter. Il y a les « vieux humains » (dans le sens de l’esprit bien plus que du corps), ce groupe dans lequel je place la plupart des politiciens et spéculateurs, ces gens avides de pouvoirs et de fortunes, mais également les esprits gâtés par l’abus de consommation et l’ultra besoin de sécurité, et il y a les « jeunes humains » (encore une fois indépendamment de leur âge), tous ceux qui refusent les diktats du « vieux monde », les lois morales imposées, les lois du travail selon la vision des capitalistes les plus rétrogrades, tout ce système conçu pour l’écrasement de l’humain au bénéfice de quelques-uns.

Le mouvement des Indignés n’arrivera peut-être pas à changer le monde, pas tout de suite, en tout cas. Mais il est précieux par le fait qu’il est un exemple et plus encore parce que beaucoup de jeunes, dans un nombre important de pays, prennent conscience de l’absurdité folle qu’est la société qu’on nous impose. Je crois que ce réveil des « Indignés » correspond à une sorte de loi de nécessité de la vie. Ils peuvent, eux, changer l’ordre des choses. Ils peuvent devenir l’espérance du monde, pour autant qu’ils abandonnent, pour eux-mêmes déjà, les standards de la vie prétendue moderne. Ceux-là tiennent dans leurs mains l’avenir du monde, notre avenir, parce qu’ils se sont levés, parce qu’ils résistent. Ils peuvent ouvrir les yeux aux peuples endormis, déjà prêts à être livrés au fascisme des financiers.

Un immense besoin de liberté et de vérité souffle enfin sur le monde. Les excès du capitalisme financiarisé, on peut déjà parler de crimes contre l’humanité lorsque ces monstres spéculent sur l’alimentaire ou l’eau, précipitent ce besoin et le rendent nécessaire. Saurons-nous en ressentir les effets, nous aussi, en France ?

Que faire, à notre niveau si, pour toutes sortes de raisons réelles, nous n’avons pas la possibilité de participer aux résistances en cours ? Le plus urgent, je le crois puissamment, c’est d’avoir la volonté de s’écarter volontairement des sources d’informations officielles ; les journaux télévisés ; les émissions politiques avec leurs experts certifiés « conformes au système », nombre de quotidiens, comme par exemple la Pravda-Figaro. Il n’y aura aucun changement dans ce pays, tant qu’une dizaine de millions de Français écouteront les discours creux et les fanfaronnades de Nicolas Sarkozy ou de ses ministres. Ils savent endormir le peuple ! Cela fait partie de leur métier ! Ne vous laissez plus piéger ! Il existe, aujourd’hui, suffisamment de médias alternatifs en qui l’on peut avoir confiance pour se former politiquement et réacquérir une citoyenneté réelle et indépendante.

Casser, par refus de l’écouter, le système médiatique, est facile et d’une efficacité redoutable. Retrouver notre liberté et notre capacité d’esprit critique, passe obligatoirement par là. Il n’y aura pas de révolte réelle sans liberté, particulièrement la liberté de l’esprit.

Jean Dornac
Paris, le 16 novembre 2011

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Commentaires

Et vous, vous vous révoltez ?
Concrètement, vous faites quoi ?

Vous parlez des Indignés, mais concrètement, à part bloguer que c'est bien de s'indigner, vous faites quoi ?

Vous essayez de vous révolter ? Par les armes, par les urnes ? Ou seulement par les blogs, ce qui, en soi, ne fait pas vraiment avancer grand chose ?

Pourquoi on ne se révolte pas ? Simple. Parce qu'on ne croit plus en rien, qu'on sait que personne ne sous aidera, surtout pas notre collègue, notre voisin, notre concitoyen. On est faible quand on est seul, et le système nous a monté les uns contre les autres, de fait : celui qui se bat s'expose à se faire ostraciser, virer, mettre au chômage ou au placard, s'il ne l'est pas déjà.

Comment se battre alors quand on n'a rien, quand on est dépendant, pour simplement survivre, d'un système dont on sait pourtant qu'il nous exploite ?

Personnellement, je ne me battrai pas tout seul, mais si j'aperçois la possibilité d'un mouvement d'ensemble, alors je m'y joindrais. Comme la plupart des gens, en fait.
Et ça, Sarko et compagnie l'ont bien compris, et s'en gargarisent.

Si vous ne comprenez pas pourquoi on ne se révolte pas, c'est que vous ne comprenez rien.

Pour finir, je vous invite à lire "qu'ils s'en aillent tous", un livre écrit par quelqu'un qui a compris pourquoi on ne se battait plus, et qui expose des solutions réelles.
Commentaire n°1 posté par Mathieu le 16/11/2011 à 15h03

Bonjour, Mathieu,

Oui, je me suis révolté et je me révolte encore. J'en paie le prix depuis longtemps. Il y a bientôt vingt ans, j'ai renoncé à un travail parce qu'il me demandait de mentir, de tromper les gens. Je l'ai payé très cher, avec une démission, vous n'avez aucune aide de l'ANPE et, à l'heure de la retraite, je le paye toujours très cher. Oui, je me suis révolté, en changeant, en passant de la société de consommation à une vie plus raisonnée. Oui, depuis que je suis trop malade pour participer aux luttes dans la rue, je me bats avec l'écriture. Non pas pour imposer "ma vérité", mais pour tenter de faire réfléchir, que l'on pense ou non comme moi. Même si c'est peu de choses, ajouté au refus de me laisser endoctriner par les médias trop complaisants ou les discours de Sarko et de ses ministres, je crois que c'est mieux que de devenir esclaves ou décérébrés ! Même invalide, on peut encore lutter ! L'hirondelle, certes, ne fait pas le printemps, mais elle l'annonce...

Ce que je ne comprends pas, voyez-vous, c'est qu'on accepte tout, que même sans en avoir l'intention, on devient complice du système par la consommation et par la dose de propagande quotidienne que tant de gens avalent volontairement.

Mélanchon peut devenir la dernière espérance, j'en conviens. J'y réfléchis beaucoup depuis quelque temps...

Réponse de jdor le 16/11/2011 à 15h16
Merci pour votre réponse.

En effet, il est assez difficile à comprendre, au premier abord, ce comportement des français. Cette béatitude apparente.

Mais elle n'est bien qu'apparente : il y a des moutons, oui, plein. mais il y a aussi, et surtout, des gens dégoutés, qui ne sont pas prêts à payer le prix que vous consentez à payer. Des gens qui attendent un soulèvement général pour s'y joindre.

J'ai longtemps été dégouté par la politique, jusqu'à ne pas voter en 2002. Et seule l'obstination d'un ami militant m'a obligé à relever la tête.

Mais chacun n'a pas cette possibilité. D'abord parce qu'on n'a pas tous un militant actif dans son entourage, puis parce que, comme je le dis, beaucoup de gens sont dégoutés.
Quand on ouvre les yeux, qu'on consent à se battre, à essayer d'au moins s'informer de manière indépendante, on trouve un ennemi implacable : la démotivation !

Qu'elle vienne à cause de la solitude qu'on éprouve, seul motivé parmi un entourage dégouté, ou par les contraintes matérielles, crédits immobiliers, prix des transports, licenciements prévus dans l'entreprise où l'on travaille, quand on a la "chance" de travailler...

Cette attitude est bien entendu entretenue par les médias, par les journalistes-pigistes-collabos malgré eux, qui s'autocensurent pour les mêmes raisons que le reste des français n'élève pas la voix... (je ne vais pas m'étendre là dessus, d'autres le font mieux que moi)

Bref, la "moutonnitude" et l'apathie apparente des "gens" n'est qu'apparente, et ses raisons ne sont pas si dures à comprendre.

Ce qui est dur, pour moi, ce n'est pas de comprendre pourquoi mes compatriotes jouent aux moutons, je ne le comprend que trop bien, à mon grand désespoir, mais d'essayer de garder le cap, de rester motivé "face au vent contraire", et d'essayer de temps en temps d'ouvrir les yeux de mes proches, à défaut des autres...

Mais j'avoue que c'est plus facile de se résigner. C'est ce que font les gens, hélas...
Commentaire n°2 posté par Mathieu le 16/11/2011 à 15h41

Ne croyez pas que je ne comprendenne pas ce découragement. Je l'ai connu, moi aussi. Mais lorsqu'on choisit de ne pas bouger, il faut aussi se rendre compte qu'on va à notre perte. Le choix, alors, se résume, dans une situation comme celle de la Grèce, à se battre, quelque soit le moyen, ou se suicider. Là bas, le taux de suicide a augmenté de 40% en bien peu de temps. Est-ce la solution ? Non, je ne crois pas, même si je ne juge pas ceux qui en arrivent à ça.

 

Je crois que pour parvenir à ne pas se résigner, il faut, surtout si l'on est encore jeune, cultiver en soi, la capacité de révolte. Il y faut du temps, de la motivation, mais on peut le faire. Pour moi, les vrais résistants de la seconde guerre mondiale, l'ont prouvé et restent un exemple.

Réponse de jdor le 16/11/2011 à 15h54
OUI,OUI nous vous rejoignons ,en tout cas en ce qui me concerne ,car les autres je ne fais que l'espérer!
Vous m'avez fait par votre texte révolutionnaire penser à Léo Ferré ,qui,dans sa chanson :"il n'y a plus rien" disait déjà il y a 35 ans ce que vous dites aujourd'hui!
Alors rejoignons nous ,afin de ne pas sombrer sous la domination de pauvres types comme ceux qui osent nous gouverner en ce moment!
Bravo!
Continuez!
Commentaire n°3 posté par Nathalie le 16/11/2011 à 21h23

Ceux qui nous gouvernent, et je ne fais plus de différence entre eux tous, ne sont que des bouffons, mais des bouffons criminels. Vivement que le peuple se lève et les chasse ! Merci pour votre commentaire !!

Réponse de jdor le 16/11/2011 à 21h26
Une réponse possible: un mécanisme psychologique appelé Perversité!
Une citation possible: "La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l'esprit humain." Voltaire
Commentaire n°4 posté par SC le 17/11/2011 à 10h53

Oui, je vous rejoins, dans les grandes lignes. Cet après-midi, réponse de Patrick Mignard, sous forme d'article.

Réponse de jdor le 17/11/2011 à 11h09
Qu’est ce qu’un diplôme aujourd’hui ? …… Un simple certificat de conformité !
Cela fait plus de 50 ans que l’on me bombarde de valeurs bourgeoises pour faire de moi un propriétaire … privé. J’ais 60 ans et c’est à 9 ans, en 3iéme primaire, que je reçois mon premier livret d’épargne, 20 francs offert gracieusement, en classe, par la CGER (aujourd’hui Paribas). A 20 ans mon employeur offre une prime de 1 fr de l’heure pour tous ceux qui acceptent d’être payés par mois et sur un compte bancaire, au lieu de la quinzaine sous enveloppe, le chèque repas qui va détruire la sécurité sociale. Le formatage, dès la naissance est dans la politique bourgeoise !
Les médias ne sont pas le principal instrument de la propagande bourgeoise mais nous, qui somment formés à sa culture et en supportons les effets les plus pervers.

Voilà peut être un mystère éclairci, mais « Retrouver notre liberté et notre capacité d’esprit critique, passe obligatoirement par…. » le renom de cette culture hideuse de l’Ego et des acquis qu’elle propage. Se libérer de la culture bourgeoise ou s’y conformer sous peine d’exclusion tel est notre choix. Parce que la liberté est et restera individuelle, elle est aussi bourgeoise et donc …. acquise dès la naissance, une liberté de choix que Pascal nous exprime si bien dans ses pensées…. Conformité ou exclusion …. Le choix de l’ignorance crasse d’une pensée bourgeoise qui domine un monde d’humains à la dérive.
Commentaire n°5 posté par Stelios le 18/11/2011 à 11h01

Nous avons le même âge, mais né dans un milieu plutôt pauvre, pas tout à fait la même culture, du moins, côté bourgeois. Il faut dire que durant 8 ans, j'ai travaillé dans l'atelier d'une usine. Je n'étais encore qu'un gamin de moins de 14 lorsque je m'y suis retrouvé.  Cela forme le caractère de manière un peu différente. Je me suis pourtant laissé rattraper par la consommation, jusqu'au moment où, à quarante ans, j'ai subi mon premier chômage. A partir de là, tout a changé, mon esprit s'est transformé. J'ai commencé à comprendre combien, comment et par qui nous étions manipulés. Ce qui m'a conduit à me battre avec mes moyens, certes modestes.

Là où je vous rejoins, c'est sur la culture de l'ego, mais celle-ci, aussi, se cultive au travers des médias. Ce n'est pas tant les médias en tant que tels, que j'attaque, mais l'utilisation qui en est faite, et de plus en plus, par les politiciens et le monde de la finance. Rappelez-vous qu'un des PDG de TF1 a dit, il y a quelques années qu'il s'agissait de "décérébrer" les cerveaux avec la pub et les émissions imbéciles. Et pourquoi ? Mais pour remplir nos cerveaux avec leur propagande...

Réponse de jdor le 18/11/2011 à 15h05
Quelques citations que cet article m'a inspiré:

"Toute atteinte à la liberté de l'Homme se fait au nom de la nécessité, c'est ce que disent les tyrans, c'est ce que croient les esclaves."
William Pitt

"Quand ils sont venus
chercher les communistes,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus
chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus
chercher les juifs,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus
chercher les catholiques,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
et il ne restait plus personne
pour protester."
Martin Niemöller (1892-1984) à Dachau :

"Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme." A. Camus

Une société prête a sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité
ne mérite ni l'une, ni l'autre, et finit par perdre les deux."
Benjamin Franklin


http://economiedistributive.free.fr/spip.php?article39
Commentaire n°6 posté par Anonymous le 18/11/2011 à 20h22

Oui, difficile de ne pas penser à ce texte à la fois magnifique et terrible. De même, il ne faut pas oublier le texte d'Etienne de la Boétie intitulé "Discours de la servitude volontaire". Il y a de quoi méditer sérieusement...

Réponse de jdor le 18/11/2011 à 20h34
La peur mon ami, la peur... J'ai vécu cette situation au collège. Un mec me soûlait, il me faisait endurer beaucoup de choses parce que je n'avais pas peur de lui mais qu'il était très grand et fort. J'ai essayé de me révolter mais ce n'était pas facile, puisque beaucoup le suivaient comme des moutons par peur... C'est marrant comme de petits microcosmes comme celui ci reflètent bien une vérité plus globale. Certains résistent, mais sont écrasés par la majorités de ceux qui ont peur!

Je suis révolutionnaire dans l'âme, je tente par tout les moyens d'informer le public, à commencer par mon entourage proche. Mais beaucoup se moquent de ce que je dis, préférant parler de foot, voiture ou du temps qu'il fait, ou des "informations" que la télévision nous vomit tout les jours (Je ne la regarde plus depuis quelques temps déjà).

Comme tu le dis, quelques gens ronchonnent pour se donner bonne conscience, mais pour aller plus loin ils n'osent pas. Ils sont complètement minés par la peur. Moi le premier, j'essaye d'agir à mon échelle mais les répressions pour les personnes qui vont contre le système sont féroces. J'ai une femme, une toute petite puce d'à peine 5 mois et je travaille pour les faire vivre. Ma femme ne trouve pas de travail puisque dans son domaine (L'esthétique) la crise se fait sentir. On ne prend personne n'ayant pas déjà une bonne expérience. J'ai, heureusement, un travail à de bonnes conditions et je ne me plains pas de ma vie (Même si mon compte me dit le contraire avec un salaire de 1350 Euros et 300 Euros d'aides par mois pour 3 personnes).

Parce que (Et je ne te critique pas bien au contraire) juste écrire sur internet et ne rien faire ne fera pas avancer les choses, quelle serait la solution concrète? Toi le premier, tu sembles avoir pris dans la tête le rouleau compresseur de la révolte dans la tête.

A l'heure actuelle, toute tentative de regroupement voit arriver dans sa tête un peloton de CRS et après on nous dit qu'il y a eu des violences de la part des manifestants... Comment veut-tu lancer un élan de regroupement si chaque tentative voit ses racines détruites immédiatement? Comment être maquisard dans une société où combattre nécessite une marginalisation poussée à l’extrême et qui au final ne fait rien avancer?

Tu parles de la résistance pendant la seconde guerre mondiale, mais autrefois quelqu'un qui résistait n'était pas filmé tout les 10 mètres dans la rue et rattrapé par les services de la Gestappo dans les 5 minutes. Les moyens ont évolué depuis. L'action de l'armée allemande était directe et féroce et la peur directe (Un flingue sur la tempe)... Alors que la façon d'agir actuelle des gouvernants est bien plus "subtile".

Nous avons internet bien sur, meilleur moyen de communiquer et de se rassembler autour d'un front commun contre le régime, mais à côté de ça le tambourinage médiatique et la pression sur nos épaules est si forte qu'on fait passer toutes les personnes qui se révoltent pour fou violents et l'omniprésence des médias est beaucoup trop forte pour l'esprit humain qui contrairement à autrefois, est très vite confronté à ce lavage de cerveau...

Comme on voit, c'est vraiment le chien qui se mord la queue et une réelle solution est plus que difficile mais il y a une lueur d'espoir qui ne laisse rien présager de bon. Les gens se révolteront quand on touchera à leur assiette mais ça les politiques le savent... Ils préfèrent nous faire porter cet échec sur nos épaules, d'où cette augmentation des suicides...

Mais au final, pour conclure, on arrive à la même question... Que faire mon ami, que faire? Quelle solution concrète autre qu'un blog?

PS: Ton texte est très bien écrit et suit bien ma façon de penser. Si tu veux discuter un peu plus, tu as mon adresse email en tant qu'auteur du blog ;)
Commentaire n°7 posté par David, 27 ans le 20/11/2011 à 21h42
Après l'indignation, viendra le temps de la révolution... !

C'est inéluctable, l'histoire humaine est (hélas) un éternel recommencement car nous sommes incapables d'apprendre de nos propres erreurs et inaptes à devenir véritablement civilisés.

Cependant, lorsque cela arrivera, il y aura de la violence car trop d'injustice, de misère et de frustration se seront accumulées.

Les hommes politiques ont abandonné leur pouvoir dans les mains de la finance mondialisée, le dieu Argent règne et impose sa loi cupide à une humanité-esclave. Cela pourrait presque passer pour de la Science Fiction malheureusement il s'agit bien de notre monde du XXIème siècle.

En attendant, je prône la révolte individuelle, que chacun à son petit niveau refuse de collaborer au système. A chacun de trouver des moyen alternatifs et d'essayer d'y entrainer son entourage ou sa famille.

Je veux tenter de rester optimiste même si l'horizon est bien sombre...
Commentaire n°8 posté par BJ le 21/11/2011 à 13h52

Vous dites que vous êtes pour la révolte individuelle, ce que je préconise, moi aussi, notamment, dans la suite de ce texte, publié deux jours plus tard.

Je pense comme vous, les injustices sont désormais tellement lourdes et cruelles qu'il sera difficile d'éviter l'explosion des peuples, la violence et les révolutions. Et je ne m'en réjouis pas, même si le changement est nécessaire...

Réponse de jdor le 21/11/2011 à 14h45
Mais le peuple français est en profonde dépression ! Et cela s’explique : un pouvoir qui nous matraque, nous flique, nous fait voir l’avenir comme un enfer, nous traite comme des ilotes, juste bons à le servir en se serrant la ceinture, que l’on maintient dans la frayeur en faisant disparaître, depuis des années, des millions d’emplois… 25% de jeunes sans travail, car il n’ y en a pas, une honte !!!
Je suis une mamie, jeune retraitée, encore sous le coup de la fatigue accumulée pendant mes derniers 15 ans de travail, dans les transports (3 heures par jour) et le stress toujours plus grand au bureau, bien (ou parce que) cadre...
En 40 ans, j'ai vu l'évolution des conditions de travail, aujourd'hui pires que jamais ; il faut donner toujours plus, aller toujours plus vite, vivre dans la terreur d'être licencié à cause de l'âge ou du salaire, rassasier ce que j'appelle le "monstre": la productivité de plus en plus intense, car vous devez faire le travail de 2 ou 3 personnes. C'est ce qu'on vous demande et cela paraît normal. Cela au détriment de notre santé, physique et mentale, de notre vie personnelle, de nos loisirs...
J’ai vu, dans mon enfance, ma mère et mes grands-mères femmes et mères au foyer, un seul salaire suffisant mais j’en ai vu, depuis, de ces femmes qui, aujourd'hui, même à 40 ans, obligées de travailler, sont usées et n'ont qu'une envie: rentrer chez elles et dormir...
C’est cela l'explication de notre apathie. le changement de société; la vie était plus harmonieuse quand on habitait soit la campagne, où les écoles étaient bonnes, soit la ville. Il y avait plein de petits commerçants sympathiques, d'artisans, de petites entreprises. Disparus !
Aujourd'hui, le centre des grandes villes a évacué ses "prolos" et même une grande partie de sa classe moyenne, qui sont obligés de vivre à l'extérieur, de plus en plus loin et donc passent des heures chaque jour dans les transports, les campagnes sont désertes, sans écoles, donc sans jeunes, sans petits commerces, donc sans vieux et sans transports.
Il suffit de regarder la tête des gens dans le métro pour comprendre que la joie de vivre a déserté les Français... Entendez-vous maintenant, comme il y a encore 20 ans, des gens chanter dans la rue?
Et puis, il suffit de voir ce qui se passe dans les pays "en développement", pour comprendre pourquoi les pauvres (8 millions, voire plus, en France) ne se révoltent pas contre leurs oligarchies, encore moins aujourd’hui avec l'explosion spéculative du prix des matières premières et biens de consommation: quand on cherche de quoi manger et assurer sa survie quotidienne, ou à tenter de faire soigner son enfant ou son parent gravement malade, on n'a pas le temps de se révolter, ni même de penser à le faire.
C'est la faim qui fait le lit des dictatures et c'est cela, à mon avis, le but de l'appauvrissement actuel des populations, sur toute la planète, et du mépris à leur égard: leur couper les vivres, le clos et le couvert, pour en faire des esclaves et, accessoirement, les préparer à la guerre.

Je vous conseille de (re) lire Maurice Allais (Prix Nobel d'économie), James Galbraith ou son père, tous trois ignorés des politiques car ils ont les pieds sur terre ; réalistes et visionnaires, ils ne rentrent pas dans le moule de la pensée économique unique actuelle, formatée par de pseudos et incompétentes grosses têtes pour imposer une oligarchie dévastatrice.

Voir ce qu'expliquait John Kenneth Galbraith en 2005 dans le Monde sur "l'art d'ignorer les pauvres":
« http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/GALBRAITH/12812 »
avec les différentes théories qui ont eu cours depuis le 19ème siècle sur ces « s….de pauvres »:
1) « L’élimination des pauvres est le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race. La qualité de la famille humaine sort renforcée de la disparition des faibles et des déshérités ».
2) « Nous vivons une époque où les allégations d’incompétence publique vont de pair avec une condamnation générale des fonctionnaires, à l’exception, on ne le dira jamais assez, de ceux travaillant pour la défense nationale ».
3) « Troisième méthode, liée à la précédente, pour se laver les mains du sort des pauvres : affirmer que les aides publiques ont un effet négatif sur l’incitation à travailler. Elles opèrent un transfert de revenus des actifs vers les oisifs et autres bons à rien, et, de ce fait, découragent les efforts de ces actifs et encouragent le désœuvrement des paresseux.
Aux Etats-Unis, les riches ne travaillent pas parce que l’impôt prélève une trop grande part de leurs revenus. Donc, en prenant l’argent des pauvres et en le donnant aux riches, nous stimulons l’effort et, partant, l’économie.»

Est-ce que ce ne sont pas justement les "éléments de langage", les impératifs du pouvoir actuel et la cause de notre ruine, de notre détresse et de notre impuissance? Mais la nature a horreur du déséquilibre, sans doute reviendra-t-on à un monde meilleur grâce à un dernier sursaut…
Commentaire n°9 posté par Kate Summerbeach le 22/11/2011 à 00h50

Bien entendu, je suis en accord avec vous sur l'ensemble de ce que vous dites. Il me reste, cependant, une question en tête, celle qui a provoqué l'écriture de mon article : Comment comprendre et accepter que des peuples entiers soient prêts à se laisser mourir sans réagir, sans tenter quoi que ce soit...

Nous devons être de la même génération, ou presque, vous et moi. J'ai vu, moi aussi, l'évolution des conditions de travail. Cela m'a révolté. J'ai fini par démissionner ne pouvant plus supporter qu'on m'impose d'en arriver à voler des clients par diverses manipulations. J'étais vendeur, à l'époque. Je me suis retrouvé au chômage. Acte fou, sans doute, aux yeux de beaucoup, mais que je n'ai jamais regretté, même si, de ce fait, je n'ai qu'une retraite de misère. Cependant, cela m'a permis d'échapper à ce monde du travail toujours plus fou, toujours plus productiviste. Certes, ma famille m'a aidé sans quoi je ne m'en serais pas sorti, à l'époque. Mais, je ne pouvais pas ne pas résister !

Même si le monde est très différent de celui du 19ème siècle, nous ne nous en sortirons pas sans résister comme ils ont eu le courage de le faire, à l'époque. Ils étaient abominablement exploités, mais se sont levés et au bout de nombreuses décennies, en dépit des répressions parfois féroces, ils ont gagné. Je crois, pour ma part, que cela est toujours possible si le monde du travail se lève, s'il accepte de ne plus juger, à la manière des "maîtres", les chômeurs. Je suis peut-être trop utopique, mais le monde n'avance que dans la révolte contre les puissants. En résumé, c'est : "Lève-toi ou crève"...

Merci pour votre intervention.

 

Réponse de jdor le 22/11/2011 à 09h48
Vous êtes dejà en résistance car écrire et dire ce que l'on pense est un acte de résistance, courageux en cette période où la pensée unique préformatée et l'(auto-) censure sévissent, comme la peur aux tripes ... On nous a ramenés à la maternelle, voire en maison de redressement, nous sommes toujours coupables... Vous êtes courageux et ce courage incite d'autres a répondre, un espace de parole ouvert comme le vôtre est une avancée et un soutien pour affirmer sa dignité et se rebeller contre ce que l'on a fait de notre société et de nous. Je reste optimiste sur l'être humain et ses capacités à rebondir.
Commentaire n°10 posté par kate summerbeach le 22/11/2011 à 12h05

Et en vous lisant, moi aussi, je reste optimiste sur l'être humain. Vos réactions font parties de celles qui me donnent la force de continuer. Merci à vous !

Réponse de jdor le 22/11/2011 à 12h54
Voilà la résultante... http://www.wikistrike.com/article-la-russie-et-la-chine-se-preparent-a-une-troisieme-guerre-mondiale-contre-les-etats-unis-d-amerique-86216176.html
Commentaire n°11 posté par David, 27 ans le 24/11/2011 à 21h23
Discusion très intéressante qui me rassure sur la nature de qq humains et surement pas sur la nature humaine. Il y eut qq résistants français durant la 2de GM mais la fameuse nature humaine a produit une écrasante majorité de pétainistes. Nos dirigeants le savent. Ce sont toujours les faibles qui ont tort et nos politiques exacerbent cette ignominie. Ce sont mon banquier et qq gros du cac40 qui volent la richesse que je crée, mais c'est beaucoup plus facile de m'en prendre aux personnes qui sont plus faibles socialement que moi. Cette bêtise humaine trouve son apogée lors des élections qui sont pour moi le plus grand concours de la connerie qu'on a jamais organisé. On a les dirigeants qu'on mérite et si la france était intelligente, on ne paierait pas les impôts de liliane b depuis 2007. La nature humaine est bien d'éliminer son semblable pour sa propre survie mais surement pas de se révolter. Ca c'est une très très bonne idée de droite. 53% des français osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnait...
Commentaire n°12 posté par samfly's le 19/02/2012 à 23h54
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