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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 15:05

Lorsqu’un peuple est saigné comme l’est le peuple grec, il faut se poser nombre de questions, dont celui du travail salarié.

Cela fait des années que je me pose la question du sens de ce fameux « travail salarié ». Pour être passé par là, de trop nombreuses décennies, je ne sais que trop bien qu’il s’agit d’un bien méchant attrape-nigaud. Seulement, voilà, la société est organisée ainsi depuis un peu moins de deux siècles, depuis que nos lointains parents quittèrent leurs champs aux récoltes aléatoires selon les bons vouloirs d’un ciel et d’une météo rarement favorables…

Travailler pour un autre contre un salaire n’est pas, en soi, choquant. Mais travailler pour un véritable capitaliste, totalement pris dans son idéologie et ses intérêts personnels, peut s’avérer rapidement dramatique. On y perd sa liberté et son âme.

Sa liberté ? Ce n’est pas nous qui choisissons nos horaires. Sauf par un refus, nous n’avons pas non plus de pouvoir de décision sur la hauteur de notre salaire. Souvent même, nous n’avons pas non plus le choix du poste à occuper… On le voit très nettement, aujourd’hui, avec un nombre important de jeunes sortis de diverses écoles, souvent prestigieuses, et employés à n’importe quoi… Le nombre d’heures travaillées, le nombre de jours de vacances et même la hauteur du salaire, d’autres en décident, entre les patrons et les députés, donc, le pouvoir. Notre seule liberté consiste à quitter l’entreprise dans l’espoir de trouver mieux. Ce fut vrai à l’époque où je commençais ma vie en entreprise. Nous pouvions partir et revenir à notre gré, ce qui était fort déplaisant pour ceux qui nous embauchaient. Les temps ont bien changé, ils sont devenus cruels pour le monde salarié à qui l’ont fait comprendre, aujourd’hui, que si ça ne lui plaît pas, il peut prendre la porte, pour être rapidement remplacé par les chômeurs qui ne demandent pas mieux…

Son âme ? Oui, dans la mesure où l’humain ne grandit essentiellement que par sa capacité et son droit de créer. Combien de postes de travail, en cette époque, offrent une possible créativité ? Ils sont rares, très rares. Heureux ceux qui en possèdent un, malheur aux autres qui, le plus souvent, sont condamnés à des travaux répétitifs, sans goût, sans saveur d’où toute passion est exclue. Seules compte aux yeux de l’employeur la production, la rentabilité. Ayez le malheur d’avoir une mauvaise santé et vous découvrirez quelle réelle valeur vous avez aux yeux de celui qui vous paie : Rien ! La mauvaise santé est payée au même prix que la malhonnêteté, c’est-à-dire, la porte, le chômage comme ligne d’horizon, la perte d’estime de soi, les regards interrogateurs de vos proches et, trop souvent, au bout d’un certain temps, leurs doutes pesants et humiliants sur votre « volonté » de chercher du travail. On y perd son âme, je le sais, je suis passé par cette porte étroite au goût horriblement amer…

Le piège

Nul n’est obligé, comme moi, de penser que le travail salarié est et reste un piège hérité des circonstances et de la voracité des possédants de capitaux. Cependant, après une carrière de 30 ans, sans problèmes majeurs, puis de chômage et petits boulots, ce qui fut mon cas, si notre esprit est resté un tant soi peu agile et lucide, nous nous rendons bien compte que nous avons participé à un jeu de dupes. Certes, nous recevons un salaire, de plus en plus petit ces dernières années, mais qu’en faisons-nous ? Passées les dépenses obligées et incontournables, nombreux sont ceux qui, obnubilés par d’alléchantes publicités, se précipitent dans un nouveau piège, mortel, celui de la consommation sans limite. Ceux-là, et ils sont foule, ne comprennent pas qu’après avoir été exploités par le patronat dans leur travail, ils le sont une deuxième fois en devenant esclaves d’une consommation sans fin organisée par et pour ce même monde des entreprises. Ce qui, aux yeux d’un certain Nicolas Sarkozy, justifiait son célèbre et lamentable slogan de « travailler plus pour gagner plus » et donc, sous entendu, pour « consommer et dépenser plus ». Là, nous étions en pleine folie dont le seul véritable bénéficiaire ne pouvait qu’être le monde des entreprise et de ses alliés, pas toujours commodes, le monde de la finance et des banques. Et, pour beaucoup, le piège se referme définitivement par les dettes accumulées. S’en suit l’interdit bancaire, opération des plus profitables pour les banques, une pauvreté accélérée et, parfois, le divorce, la fin de la famille puis la rue…

Le serpent se mord la queue

Certains analystes prédisent la fin du capitalisme, tout au moins dans sa forme actuelle, la plus hideuse, le libéralisme mondialisé. Je n’ai pas les capacités de ces analystes, mais je ne peux m’empêcher de penser comme eux.

On le voit, très clairement, en Grèce, pays maltraité, pays pillé par les assoiffés du capital, petits et grands. Ce pays est exsangue, ou plutôt, le peuple est exsangue. La famine fait son apparition, les suicides se multiplient. Ce qui n’empêche pas l’Europe, avec ses deux pires figures, Merkel et Sarkozy, la BCE et le FMI de vouloir poursuivre le pillage sous prétexte du remboursement de la dette dont, pourtant, le peuple n’est pas le principal responsable. (Voir l’article de Patrick Mignard).

Ce que je vais écrire peut en horrifier plus d’un, je le reconnais. Si dramatique qu’est la situation du peuple grec, il s’agit pourtant, peut-être, d’une chance unique. Pourquoi ? Parce que, à mon sens, le capitalisme montre son vrai visage, sa face hideuse qui réclame qu’on le combatte sans merci. Il faut comprendre qu’en Grèce, les salaires des fonctionnaires tout comme du privé étant revus à la baisse drastique, à un niveau qui est parfaitement ridicule, ils ne permettent plus aux victimes des plans de banquiers nationaux ou internationaux, de vivre de ce pourboire humiliant. Du coup, c’est la notion même de salariat qui, cette fois, doit être remis en cause.

Durant des décennies, nous avons pensé que c’était un système idéal, les sommes perçues augmentant au rythme des luttes sociales. Nous avions acquis de nombreux avantages qui, pour le plus grand nombre, étaient satisfaisants. Il faudrait, cependant, être aveugle ou stupide pour ne pas comprendre que l’heure est arrivée où le patronat et le monde de la finance ont décidé de tout nous reprendre. Et que leur importe que les peuples s’effondrent, ils n’en ont rien à faire !

A partir de là, à quoi bon rester sous la dépendance d’un monde patronal, parfois innocent de cette situation, mais trop souvent complice, lorsqu’on ne gagne plus de quoi vivre, de quoi faire vivre sa famille ? Le salariat, dans de telles conditions, n’a plus le moindre intérêt pas plus que le moindre sens. Je ne doute pas, pour ma part, que si on m’imposait un tel diktat ne pouvant que m’entraîner très vite à la rue, à la situation tragique des SDF, je quitterais immédiatement ce salariat. Crever pour crever, autant que ce soit dans la dignité plutôt qu’en tant qu’esclave et en tant qu’homme couché !

Je ne sais si un nombre important de Grecs fera une telle analyse et un tel choix, nul ne peut décider à leur place. Mais par les décisions implacables et inacceptables de leur gouvernement non élu, donc bien loin de la démocratie, ils ont une occasion unique de rejeter le principe inique du salariat. Le plus dur, bien évidemment, est de trouver une solution de remplacement. Beaucoup de penseurs en économie se sont cassé les dents sur ce sujet. Il faudra sans doute passer par une plus grande solidarité entre citoyens, ce qui n’est pas gagné d’avance. Peut-être aussi, comme en divers endroits d’Europe, faudra-il qu’ils créent leur monnaie locale, déconnectée des systèmes comme l’euro, cette monnaie qui est la meilleure garantie de leur effondrement. Et puis, pourquoi pas, il faudra aussi inventer des petits boulots, voire réappliquer le troc pour survivre dignement.

Le système, donc, se mord la queue, parce qu’il ouvre enfin un doute sérieux sur le principe du salariat. Par ailleurs, l’un de ses moyens d’enrichissement le plus rapide, la consommation, va être de plus en plus remise en cause. Les gens n’ayant plus les moyens financiers pour y accéder, hormis pour l’absolu nécessaire, ce système-là, aussi, s’effondrera. Ce qui signifie, en clair, que la consommation est mortelle, elle aussi ! Mais, franchement, est-ce un drame ? Je ne crois pas…

Peut-être suis-je trop optimiste ou trop naïf ( ?), moi, réellement, je fais confiance au génie des peuples. Souvent, au cours de l’histoire des peuples, tout comme au cours de nos vies personnelles, nous trouvons les solutions aux problèmes les plus ardus lorsque c’est notre survie qui est en jeu. C’est comme si l’instinct de conservation éclairait soudain notre esprit…

Comme le pillage n’est pas prêt de s’arrêter, en Grèce, mais également dans tous les autres pays européens, il serait illusoire pour les victimes grecques, tout comme pour nous, de nous bercer de rêves de continuité paisible offerts par la système du salariat. Celui-ci perdra de plus en plus de sens à mesure que le monde malsain de la finance prendra plus de pouvoir à la tête de nos pays. Il n’y a rien à attendre de cette « mafia » financière ! Alors, que chauffent et s’échauffent nos cerveaux pour remplacer le système gangrené et déjà partiellement pourri…

 Un serpent qui se mord la queue est un serpent mort… Songez-y…

Jean Dornac
Paris, le 14 février 2012

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Commentaires

Bonjour,

Mélange de sentimentalisme et d'indignation post-Stéphane Hessel, votre article se passe de présenter faits et arguments.

Ce que vous semblez considérer comme des vérités évidentes ne sont que des images résiduelles d'un endoctrinement culturel : de fait, vous considérez que nous vivons dans un monde dominé par le capitalisme, ce qui est historiquement complètement faux, car les régimes politiques modernes, qu'ils soient américains ou européens, sont bien loin de l'idéal capitaliste défini au fil du 19ème et 20ème siècle, par Ayn Rand, Milton Friedman et F. Hayek notamment.

Dès lors, le reste de l'article n'a aucun intérêt, car vous partez sur de mauvaises bases : toutes vos "critiques" sont fondées sur l'idée qu'il y a de méchants "capitalistes" près à nous détrousser et voler notre âme. Que ces méchants existent, je ne le conteste pas. Mais ils ne sont pas capitalistes.

Pour en apprendre plus sur le capitalisme, je vous conseille la lecture des oeuvres de M. Friedman, F. Hayek et "Capitalism : the unknown ideal", de Ayn Rand.

Pour répondre à la critique de fond, i.e. que le travail salarié est "un piège", je ne peux qu'en appeler à la réalité historique que vous semblez ignorer : à l'aube du 19ème siècle, l'émergence de l'industrialisation a permis à de nombreuses familles d'assurer un revenu stable. La conséquence directe a été la baisse de la mortalité infantile : en 70 ans, le taux de mortalité chez les enfants de moins de 10 ans est passé de 75% à moins de 35%.

De nombreuses familles se sont retrouvées avec plus de bouches à nourrir que les décennies précédentes, d'où l'importance d'emplois dans les usines nouvellement créées. De nombreux enfants et adolescents se sont ainsi retrouvés à travailler dans les usines, une chose qui est aujourd'hui jugée inhumaine.

Mais beaucoup oublient que le travail en usine était une opportunité pour ces enfants de soutenir des familles toujours plus nombreuses, et ces emplois étaient comparativement bien moins risqués que les alternatives existantes à l'époque. (Voir "Capitalism and Freedom", de M. Friedman).

Notre culture, influencée par l'analyse marxiste et les idées de l'école de Frankfurt, a une vision erronée de ce qu'était la vie aux siècles précédents la révolution industrielle : l'imaginaire collectif projette une vision idéale de cette époque moyenâgeuse, où les enfants restaient à la maison pour travailler et étudier avec leur père artisan.

Mais de fait, la mortalité infantile était très importante, les familles avaient du mal à se nourrir...

L'erreur commune qui se retrouve dans votre article au fil de vos suppositions, est de penser qu'avant la révolution industrielle, il y avait un monde merveilleux où les richesses (par ailleurs dues à cette même industrialisation) étaient accessibles à tous, et "l'esclavagisme patronal" n'existait pas encore.

Par ailleurs, toute votre pseudo-analyse, et celles d'intellectuels qui annoncent la larme à l'oeil la mort prochaine du capitalisme (ils ignorent qu'ils l'ont tué il y a plus de 60 ans...) se trompent : l'effondrement, si effondrement il y a, de nos sociétés occidentales, n'est pas fondamentalement dû à l'application folle d'un modèle économique.

Ce type d'analyse, basée sur des sentiments plus qu'autre chose dans votre cas, mais parfois basé sur des pseudo-théories économiques et politiques intimidantes, s'arrête à l'évidence et ne cherche pas à expliquer les causes réelles du désarroi économique que nous traversons.

Les causes sont bien plus graves qu'une arnaque générale orchestrée par banquiers et hommes politiques : la croissance sans précédent de notre niveau de vie depuis la révolution industrielle n'est pas due à une quelconque révolution technologique, cette dernière n'est qu'une conséquence de l'apparition d'une source abondante d'énergie : le pétrole.

Tellement abondante qu'elle était pendant de longues décennies presque gratuite, et elle a permis, grâce aux progrès technologiques (qui n'auraient jamais eu lieu, ou en tout cas pas à cette échelle, sans cette énergie), l'enrichissement et le développement des populations.

Pendant longtemps, cette énergie étaient tellement abondante que nous pouvions à la fois améliorer notre confort de vie, ET accroître notre population.

Ce n'est plus vrai depuis quelques décennies. Et pour cacher aux populations occidentales ce fait difficile à accepter psychologiquement (nous vivons au dessus de nos moyens, et notre niveau de vie est voué à s'effondrer à mesure que nous brûlons nos réserves d'énergie), la classe politique a fait ami-ami avec les économistes, et les États se sont alors endettés jusqu'au cou.

Mais les populations ne sont pas innocentes : nous voulions continuer à croire que "tout est normal, tout est facile, tout est confortable". Nous avons voté pour des gens qui nous promettaient de vivre ce rêve inaccessible. Nous n'avons obtenu que ce que nous méritons.

L'économie n'est qu'une abstraction des mécanismes de production et de l'utilisation des ressources énergétiques à la disposition d'une société humaine : sans énergie, l'économie n'a aucun sens.

Pourtant, toutes les analyses des crises financières ignorent complètement le rôle critique de l'énergie. Jetez un oeil au prix du baril de pétrole, et comparez les dates des pics à celle des crises financières.

Je vous conseille la lecture de "The Party is Over", de R. Heinberg, et "Beyond Oil: The View from Hubbert's Peak", de K. Deffeyes.

Pour conclure, votre article est la parfaite illustration du problème intellectuel qui paralyse nos sociétés depuis presque un siècle : vous n'utilisez pas votre raison et des faits objectifs, mais vos sentiments et à-priori pour fonder votre jugement.

C'est la directe conséquence d'un épuisement philosophique due à l'influence idéologique de l'école de Frankfurt, Kant, Hegel, et Marx.

Seul un renouveau philosophique peut nous aider à affronter les crises énergétiques (et DONC économiques) qui s'annoncent.

Mais cela passe par l'abandon totale d'idées irrationnelles et infondées profondément ancrées dans nos sociétés.
Commentaire n°1 posté par G. Malkas le 16/02/2012 à 19h38

Je ne répondrai pas sur l'ensemble de votre argumentation, c'est votre opinion, c'est votre droit. Seulement, pour ma part, j'ai des années de travail en usine, puis en petite boîte comme technicien en clim. Ce que j'ai écrit, je l'ai longuement muri, sur mes expériences de 40 ans, pas dans les sphères idéologiques, mais sur le terrain. Aujourd'hui, cette pensée qui est la mienne se trouve confirmée par l'état économique du monde. Je ne peux mieux vous répondre, même si cela ne vous convaincra pas, évidemment.

J'ai le sentiment que nous n'avons pas les mêmes expériences, d'où les fortes divergeances. Cependant, vous le voyez, je vous ai publié. C'est ma façon de vous respecter, même si je suis en désaccord total avec vous.

Réponse de jdor le 16/02/2012 à 19h49
Bonjour,

Cette formule est typiquement la conséquence du relativisme dû au marxisme culturel... "c'est votre opinion, c'est votre droit". Ce n'est pas "mon opinion", c'est une argumentation basée sur des faits objectifs.

Vous pouvez remettre en question l'objectivité des faits en citant d'autres sources, ou relever des erreurs logiques dans mon argumentation, mais dire "c'est votre opinion", du coup on ne peut pas juger, tout est relatif, rien n'est bien rien n'est mal, bla bla bla...

C'est tout simplement abject d'un point de vue philosophique.

Votre "courtoisie" n'excuse pas l'absence totale d'argumentation.

Vous pensez sérieusement que vous pouvez vous en tirer, d'un point de vue moral, en disant ce genre de chose...?

Encore une fois, c'est une illustration parfaite des mes propos précédents...

Il n'existe aucun "droit" à l'opinion personnelle : on doit construire son opinion par un travail difficile de recherche et de réflexion.

Si vous voulez avoir une opinion, vous devez être prêt à la défendre, et pas vous cacher derrière cette lâcheté intellectuelle.

Cordialement,
Commentaire n°2 posté par G. Malkas le 16/02/2012 à 20h09

Ah, le marxisme culturel ! Pas de chance, je n'ai jamais été marxiste... Pour ma part, oui, je considère que tout est relatif et rien n'est définitif. En ce sens, je suis convaincu que l'histoire n'est pas achevée, et de loin pas. Oui, tout est relatif, ne vous en déplaise. Il n'y a pas de vérité établie et définitive. C'est mon opinion étayée par l'histoire de l'humanité. Je n'ai pas, comme vous le dites sur un ton très déplaisant "à m'en tirer". Mon âme est en paix, rassurez-vous ! Je ne me bats contre personne, pas plus vous que d'autres individus. Je me bats contre un système, ce qui est très différent.

Je vous trouve bien agressif, vous savez. Ce n'est pas ma nature et je ne cède à aucun ultimatum. Décevant ? C'est comme ça.

Réponse de jdor le 16/02/2012 à 20h21
Pardonnez mon agressivité apparente, elle n'est pas souhaitée.

Néanmoins, la notion de marxisme culturel est différente du marxisme économique classique. Je vous conseille de vous renseigner sur l'école de Frankfurt et les travaux de Fromm, Marcuse, etc.

Je vous laisse donc là, je ne peux pas argumenter avec quelqu'un qui n'est pas convaincu par la logique et la raison.

Pour finir, je vous laisse une question : que pensez-vous de l'absolutisme de l'énoncé suivant : "tout est relatif" ?
Commentaire n°3 posté par G. Malkas le 16/02/2012 à 20h26
Cher G. Malkas,

Critiquer le fondement de cet article en présentant les arguments qui sont les vôtre est plutôt amusant. Certes, aligner des noms d'auteurs célèbres peut paraître intimidant au premier contradicteur venu, qui se gardera bien de vous répondre face à un tel étalage de culture; mais il ne doit pas s'y tromper, car il ne s'agit que de cela, et comme chacun sait, c'est comme la confiture…

Dire que le monde d'aujourd'hui n'est pas capitaliste est foncièrement faux et malhonnête, puisque, jusqu'à preuve du contraire, les capitaux des entreprises sont détenus en majorité par des fonds privés (et c'est là la seule définition du capitalisme).

Vous faites ensuite un mélange entre capitalisme et libéralisme (libértarisme) en citant des auteurs libéraux et libertaires. Bien, mais que vous le vouliez ou non, le monde est aujourd'hui plus influencé par la pensée de Friedman (qui a été un conseiller de président américain) que de Keynes. Et, comme il n'y a pas eu de système communiste parfait, il n'y a pas de système libéral parfait, toutefois il serait encore faux de dire que les états occidentaux ne sont pas à pensée majoritairement libérale (mais ils ne sont pas toujours libertaires, nous sommes d'accord, mais cela est une autre question et Ayn Rand n'a rien à faire ici).

Ensuite votre analyse des mécanismes sous-jacents à la crise actuelle est pour le moins étonnante, car en effet je cherche encore la corrélation entre les prix du pétrole et les défauts de paiements des foyers américains de 2008 (dont l'explosion actuelle de l'endettement des états est issue et non de la disponibilité du pétrole). De même que je vous mets au défi de trouver la moindre correspondance entre le krach de 1929 et les prix du pétrole. Ces deux crises économiques, les plus graves de ce siècle écoulé, sont effectivement dues à l'assouplissement des règles des marchés et donc au libéralisme, le nier revient à se voiler la face.

Si la disparition du pétrole est un défi d'avenir, elle n'est certainement pas en cause dans la situation actuelle, et inversement, si l'entreprise capitalistique privée et le pétrole ont été des sources de progrès (ce que le billet original ne conteste pas), ce ne sont pas les solutions d'aujourd'hui : que pensez vous des coopératives ouvrières et des énergies renouvelables ?

Enfin vous arrivez tout de même à finir votre commentaire en citant Hegel et Kant… Chapeau bas!
Commentaire n°4 posté par tudor le 23/02/2012 à 13h26

Je vous remercie, Tudor, pour votre intervention. Ne voulant étaler ma vie privée devant n'importe qui, il m'était difficile de dire à G. Malkas, que je ne pouvais pas lui répondre, compte tenu d'un état d'épuisement très important. Vous lui répondez parfaitement et j'en suis très heureux !

Jean

Réponse de jdor le 23/02/2012 à 17h07
N'ayant que lu en diagnoale votre article je ne peux que vous conseiller quelques lectures au sujet de Lysander Spooner.
Commentaire n°5 posté par AsTeR le 23/02/2012 à 16h55
tudor,

Le capitalisme ne peut pas se réduire à la définition économique que vous lui donnez : la politique s'inscrit dans un cadre philosophique basé sur la métaphysique, l’épistémologie et l'éthique.

Ce fondement philosophique a des conséquences sur de nombreuses facettes économiques. Si vous souhaitez en tirer une distinction entre libertarianisme et capitalisme, comme bon vous semble, mais ça reste une erreur. Ce que vous appelez capitalisme n'est en pratique que du corporatisme.

Si vous soustrayez les fondements philosophiques du capitalisme, il vous reste...pas grand chose. Et vous parlez dans le vide.

Vous affirmez que le monde est influencé par Friedman, c'est sans doute vrai dans une certaine mesure, mais dites-moi, quelle a été l'approche adoptée par les gouvernements occidentaux pour répondre à la crise de 2008 ? "Deficit spending" à la pelle non ? Ce bon vieux Keynes...on est loin, très loin...des idées de Friedman.

De même, si vous avez lu "Capitalism and Freedom", de nombreux aspects économiques sont à l'opposé des idées de Friedman (financements de l'éducation notamment).

Et oui, il y a un lien fort entre la crise de 2008 et le prix des matières premières. Vous n'avez même pas pris le temps de jeter un oeil, alors je vous facilite l'opération : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0f/Brent_Spot_monthly.svg

Je vais étayer mes propos : il y avait bien un problème économique de fond. Les "subprimes", des crédits accordés à n'importe qui, les banques qui jouaient en bourses avec ces mêmes crédits, tout ça, on est d'accord que ça ne demandait qu'à se casser la gueule.

Mais pendant un moment (quelques années), cela fonctionnait sans soucis : http://www.jparsons.net/housingbubble/

Seulement, l'économie s'emballent, les projets immobiliers s’enchaînent. Or le BTP demande beaucoup de pétrole... Tout cela ajouté à la croissance des pays asiatiques et leur demande toujours plus grande de brut, et on constate le pic pétrolier de 2008.

Le pétrole grimpe, l'essence grimpe, et de nombreuses familles américaines, qui dépensent en moyenne 5% de leur budget pour le transport en voiture, se trouvent fortement impactées. Or, ces mêmes familles ont des crédits pour leur nouvelle super-maison, et grâce aux subprimes, ils sont à peine solvable.

La montée du pétrole a sans doute causé l'insolvabilité de nombreuses familles américaines. A partir de là, tout se casse la gueule...

Donc oui, le système financier était caduque (c'est le moins qu'on puisse dire), mais la cause première c'est la montée du prix du pétrole. Sans cette montée, il n'y aurait sans doute pas eu de crise, et on serait encore en plein boom immobilier...

D'ailleurs, savez-vous qui a dit cela en 2002...?

"To fight this recession the Fed needs more than a snapback; it needs soaring household spending to offset moribund business investment. And to do that, as Paul McCulley of Pimco put it, Alan Greenspan needs to create a housing bubble to replace the Nasdaq bubble."

P. Krugman, prix nobel d'économie, qui favorise bien entendu l'approche Keynésienne...

Enfin, ce que je pense des coopératives ouvrières...je demanderai à mes voisins agriculteurs, qui n'arrêtent pas de dire que c'est une grosse arnaque, et que les agriculteurs se font plus ou moins exploiter (bah oui, les prix sont fixés, et pas par les agriculteurs eux-même...).

Les énergies renouvelables, c'est un écran de fumée... Encore un moyen de vendre un peu de rêve avant de baisser le rideau. Si vous étudiez les solutions proposées jusque là, aucune ne répond au problème à l'échelle actuelle.

Je ne donnerai qu'un seul exemple, vous en trouverez d'autres dans les ouvrages que j'ai cité précédemment : le parc automobile s'établit aujourd'hui à plus de 800 millions de voitures.

Vous allez reconstruire 800 million de voitures électriques ?

Vous allez faire des avions et bateaux cargo électriques ?

La pénurie de cuivre, ça vous dit quelque chose ?

Le bio-carburant ? Parlez-en aux américains... Sans les aides du gouvernement, le projet est déficitaire. D'un point de vue énergétique, c'est pure perte ! (i.e le rapport calorique entre dépense/production est inférieur à 1, selon certains calculs, d'autres trouvent un rapport supérieur à 1, mais pratiquement égal à 1...).

Tous ces projets ne répondent pas au problème, et c'est facile à comprendre.

Premièrement l'électricité est très loin d'être aussi pratique que le pétrole. Le pétrole est liquide : on le transporte facilement et sans perte. Le pétrole peut rester dans un baril sans soucis. Les batteries actuelles sont très loin d'être efficaces.

En terme de densité énergétique, le pétrole est tout simplement deuxième derrière le nucléaire (http://en.wikipedia.org/wiki/Energy_density#Common_energy_densities). Les batteries, très loin derrière...

Ensuite, toutes nos infrastructures sont basées sur le modèle pétrolier depuis des dizaines d'années. Nous n'avons clairement pas les moyens pour changer cela.

Les panneaux solaires, en plus d'être pour le moment loin d'être efficaces, ne peuvent pas être utilisés à grande échelle : ils demandent des composants comme les terres rares qui ne pourront jamais être produites en quantité suffisante.

Et quand bien même vous pouvez répondre à ces problèmes, il vous reste à régler le problème de l'agriculture moderne, qui dépense 10 calories sous forme de pétrole pour produire 1 calorie de nourriture.

L'agriculture moderne, c'est simple : vous mettez du pétrole d'un côté, il en ressort de la nourriture.

Fertilisants, insecticides, essence pour tracteurs...

Votre vie quotidienne n'est-elle pas comblée de produits qui n'existeraient tout simplement pas sans pétrole ? http://www.examiner.com/healthy-living-in-knoxville/thousands-of-common-household-products-contain-petroleum

Je pense que mon argumentaire est assez clair...
Commentaire n°6 posté par G. Malkas le 24/02/2012 à 01h10
Correctif de mon commentaire précédent : l'essence est troisième, l'hydrogène est second. Mais compressé à 700 bar...
Commentaire n°7 posté par G. Malkas le 24/02/2012 à 01h30
Bonjour,

Argumenter sur la portée de ma définition du capitalisme ne changera rien à l'état de fait précédemment énoncé : le monde occidental d'aujourd'hui est capitaliste, en opposition aux deux autres modèles majeurs que sont le socialisme et le modèle totalitaire confiscatoire. Par ailleurs et par analogie, il n'est pas nécessaire d'invoquer la pensée qui a présidé à l'élaboration de la constitution française pour la faire appliquer aujourd'hui, je me passerai donc d'invoquer l'épistémologie (ce qui pour le coup me semble un peu tiré par les cheveux) pour parler du capitalisme dans sa réalité actuelle.

Et je maintiens que le libéralisme est bien distinct du capitalisme, puisqu'il ne s'agit là que d'un courant de pensée issu de ce modèle plus large, au même titre que la pensée sociale-libérale.

Pour ce qui est du libéralisme depuis la crise, il est vrai que la lecture de la politique en Europe est difficile. S'agit-il vraiment de keynesianisme ou de début de confiscation oligarchique de l'économie et du pouvoir (cf. traité de Lisbonne, MES et traitement de la dette Grecque) ? Toutes ces actions ne sont pas des moteurs de relance économique et tiennent peut-être plus d'un 'post-capitalisme'. Mais je remarque que vous ne pouvez céder à la tentation d'être malhonnête pour étayer votre idée en citant P. Krugman et en le présentant comme un partisan de l'interventionnisme, ce qui est simplement ridicule. Qui plus est, ça n'est pas lui, mais bien A. Greenspan qui a fait la politique monétaire américaine (vous savez, celui qu'admiraient A. Rand et M. Friedman, justement).

Enfin, revenons-en à votre marotte : le pétrole est la source de nos crises. Je remarque au passage que vous faites finalement l'impasse sur 1929, soit. Pour 2007 (notez d'ailleurs le décalage entre le début de la crise et le pic du prix de pétrole), merci d'avoir effacé de votre belle explication la hausse des taux directeurs de la Fed et son action mécanique sur les taux des crédits variables.

Je ne nie pas que notre dépendance énergétique au pétrole est un problème complexe qu'il faudra au moins partiellement résoudre dans les décennies à venir, mais il ne faut pas lui attribuer tous les évènements du monde par dogmatisme.
Commentaire n°8 posté par tudor le 25/02/2012 à 01h33
Je n'ai pas parlé de la crise de 1929 car je n'ai pas assez de connaissance, je n'ai lu qu'une seule analyse à son sujet, celle de Friedman dans "Capitalism and Freedom", qui met notamment en cause l'action de la Fed.

Par ailleurs, Greenspan était effectivement un soi-disant "admirateur" de A. Rand, mais si vous connaissez un minimum les idées de Rand, il est évident que c'est complètement contradictoire avec sa fonction de président de la Fed. Les idées de Rand sont en complète opposition avec le principe même d'un organisme chargé de réguler le système monétaire.

Si Greenspan était un admirateur de Rand dans les années 60/70, ses actions disent depuis le contraire...

Pour Krugman, il suffit de lire ce qu'il écrit dans le NYT pour se rendre compte qu'il est partisan de Keynes et de l'interventionnisme... Article publié fin décembre : "Keynes was right" http://www.nytimes.com/2011/12/30/opinion/keynes-was-right.html?_r=1
Commentaire n°9 posté par G. Malkas le 25/02/2012 à 13h10
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