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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 16:09

Par Patrick Mignard

De même que le sang attire et rend fou les requins et les fauves, l’argent, les privilèges et la notoriété, rendent fous les politiciens, les rendant capables des pires infamies, trahisons, renoncement,… et cela dans tous les camps susceptibles d’accéder au pouvoir.

Au vu des comportements de la classe politique, il faut avoir l’estomac bien accroché pour ne pas avoir envie de vomir… et je ne parle pas de voter.

Entre « parachutages », exclusions et dissidences quelle que soit la formation – qui a des chances d’avoir des élus – le spectacle est affligeant d’indécence et de bêtise.

LE BAL DES ARRIVISTES ET DES MEDIOCRES

La préparation des élections législatives donne un spectacle digne du « bal des vampires »… Tous les coups sont permis, et sous les sourires hypocrites réservés aux médias, les coups bas se multiplient, les déclarations assassines, les ambitions plus ou moins affublées d’oripeaux démocratiques, sociaux et humanistes se déversent dans un marigot répugnant de prétentions illégitimes.

Avez-vous entendu parler à propos de conflit dans un même camp de divergences programmatiques importantes ? De questions d’éthique qui feraient problèmes ? De désaccords sur des mesures essentielles à prendre ? Non bien sûr ! Tous cela est secondaire au regard des ambitions personnelles.

Par contre, écoutez bien, c’est souvent en subliminal, vous n’entendez que récrimination, trahison, ambition, félonie, indiscipline, chasse gardée, place réservée, promise, tradition familiale (népotisme « démocratique »),…

Et le Front National n’est pas le dernier à agir de la sorte, lui qui renifle l’odeur enivrante de plus en plus forte du pouvoir, écume les bas fonds de la fange de ses partisans les moins scrupuleux pour se lancer dans une arène qu’il n’a de cesse de dénoncer au nom d’une éthique qui lui est totalement étrangère,… l’Histoire l’a mainte fois démontré.

Bien sûr, les bon esprits et les « républicains » bon teint vont rétorquer, « ils ne sont pas tous pareils », « ce sont des exceptions » !... Peut-être, mais ce sont ces exceptions qui définissent la règle générale. La voracité à l’égard du pouvoir, des privilèges et de la notoriété, rythme ce que l’on nous vend comme du « fonctionnement démocratique ». Ce ne sont pas les « petits candidats » qui font problème, mais les grands prédateurs (et leurs laquais), qui squattent le pouvoir… les premiers ne sont que les cautions démocratiques des seconds.

Le carburant de fonctionnement des moteurs des partis politiques ne sont ni les idées, ni les projets, encore moins l’éthique – ça se saurait depuis le temps ! – mais l’ambition.

LES PARTIS, SYNDICATS D’INTERET

Le drame dans cette affaire, ce sont les partis. Les partis politiques qui ne sont pas à leur place, qui usurpent des fonctions et qui finalement confisquent la démocratie, la vraie, pas celle qu’ils fabriquent, dans leurs orgies bureaucratiques, pour leurs propres intérêts, mais celle qui consisterait à avoir comme seul objectif, les intérêts de la population.

Qu’il existe des groupes, des associations, brefs des partis qui regroupent des individus en fonction de leurs opinions communes, ceci est parfaitement sain sur un plan politique. Que ces mêmes partis participent, incitent, aident, favorisent la réflexion citoyenne, ceci est encore plus sains sur le plan politique.

Mais que ces mêmes partis confisquent le pouvoir, au nom,… au nom de quoi d’ailleurs ?  Ceci est extrêmement dommageable sur le plan politique et détruit à terme – ce que nous vivons aujourd’hui – l’essence même de la citoyenneté.

Instrument de pouvoir et instrument d’accès au pouvoir, le parti politique change sa vraie nature. D’un lieu de réflexion, il devient un moyen de promotion sociale, et entraîne dans son sillage toute une faune d’arrivistes, d’incompétents, de médiocres qui fondent leur légitimité sur la veulerie, l’obéissance et les courbettes aux chefs… Des noms ? Il suffit de regarder la télévision.

Toute cette fange, qui se bouscule au portillon du pouvoir, est souvent prête à changer d’étiquette si son ambition n’est pas satisfaite… des noms ? A utiliser n’importe quel argument pour justifier son maintien… des noms ? ou pour prendre la place d’un autre… des noms ?

Les décisions bureaucratiques, généralement prises à Paris, sont imposées aux subordonnés qui doivent céder au nom des intérêts supérieurs du parti. L’exclusion, forme d’excommunication, frappe les indisciplinés.

ET LE PEUPLE DANS TOUT CA ?

Tout ces gens là, évidemment s’en foutent,… il ne constitue qu’une masse de manœuvre pour réaliser les ambitions personnelles et faire perdurer un système qui les engraisse (voir leurs revenus, leurs privilèges, leurs avantages en nature,…).

Il est d’autant moins bien considéré que, systématiquement, il renomme les mêmes individus qui le grugent. Quel crédit peut avoir le peuple pour ces ambitieux quand ils savent que l’on peut le manipuler, lui mentir, lui raconter n’importe quoi… et que généralement il le croit.

Ce système pervers, dit démocratique, et on le voit en Grèce, en Espagne et à peu près dans toutes les « grandes dites démocraties », a réduit le peuple à une masse ballottée par des mystificateurs qui, sans scrupules, promettent des choses dont on sait qu’ils ne les tiendront pas. Les candidats parlent d’ailleurs, sans ambiguïté, de « leurs électeurs » comme de leur cheptel. Et ils savent qu’effectivement ils sont de fait « captifs », par leur culture, leurs habitudes, leurs croyances, leurs ignorances. Les changements majoritaires de couleurs ne se font qu’à la marge, sans rationalité, où la séduction et la démagogie, voire l’intérêt personnel, l’emportent sur la réflexion.

La « peur du vide » qui habite le peuple, consciencieusement entretenue par les politiciens, incite les plus réticents à faire le pas et à aller donner leurs suffrages à celles et ceux qui en ont absolument besoin pour exister et réaliser leurs ambitions. Ils qualifient pompeusement cela de « devoir citoyen », et ils se forgent ainsi une « légitimité » qui excusera toutes les trahisons et dérapages.

Enfin le peuple croit que ces élus dirigent les affaires du pays,… ce qui est faux. 80% de la législation échappe aux députés,… quand on leur demande des comptes ils n’ont qu’un seul mot : c’est Bruxelles ! où, là aussi, ils font leurs choux gras. Les marchés financiers auxquels ils sont intégralement soumis et la puissance des lobbys, qui souvent les arrosent, constituent le véritable pouvoir.

La mystification est complète et renforcée par un discours tant hypocrite que larmoyant quand ils évoquent « celles et ceux qui sont morts/es pour le droit de vote » … comme s’ils étaient morts pour que des profiteurs puissent se gaver en toute impunité et mènent depuis un siècle et demi les peuples à la catastrophe.

Ainsi va le vaisseau bancal de la citoyenneté, naviguant sur une mer de promesses et poussé par le vent de l’espoir. L’équipage est sûr de son impunité et sait quitter le navire en cas de catastrophe. Que crèvent les passagers !

Tant que ce système pervers continuera, nous continuerons à aller vers la catastrophe… la montée de l’extrême droite en est un indicateur. Une fois au 20e siècle ce système nous y a conduit,… on n’en a tiré aucune leçon,… on recommence les mêmes erreurs que par le passé.

Les mois qui viennent vont nous le démonter… demandez dès à présent aux Grecs, demander demain au Espagnols ! Notre tour va venir et on sera tous surpris !

 Juin 2012                                                              

A voir également :

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? » 

« LA «FAUSSE DEMOCRATIE» DES PARTIS POLITIQUES » 

 

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 15:57

Je suppose qu’un grand nombre de Québécois ont déjà visionné cette vidéo qui circule depuis quelques jours. J’en suis moins certains pour nous autres, Français. Et pourtant, qu’il me semble important et urgent que nous prenions conscience, d’une part, de qui est cet ami (Paul Desmarais) de Nicolas Sarkozy qui l’a tant « aidé » à devenir Président, d’autre part, pour découvrir à quel point ce type de personnage peut sombrer dans le ridicule de fastes « ancien empire et royauté ». Si le ridicule tuait, qui, dans cette vidéo en sortirait vivant ?... (Jean Dornac)


lejournaldemontreal.canoe.ca
jeudi 31 mai 2012      

TAÏEB MOALLA - Après avoir piraté plusieurs sites Internet gouvernementaux québécois, le collectif Anonymous a réussi à mettre en ligne, au cours des dernières heures, une intrigante vidéo de plus de deux heures d’une fastueuse fête organisée par la famille Desmarais dans son domaine de Sagard, vraisemblablement tournée en août 2008, en présence notamment du premier ministre Jean Charest.

 

SnapShot_120531_140556-b99d4.jpg En février dernier, le domaine de Sagard est revenu dans l’actualité après que le Journal eut révélé que le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, y avait séjournée avec femme et enfant, en août 2011. Jean Charest avait dû admettre, dans la foulée, avoir également été invité, lui et son épouse, à quelques reprises, dans ce château.

La vidéo publiée sur YouTube dans la nuit de mardi à mercredi montre la puissante famille (quatrième fortune du Canada et 235e mondiale, selon Forbes) fêtant, en bonne compagnie, le 80e anniversaire de Jacqueline (« Jacquie »), épouse de Paul Desmarais père, grand manitou de la tentaculaire Power Corporation.

Les grands de ce monde, dont l’ex-président américain George Bush Père et les anciens premiers ministres canadiens Jean Chrétien et Brian Mulroney, étaient conviés à ces festivités grandioses.

En deux heures de vidéo, les internautes ont pu admirer pour la première fois l’intérieur d’un domaine qui était jusque-là à l’abri des regards indiscrets. L’enregistrement, coulé par une source anonyme apparemment présente lors des agapes, commence par un making of.

On y voit, grâce à la technique de la vidéo accélérée (time lapse) des employés s’affairer à construire un immense chapiteau au plein milieu du domaine charlevoisien. La caméra se promène ensuite pour montrer de magnifiques jardins, impeccablement entretenus, des employés occupés à créer de sublimes arrangements floraux, des techniciens préparant une imposante scène de concert et des artistes répétant leurs numéros.

SnapShot 120531 140609-86f6e À partir de la 5e minute, les invités de prestige commencent à défiler. Arrivés par bus nolisé, ils paradent sur un tapis rouge digne du festival de Cannes. Magnifiquement habillés de complets et de robes de soirée que l’on devine hors de prix, ils et elles tombent en pâmoison devant le luxe ostentatoire des lieux. Beaucoup, dont l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, portent leurs médailles et leurs décorations autour du cou.

Un verre à la main et le sourire aux lèvres, les centaines d’invités discutent et se saluent dans une joyeuse complicité que connaissent bien les vieux amis. Dans l’enregistrement disponible, une musique d’ambiance - qui rappelle les films consacrés à la cour des rois de France - cache leurs voix et empêche de connaître le contenu précis des échanges.

Accompagné de son épouse Michèle Dionne, le premier ministre Charest est bien placé. On le voit, très souriant, saluer quelques convives. Ensuite, il s’installe à une place de choix, à gauche de « Jacquie ». George Bush Père est assis à la droite de la fêtée.

Place aux artistes

Ensuite pendant une heure et quatre, l’honneur est aux artistes. L’Orchestre métropolitain, dirigé par Yannick Nézet-Séguin, est aux commandes. On reconnaît sur l’enregistrement Marc Hervieux, Luc Plamondon, Robert Charlebois ainsi que d’autres ténors de la scène internationale.

Les 20 dernières minutes de la vidéo sont consacrées à des images et à des enregistrements tournés vraisemblablement lors du brunch du lendemain.

Source
http://www.journaldemontreal.com/2012/05/30/party-desmarais

Source de la page : http://www.vigile.net/Le-grand-luxe-des-Desmarais

Par jdor - Publié dans : Actualités
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 15:50
Par jdor - Publié dans : Humour & Réflexion
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:38

le 15 mai 2012

Sans-titre.jpg SOS homophobie a reçu 1 600 témoignages de victimes de discriminations du fait de leur orientation sexuelle en 2011.

L’association SOS homophobie a reçu 1 600 témoignages de personnes victimes de discriminations du fait de leur orientation sexuelle en 2011, un chiffre en augmentation de 5 % par rapport à 2010. Les personnes qui ont contacté SOS homophobie sont majoritairement des hommes (69 %). 31 % des appelants sont âgés de 35 à 50 ans.

Les manifestations d’homophobie sont de diverses natures : il peut s’agir d’insultes (51 %), de harcèlement (19 %), de diffamation (16 %), voire d’agressions physiques (13 %), jusqu’aux viols ou meurtres (29 cas depuis dix ans). En 2011, SOS homophobie a enregistré 185 cas d’agressions physiques, nettement plus qu’en 2010 (125 témoignages).

17 % des témoignages sont relatifs à l’homophobie sur Internet, que ce soit à travers des articles ou commentaires insultants, ou par le rejet d’internautes homosexuels. 13 % des témoignages concernent des problèmes rencontrés au travail, contexte où l’homophobie peut empêcher la progression de carrière, voire déboucher sur un licenciement.

L’homophobie s’exprime aussi dans les lieux publics (11 % des cas). Les homosexuels sont également confrontés à des conflits de famille ou de voisinage (respectivement 13 et 12 %). Ils subissent de plus une discrimination spécifique dans les commerces et les services (7 % des témoignages) : refus de consommation dans un café, de location d’un appartement, de prise en charge par un taxi, par exemple.

Attention il s’agit de témoignages reçus par téléphone ou par mail. Ceux-ci donnent une indication, mais ne constituent pas un recensement exhaustif des cas de discriminations homophobes. L’évolution du nombre d’appels peut aussi résulter d’une meilleure information et une notoriété plus grande de SOS homophobie.  


L'évolution des appels reçus par SOS homophobie
Unité : Nombre d'appels par an
  Nombre d'appels
1997 365
1998 275
1999 334
2000 472
2001 458
2002 398
2003 653
2004 1 141
2005 1 212
2006 1 332
2007 1 263
2008 1 246
2009 1 259
2010 1 483
2011 1 556
 
Source : SOS homophobie - Rapport sur l'homophobie 2012, 1 556 témoignages
Typologie des témoignages reçus par SOS homophobie
Unité : %
  Pourcentage des témoignages reçus
Sexe
Femme 24
Homme 69
Transsexuel(le) 4
Non spécifié 3
Origine géographique
Ile-de-France 30
Province 57
Etranger 2
Inconnue 11
Age
< 18 ans 7
18 - 24 ans 15
25 - 34 ans 24
35 - 50 ans 31
> 50 ans 10
Inconnu 13
 
Source : SOS homophobie - Rapport sur l'homophobie 2012. Année des données : 2011, 1 556 témoignages
Contexte des discriminations homophobes des témoignages
Unité : %
  Pourcentage
Internet 17
Travail 13
Voisinage 12
Lieux publics 11
Famille, entourage proche 13
Commerces et services 7
Mal de vivre 7
Milieu scolaire - enseignement supérieur 5
Médias 4
Autres* 10
* dont religions (3 %),médias (4 %).
Source : SOS homophobie - Rapport sur l'homophobie 2012. Année des données : 2011, 1 556 témoignages

Pour en savoir plus : rapport annuel 2012 de SOS Homophobie.

Source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article895&id_mot=93

 

Par jdor - Publié dans : Faits de société
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:09

Puissant article de Richard Le Hir, qui concerne aussi bien la France que le Québec. Mes préventions, vieilles de 9 ans, contre Nicolas Sarkozy sont, ici, totalement justifiées. Il y a de quoi être profondément écoeuré par ce qui ressemble à diverses collusions entre le groupe Desmarais/Frère et le pouvoir qui vient d’être sorti en France. Tout cela justifierait une sérieuse prise en compte par la Justice française. (Jean Dornac)


Ou comment le pauvre citoyen se fait déposséder des deux côtés de l’Atlantique

auton2138-fa310 Richard Le Hir
Tribune libre de Vigile - mardi 29 mai 2012      

 

SnapShot_120529_230553-70757.jpg Dans les jours qui ont suivi le lancement de mon livre (Desmarais : la Dépossession Tranquille, Éditions Michel Brûlé), un lecteur de Vigile a eu l’amabilité de porter à mon attention un article qui paraissait le jour même sur le site français Médiapart où il était question des manœuvres à l’issue desquelles le tandem Paul Desmarais/Albert Frère avait pu prendre le contrôle de GDF Suez, un géant mondial de l’énergie, et premier producteur indépendant d’énergie au monde.

Cette affaire illustre à la perfection le « modus operandi » de l’empire Desmarais et la similarité de son approche d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre.

Il faut d’abord savoir que GDF Suez est le produit d’une fusion survenue en 2007 entre Gaz de France, une société mixte dans laquelle l’État français détenait 70 % des actions, et Suez, une société privée au conseil d’administration de laquelle siégeaient alors Albert Frère et Paul Desmarais fils.

Du fait de la participation majoritaire de l’État français au capital de Gaz de France, cette transaction revêtait un caractère éminemment politique. Voici comment Wikipédia présente l’opération :

SnapShot_120529_230659-fb993.jpg « Le projet de fusion entre les groupes Gaz de France et Suez a été annoncé officiellement pour la première fois au public le 25 février 2006. Ce projet visait officiellement à contrer une menace d’OPA [offre publique d’achat] hostile sur Suez par l’Italien Enel [Ente Nazionale per l’Energia Elettrica, la société nationale italienne d’électricité]. Dans le cadre de son discours sur le « patriotisme économique », le premier ministre Dominique de Villepin annonçait alors la fusion du groupe public Gaz de France avec le groupe privé Suez. »

Dès le départ, cette transaction suscite des interrogations et des critiques autant des milieux politiques que des milieux financiers, tant sa logique d’affaires est loin de s’imposer.

Ainsi, Dominique Strauss-Kahn, alors encore député socialiste du Val d’Oise et ex-ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de 1997 à 1999 dans le gouvernement Jospin (la France est à cette époque en situation de « cohabitation » avec un président de droite et une majorité législative et un gouvernement de gauche), la qualifie-t-elle de très mauvaise opération dans une entrevue accordée à LCI, la chaîne d’information continue de TF 1, le 26 février 2006 :

« L’ancien ministre socialiste de l’Economie a qualifié la fusion entre GDF et Suez de "très mauvaise opération", lundi sur LCI. Pour le député du Val d’Oise, "il n’y a pas de logique industrielle" dans cette opération "anti-économique" qui ne sert ni "l’intérêt des usagers, ni du pays, ni de l’Union européenne". "C’est une opération qui dit non à l’Europe de l’énergie", a-t-il estimé. Car "il y avait une tentative de rapprochement entre Enel (un groupe italien, ndlr) et Suez, et nous devons constituer des champions européens. Or en se repliant sur une solution comme celle qui est proposée, on balaye d’un coup de plume la politique industrielle européenne", a-t-il expliqué. C’est aussi un "mauvais coup porté à EDF", parce que "Suez c’est une activité électrique, pas du tout présente en France aujourd’hui. Mais avec une fusion avec GDF, l’entreprise va pouvoir s’installer sur le marché français, et donc c’est une déstabilisation de EDF qui est mise en place, et un cadeau formidable qui est fait à une entreprise privée", a-t-il poursuivi. »

Si l’on peut, et l’on doit, reprocher à DSK les débordements de sa vie privée dans la vie publique, il faut toutefois lui reconnaître sa compétence à analyser les enjeux économiques et industriels, une compétence qui lui a justement valu sa nomination à la tête du FMI.

D’ailleurs, son analyse allait être validée par la suite par plusieurs intervenants européens comme le rapportait le New York Times un an plus tard dans un article intitulé « GDF-Suez merger deals a blow to EU ambition to open energy sector ».

Le cadre étant posé, revenons maintenant à l’article de Médiapart que je vous citais au début, « La corruption, véritable ennemie de notre Démocratie », où il est question de « l’implication de la Caisse des Dépôts et Consignations dans des affaires de corruption et de détournements de fonds publics qui se chiffrent à des milliards d’euros au profit du Groupe FRERE/DESMARAIS, actionnaire notamment de GDF-SUEZ et de TOTAL. » (Source citée plus haut).

Si le nom de la « Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) » vous semble familier, c’est qu’il s’agit de l’institution qui a servi de modèle à Jacques Parizeau (alors conseiller du gouvernement Lesage avant de devenir par la suite ministre des Finances et premier ministre) lorsqu’il a créé notre « Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) » au milieu des années 1960.

Et si, comme Québécois, vous devez vous intéresser à cette affaire, c’est qu’il existe de bonnes raisons de croire que l’Empire Desmarais a employé au Québec les mêmes stratagèmes qu’en France pour se concilier les bonnes faveurs de la CPDQ, à vos frais, comme cotisants et bénéficiaires du régime universel de retraite (RRQ) administré par celle-ci.

L’auteur de l’article est un certain Jean-Marie Kuhn dont j’ai pu retracer la biographie sur le site français zonebourse.com :

SnapShot_120529_230822-c67a3.jpg « Jean-Marie Kuhn est un homme d’affaires français, connu pour son intervention dans de nombreux dossiers politico-financiers brûlants.

Jean-Marie Kuhn est née en 1956 en Lorraine. Attiré par les nouvelles technologies, Jean-Marie Kuhn suit d’abord une formation de technicien en électronique puis s’établit comme artisan dès l’âge de 17 ans. A 21 ans, à son retour du service militaire il ouvre son premier magasin de TV HIFI VIDEO suivi de six autres, en Alsace et en Lorraine. A 26 ans le Ministre du Commerce et de l’Artisanat lui décerne le Mercure d’Or des commerçants performants de France.

Philanthrope, il porte un grand intérêt aux sciences et aux sagesses humaines, ainsi qu’aux concepts humanistes novateurs. Jean-Marie Kuhn mène aujourd’hui des recherches dans les domaines du bio-magnétisme, de la mémoire de l’eau et de ce qui touche aux mystères du vivant et aux énergies libres et renouvelables.

Il s’est également orienté vers le conseil et l’investissement dans l’immobilier commercial. En 1995, il acquiert la filiale Disport à GIB, une filiale du groupe d’Albert Frère. Suite à un conflit lors de la cession, il commence son combat pour mettre au grand jour les opérations financières d’Albert Frère.

Il s’intéresse ainsi à la cession d’Entremont, au projet d’association de la CMA-CGM avec le FSI. Il pointe du doigt la position de Gérard Longuet à la fois sénateur, chef du groupe UMP, membre de la commission de l’énergie et consultant pour GDF-Suez en l’accusant de « prise illégale d’intérêt ».

Jean-Marie Kuhn est aussi connu pour être à l’origine de l’affaire Quick. Il a, en effet, multiplié les plaintes en France et en Belgique affirmant que le milliardaire belge Albert Frère a vendu à la CDC CI (une holding contrôlée par l’État français) la chaîne de restaurants Quick à un prix surévalué. Pour en savoir plus sur ce sujet, retrouvez notre dossier spécial sur le procès opposant Zonebourse.com à Quick. »

Au cours de mes recherches pour la rédaction de l’une des chroniques qui ont servi de base à mon livre sur l’Empire Desmarais, j’étais tombé sur un texte anonyme qui fournissait justement quelques éléments d’information sur cette dernière transaction.

Je n’eus donc aucune peine à reconnaître en Jean-Marie Kuhn l’auteur de ce texte anonyme, et après quelques jours de vérifications et de contre-vérifications, je décidai d’entrer en contact avec lui.

Dans sa lutte infructueuse pour se faire entendre des autorités judiciaires françaises sous la présidence de Nicolas Sarkozy (la Constitution française attribue au pouvoir politique l’autorité d’entreprendre des poursuites), il avait adressé un abondant courrier au président dans lequel j’ai pu retracer son adresse de courrier électronique. Le message que je lui fis parvenir un samedi soir me valut une réponse le lendemain matin, et quelques heures plus tard, nous nous parlions au téléphone, et nous avons continué à échanger depuis.

Parmi nos sujets de discussion, la manœuvre par laquelle Albert Frère, l’associé de Paul Desmarais, se fit racheter pour une somme de 800 millions d’euros sa participation dans la chaîne de restauration rapide QUICK (un concurrent de McDo dont la valeur ne dépassait pas les 300 millions) par une filiale de la CDC spécialisée dans les prises de participations stratégiques à des fins de politique industrielle !

Et comment, quelques semaines plus tard, cette plus-value miraculeuse ( ! ) allait servir à augmenter l’apport en capital du tandem Desmarais/Frère dans Suez, au point de lui donner les moyens d’assurer que les actionnaires votent en faveur de la fusion avec GDF. Cet apport aura donc joué un rôle déterminant. Et le tandem qui était le premier actionnaire de Suez avant la fusion a conservé cette position après, ce qui lui donne une influence décisive dans toutes les décisions stratégiques.

On notera en passant qu’avec cette seule transaction, la filiale de la CDC se trouvait à épuiser dans le hamburger la moitié de sa dotation initialement réservée à des fins de restructuration industrielle ! Comme on dit chez nous, « Ça ne fait pas des enfants forts ».

On voit donc que le tandem Desmarais/Frère s’est trouvé à profiter de la fusion de GDF et de Suez de deux façons, d’abord en obtenant qu’elle ait lieu, un « cadeau formidable » aux dires de DSK, et ensuite en obtenant à fonds perdus de la CDC le capital nécessaire pour assurer que la fusion ait lieu. Une affaire énorme ! Et tout cela sous le mandat de Nicolas Sarkozy qui s’est en plus senti l’obligation de décerner à ces deux lascars la grand-croix de la Légion d’honneur !

Que se cache-t-il donc derrière toutes ces largesses ?

Un article du site français Rue 89 paru en 2008 nous fournit plusieurs éléments de réponse :

Sarkozy décore Desmarais, son riche et discret ami canadien [...]

SnapShot_120529_230932-08f78.jpg

« Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. »

Les deux hommes se connaissent depuis 1995. A l’époque, Sarkozy était au fond du trou, écarté de la Chiraquie après l’échec de la candidature d’Edouard Balladur aux présidentielles.

« Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt, et il me disait : il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi. »

Il a depuis séjourné plusieurs fois au domaine de Sagard, 75 km2 au cœur du Québec, propriété de la famille Desmarais. Le terrain, qui compte 32 lacs, doit son nom à un missionnaire français du XVIIème. Desmarais comptait aussi parmi les invités de la soirée au Fouquet’s sur les Champs-Elysées au soir de l’élection du président, le 6 mai 2007.

[...]

La famille Desmarais au cœur de la fusion GDF-Suez

Mais la famille s’intéresse de plus en plus à l’Hexagone. Avec son partenaire de toujours, Albert Frère, elle se retrouvera au cœur de la fusion -en attente- de GDF et Suez.

Les Desmarais et le capitalisme français

1979 Paul Desmarais investit dans Paribas. Albert Frère siège à l’époque sur le conseil d’administration de la banque et celui de sa filiale belge, Copebas. 1981 Frère et Desmarais embarquent dans l’opération « Arche de Noé » pour contrer la nationalisation de la banque par François Mitterrand. Ils injectent 440 milions dans la suisse Pargesa. L’opération échoue (non sans profit), mais le duo a acquis un puissant levier financier avec Pargesa. 1990 Le duo créé Parjointco, partagé moitié-moitié par l’intermédiaire des groupes Frère-Bourgeois et Power Corporation du Canada. Enregistré aux Pays-Bas, il détient aujourd’hui 54,1% de Pargesa (et 67% des droits de vote) qui possède lui-même 48,3% du capital de GBL (et 50,1% des droits de vote).

Les Desmarais et Frère possèdent 9,5% du capital de Suez et 13,2% des droits de vote, par l’intermédiaire du Groupe Bruxelles Lambert (GBL), ce qui en fait son principal actionnaire.

GBL s’intègre dans une lignée de holdings contrôlés par les deux familles : Parjointco constitue la clé de voûte de leurs investissements, qui chapeaute lui-même un nom plus connu dans les milieux financiers, Pargesa.

Dans la nouvelle entité GDF-Suez, la participation de GBL pourrait augmenter, comme Albert Frère le laissait entendre dans une interview à L’Expansion. Le duo canado-belge a les moyens de ses ambitions, après avoir regarni les coffres au mois de mai avec le rachat, par Bertelsmann des parts que GBL détenait dans le groupe de médias allemand. Montant de la transaction : 4,5 milliards d’euros, dont 2,4 milliards de plus-values.

La fusion apportera un autre fruit à GBL : le département environnement de Suez (gestion de l’eau, traitement des déchets...). Albert frère et son partenaire canadiens comptent parmi les grands gagnants de l’opération.

La famille Desmarais étant plutôt discrète, Frère s’est prononcé pour deux sur la place publique, en faveur de la fusion Suez-GDF. Un avis que ne partageait pas Nicolas Sarkozy avant son élection, essentiellement pour des raisons politiques.

Autour de la table du Fouquet’s

D’accord ou pas, Albert Frère et Paul Desmarais étaient sur la liste des convives au Fouquet’s, le soir du 6 mai. Desmarais aurait ramassé l’addition, évoque Paul Wells, de Maclean’s. [...] 

Si cet article nous permet de comprendre un peu plus les rapports qui se sont noués entre Paul Desmarais père et Nicolas Sarkozy, si l’on peut admettre que le second se soit senti un devoir de reconnaissance envers le premier, il n’explique en rien la générosité de l’État français (aux frais des Français) envers le tandem Desmarais/Frère, et c’est une affaire sur laquelle devrait se pencher en priorité la nouvelle administration socialiste en France.

Au moment où la France et les Français s’interrogent sur la façon de boucler leurs fins de mois, l’enrichissement sans cause dont semblent avoir bénéficié nos lascars devrait faire l’objet d’une enquête dans le but non seulement d’établir les responsabilités, mais également de déterminer ce qui peut être récupéré.

Jean-Marie Kuhn a fait des démarches en ce sens auprès du candidat Hollande et l’a même rencontré avant qu’il ne devienne président de la République. La réponse de François Hollande, datée du 16 avril 2012 et reproduite en PDF ci-dessous, semble ne laisser aucun doute sur ses intentions.

Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier et vous en remercie. L’affaire Quick/GDF-Suez mérite une attention toute particulière, et je ne manquerai pas, si je suis élu, d’exiger des comptes sur ce sujet.

Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoirs sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques.

Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Présider la République, c’est rassembler, réconcilier, réunir, sans jamais rien perdre de la de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours, ceux qui seraient là depuis moins longtemps.

Voilà ce que sera le sens de mon mandat, si je suis élu.

J’espère vous avoir convaincu et vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de toute ma considération.

François Hollande

À la lecture de cette lettre, je me suis demandé si l’un de nos dirigeants politiques au Québec aurait été en mesure d’en écrire une semblable. Chose certaine, ce devrait être un test à soumettre à tous ceux qui aspirent à nous diriger, et même à ceux qui nous dirigent déjà. Voyez-vous Jean Charest signer une telle lettre ?

Le déclenchement d’une telle enquête en France risque d’avoir l’effet d’une véritable bombe, surtout lorsque les socialistes vont se rendre compte de la possibilité qu’il existe un lien entre cette affaire et le coup monté contre Dominique Strauss-Kahn pour l’écarter de la course présidentielle.

Si les socialistes semblent être unanimes dans leur condamnation de ses fantaisies libertines, ils ne seront pas pour autant disposés à passer l’éponge sur les moyens employés pour le faire tomber, et avec raison, comme j’ai eu l’occasion de le souligner dans un texte paru sur Vigile l’automne dernier et repris alors sur certains sites français.

En effet, constatant que ses chances de l’emporter contre DSK étaient presque nulles, Nicolas Sarkozy avait tout intérêt à se débarrasser de DSK, tout comme le tandem Desmarais/Frère qui savait bien à quelle sauce il serait mangé s’il était élu président. Sans être nécessairement les instigateurs du coup monté, Desmarais et Frère étaient certainement intéressés à voir DSK mis hors jeu.

Il ne semble pas être venu à l’esprit de qui que ce soit dans le camp de Sarkozy que le ressentiment des Français contre leur poulain serait à ce point puissant qu’il favoriserait l’élection d’un personnage aussi terne à leurs yeux que François Hollande.

Lorsqu’il est devenu évident que Hollande allait l’emporter, le tandem Desmarais-Frère a tenté sans succès de faire racheter sa participation dans GDF Suez et Total par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ils doivent donc attendre avec une certaine appréhension les décisions que prendra le nouveau pouvoir à leur endroit.

D’autant plus qu’une procédure criminelle a été intentée en Belgique sur plainte de « faits de corruption » déposée par Jean-Marie Kuhn. La police belge, le Procureur de la Couronne de Charleroi, ville dont Albert Frère est originaire, et un juge d’instruction ont décidé de donner suite à cette plainte, et une commission rogatoire en France pour procéder à l’audition de certains témoins a été diligentée auprès du ministère de la Justice de France qui n’avait pas le droit de refuser son concours.

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Jean-Marie Kuhn est également parvenu à déposer une plainte en rapport avec cette affaire devant la justice française contre Augustin de Romanet, le grand patron de la CDC jusqu’à ces derniers mois, pour « dénonciation calomnieuse, corruption active et passive, détournement de fonds publics, recel et complicité de recel, abus de confiance, prise illégale d’intérêts et blanchiment ».

Et Jean-Marie Kuhn est résolu à prendre action au Québec également par voie de recours collectif, sur le conseil de ses avocats québécois. À cette fin, il m’a demandé de lui recommander un cabinet spécialisé, ce que j’ai fait, et son dossier fait présentement l’objet d’une étude approfondie avant que les procédures ne soient intentées.

Cette démarche m’a toutefois permis de découvrir une autre affaire bizarre mettant en cause l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. En effet, dans les mois qui ont précédé l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, une commission parlementaire française chargée d’examiner la pertinence pour la France de se doter d’un mécanisme judiciaire semblable à notre recours collectif s’était adressée au Barreau du Québec pour se faire recommander un spécialiste de la question.

SnapShot_120529_231209-8d0fc.jpg Le Barreau du Québec avait tout de suite recommandé Me Yves Lauzon du cabinet Lauzon Bélanger Lespérance, considéré à juste titre comme l’un des pères du recours collectif. Il était donc tout naturellement favorable au recours.

SnapShot_120529_231328-fe5f6.jpg La commission parlementaire française était également intéressée à entendre un témoin opposé au principe du recours collectif. Le Barreau eut la surprise de découvrir le grand intérêt de Me Lucien Bouchard pour la question, lui qui n’avait jusqu’alors jamais touché de près ou de loin au recours collectif de toute sa carrière. Nostalgie d’un ancien ambassadeur du Canada à Paris ? Il est permis d’en douter. Quand on connaît les liens de Lucien Bouchard avec Paul Desmarais...

Toujours est-il qu’il mit tout le poids de son autorité et de sa notoriété personnelles à convaincre les membres de la commission parlementaire française que ce n’était pas une bonne idée. Quelques mois plus tard, Sarkozy était élu, et l’idée de doter la France d’un recours collectif était prestement reléguée aux oubliettes.

Parmi ceux qui n’ont pas dû verser une larme sur cette décision, on peut sûrement compter MM. Desmarais et Frère. Mais s’ils pensaient avoir mis toutes les chances de leur côté en s’assurant qu’un tel recours ne puisse jamais être intenté contre eux en France, ils n’avaient cependant pas envisagé la possibilité qu’il puisse être intenté au Québec.

En guise de conclusion, j’aimerais revenir sur l’intérêt des Québécois à voir cette affaire élucidée. J’ai en effet suggéré en début d’article que l’Empire Desmarais avait le même modus operandi des deux côtés de l’Atlantique. J’ai déjà eu l’occasion de souligner sur Vigile et dans le livre que je viens de publier aux Éditions Michel Brûlé tout ce qu’avaient d’incestueux les rapports entre notre Caisse de dépôt et de placement et l’Empire Desmarais.

On connaît les liens du président Michael Sabia avec les Desmarais, liens qui leur ont d’ailleurs valu l’opprobre général, mais l’on sait beaucoup moins que le vice-président de la CPDQ Roland Lescure est issu du sérail européen de l’Empire. Je vous suggère à ce sujet la lecture ou la relecture de l’article suivant : « Sabia vend la mèche ».

Enfin, le hasard faisant parfois bien les choses, Vigile rappelle aujourd’hui un article que je publiais il y a deux ans, intitulé « Méchantes questions, mais diablement pertinentes ». Les questions qui y sont soulevées demeurent encore d’actualité. Un jour viendra où nous obtiendrons les réponses. Si certaines personnes tomberont des nues, ce sera moins le cas pour d’autres.

Source : http://www.vigile.net/L-affaire-GDF-Suez-et-ses

Par jdor - Publié dans : Les "affaires"
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