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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 14:59
Par jdor - Publié dans : Humour & Réflexion
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 15:43

aut_2414.jpg Par Panagiotis Grigoriou 

 

« Respirez librement, respirez enfin librement, c'est la prise de la Bastille du bipartisme, l'effondrement du système collaborationniste du PASOK et de la Nouvelle Démocratie. Ce n'est qu'un début, les forces du Mémorandum, les forces de l'occupation ont été délégitimées par le vote du peuple. Nous avons résisté à la guerre économique et psychologique, nous n'avons plus peur du chantage, car le peuple grec sait désormais que les sommes prétendument prêtées à la Grèce dans le cadre des accords illégaux passés avec la Troïka, iront dans les poches de ces rapaces des marchés et aux banques. Nous pouvons désormais les menacer, et c'est aussi un message adressé à la chancellerie de Berlin. Le cobaye a bougé, il a crié, il a dit « Non ». Si finalement ils décident notre dynamitage, nous dynamiterons aussitôt toute la zone euro. Nos agents au Ministère de l'économie, vomissent chaque jour davantage la présence des contrôleurs allemands au sein de leurs services. Les Allemands sont encore là, mais ils partiront par un vol direct Lufthansa, au départ de l'aéroport d'Athènes. Par la même occasion, tous les médias contrôlés par les armateurs ou par les promoteurs BTP, viennent de recevoir aussi une raclée historique, le peuple a préféré les ignorer. Ils ont été délégitimés, ainsi que toute la politique du Mémorandum avec, bon débarras, la lutte continue. » .

Voilà en résumé, la prose du journaliste Georges Trangas ce matin sur la radio Real-Fm. Trangas a bu du petit lait car l'histoire immédiate lui donne raison, sur la plus longue durée par contre, rien n'est encore certain.

Mais d'abord les résultats : .

Sur 99,42 % des bureaux de vote (lundi midi) :

Inscrits : 9.901.323
Participation : 65,06 %
Bulletins blancs/nuls 2,36 %
Voix exprimées : formations qui n'entrent pas au Parlement : 19,03 %
(seuil : 3 %).

Partis Sièges Pourcentage
  Nouvelle Démocratie (droite) 108 18,87 %
 SYRIZA* (Gauche radicale) 52 16,77 %
PASOK (P.S.) 41 13,19%
 Grecs Indépendants* (Droite) 33 10,60%
 KKE* (P.C.) 26 8,48 %
Aube Dorée* (Extrême droite) 21 6,97 %
 Gauche Démocratique* 19 6,10 %
LAOS (Extrême droite)   2,93 %
Mouvement Écologiste   2,90 %
 Alliance Démocratique (droite)   2,56 %

(*) Formations politiques exprimant clairement leur opposition au Mémorandum


Les journalistes mainstream avaient tous mauvaise mine dimanche soir derrière les écrans, dont le plasma se vidait au fil de la soirée. À minuit passé, des journalistes à la radio et à la télévision, évoquaient déjà « cette nouvelle époque du méta-mémorandum ». D'autres journalistes à la télévision encore, n'arrivaient plus à contenir, à dissimuler leur douleur. Leurs efforts dans la « systématisation intégrale», n'ont pas été couronnés de succès. S'exprimant en serrant les dents, ils ont encore répété la même messe : « il faut honorer nos signatures, le FMI, la Troïka vont interrompre le financement ». En effet, ces « perroquets du système » comme on les surnomme chez nous, ont tout juste précédé de quelques heures la menace du FMI, allant dans ce sens : « La Troïka reviendra en Grèce lorsque le nouveau gouvernement sera formé. Ce nouveau gouvernement doit confirmer les engagements pris, par le précédent gouvernement ». Peine perdue ?
20120507-7.jpg Les participants à la marche "Nice - Athènes" sur la Place de la Constitution - 6 mai 2012.
20120507-2.jpg 20120507-5.jpg
Non, l'époque du méta-mémorandum n'est pas encore venue. Pourtant, l'air d'un autre temps, d'un autre calendrier politique, a soufflé très fort. Cet air du temps est d'abord celui de la dignité. Depuis, notre instantané historique se déchire enfin comme il se doit, en deux morceaux. L'ancien système politique du bipartisme a reçu un coup mortel, tandis que l'improbable (?) nouvelle coalition des anti-Mémorandum, ne se réalise pas encore. Même ce Vénizélos de l'ultime PASOK vient d'admettre que « l'ancien bipartisme n'a plus la légitimité nécessaire pour gouverner ». Il propose donc l'idée d'un gouvernent « national de coalition non pas sur la ligne de fracture du Mémorandum, mais sur celle existante, entre forces favorables à l'Europe et les autres », d'autres « journalistes », lancent ainsi l'idée d'un gouvernement « technocrate, pour ainsi garder une certaine stabilité, indispensable aux reformes entreprises ». C'est une honte. Le grand journal du soir en France, a adopté (sur son site), le même syllogisme : « Percée des néonazis en Grèce, Vénizélos appelle à l'union nationale. L'effondrement des partis de gouvernement à l'élection législative pourrait empêcher la formation d'un gouvernement de coalition pour poursuivre la politique de rigueur dictée par l'UE et le FMI ».
20120507-6.jpg Athènes 7 mai 2012.
20120507-3.jpg "On recherche gouvernement - effondrement historique des partis de gouvernement".

Les masques tombent, sauf que les lecteurs du Monde ne le réalisent pas encore. La percée de l'extrême droite nazifiante en Grèce est aussi... un élément "rassurant" si on analyse la situation autrement. Car je peux supposer par exemple, qu'après une telle politique du choc, pareillement appliquée en si peu de temps à d'autres pays de l'Europe occidentale, l'extrême-droite, serait en phase de devenir vraisemblablement la première formation politique dans ces pays. Je trouve donc, que pour l'instant en tout cas, la Grèce a plutôt bien résisté à cette percée de l'extrême-droite. Ensuite, le syllogisme suggéré par les rédacteurs du grand quotidien français, contient involontairement et en filigrane, la seule analyse juste de la situation. Car le vrai problème n'est pas l'extrême-droite, mais plutôt, la poursuite de la politique de rigueur dictée par l'UE et le FMI, et celle-ci, n'est plus une affaire grecque me semble-t-il. C'est ainsi que le fascisme bancocrate est plus dangereux à mes yeux que celui des « néo-nazifiants » de toute sorte, et pour une raison évidente : c'est précisément ce premier fascisme qui est à l'origine du second, ainsi les larmes de crocodile au journal du soir ou au sein des instances de l'U.E. sur la percée de l'extrême-droite en Europe, ne peuvent émouvoir que les lobotomisés du raisonnement politique. .

Il se trouve alors que de nombreux Grecs prennent conscience de cette grande fraude à l'échelle du continent européen, à savoir la grande razzia sur ses peuples. L'incontestable gagnant de ces élections en Grèce, est le parti de la gauche radicale SYRIZA (16%), (à part l'extrême-droite de l'Aube Dorée). SYRIZA arrive d'ailleurs en tête à Athènes, au Pirée et dans les grandes villes, ce qui peut annoncer le tempo de l'avenir sur le reste du pays. Et si la Grèce devient elle, presque ingouvernable, c’est parce que la loi électorale attribue les premiers deux cent cinquante sièges du Parlement par la règle proportionnelle, puis, les cinquante qui restent, sont « offerts en cadeau » au premier parti. Seulement, même ainsi, le bipartisme de la Baronnie a reçu un coup mortel. Pour la même raison, le parti communiste a été presque sanctionné, car il a réussi à peine à améliorer son score, dans un contexte où la gauche dans son ensemble a doublé le nombre de ses voix. Je précise pour éviter tout malentendu, que lorsqu'en Grèce on dit « la gauche », ce n'est pas au PASOK que nous pensons, ce dernier, « est considéré comme étant un parti anti-populaire et anti-national, car il appartient à la bancocratie », selon les représentations collectives, après deux ans de Mémorandum. .

Ce matin, dans un café athénien on ne disait pas autre chose :
« Je suis enseignant, j'ai toujours voté PASOK jusqu'en 2009, je me considère toujours comme socialiste, mais je ne voterai plus jamais PASOK dans ma vie, c'est terminé, ces gens veulent nous faire mourir pour arranger les banques. À nos écoles, nous n'appliquerons pas la reforme dictée par l'Europe, nous n'avons plus peur. Ils veulent augmenter notre temps de travail alors que nos salaires ont été diminués. J'ai perdu 470 euros par mois sur les 1.400 que je touchais, il y a un an environ. Je pense aussi que désormais, nous pouvons ne plus payer les taxes exceptionnelles, surtout en cas de chômage, c'est la fin de la terreur ».

Voilà ce qui est déjà acquis ce lundi : pouvoir rêver. Tous les autres leviers restent aux mains des bancocrates, sauf l'air du temps. Nos visages sont plus joyeux, exceptés ceux des adeptes du Pasokisme, plongeant très profondément dans leurs journaux ce matin. Le quotidien « Ta Nea » par exemple, qui a bien choisi son titre : « Le cauchemar d'un pays ingouvernable », mais « cauchemar », pour qui d'abord ? L'horizon demeure brouillé. Rien n'est définitif, sauf la fin du PASOK et de la Nouvelle Démocratie du Mémorandum. .

Tôt ou tard, on comprendra peut-être que pour se délivrer du Mémorandum, il va falloir se défaire aussi de l'Union Européenne, ainsi que de nos propres errements. En même temps, il faut bâtir une autre politique étrangère, plus équilibrée et moins exclusive. Ce n'est guère évident. Patience, l'avenir devient enfin incertain et chaotique. Bienvenue au pays d'Hésiode. .
20120507-4.jpg Mendiant - Athènes 7 mai 2012.

Merci à Panagiotis Grigoriou
Source: http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/05/air-libre.html
Date de parution de l'article original: 07/05/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7311 .

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 15:27

Encore un texte très fort à lire en priorité. On y apprend les violences policières inadmissibles contre les étudiants québécois. On y apprend qu’un sénateur voudrait qu’Ottawa punisse de dix ans de prison toute personne portant un masque dans une manifestation ! Cela ne vous rappelle rien ? Mais si, la fameuse loi anti masque votée par l’UMP il n’y a pas si longtemps ! Constat : Même idéologie, mêmes pratiques qui ont tout à voir, sauf avec la démocratie !

Je veux espérer, d’une part, que notre nouveau pouvoir, en France, n’usera jamais de telles méthodes et, d’autre part, que cette part du peuple québécois prête à voter Charest, se reprenne et se remémore que ce pouvoir, son parti, le PLQ (Parti libéral québécois de Charest) est englué dans plusieurs affaires de corruptions, de collusions et de lien avec la mafia. C’est autrement dangereux que des étudiants qui manifestent pacifiquement ! Non ? Dans le cas des étudiants, c’est l’idéologie néolibérale qui est en danger, dans le cas du pouvoir, c’est la démocratie qui est gravement menacée ! (Jean Dornac)



Victor-Lévy BEAULIEU
Le Devoir (opinions) (texte intégral envoyé par l’auteur)
mercredi 16 mai 2012
SnapShot_120516_093550-14b00.jpg
Depuis que les étudiants sont en grève, le pouvoir politique, les autorités policières et les « généraux » des escouades anti-émeute n’ont pas cessé de nous dire quel travail admirable policiers et escouades anti-émeute accomplissent « avec discipline, discernement et sans user de force excessive », selon les mots mêmes du directeur de la Sûreté du Québec. Sauf quelques exceptions, les journalistes, commentateurs et chroniqueurs se sont rangés du côté de ce qu’ils ont appelé la nécessité de faire respecter la loi et l’ordre quand on vit en démocratie.

On a déjà oublié comment la violence a commencé : par des bidons d’essence soi-disant trouvés par la police devant les maisons de certains ministres, de faux cocktails Molotov lancés à l’intérieur des bureaux du gouvernement et des tas de briques jetés sur les rails du métro de Montréal. Les autorités policières et le pouvoir politique ont immédiatement associé les étudiants à ces actions « terroristes » et promis d’arrêter promptement les coupables de ces actions. Ce qui devrait nous sembler curieux, c’est que les autorités policières sont restées depuis absolument silencieuses là-dessus et, à ma connaissance, aucun journaliste ne s’est inquiété de la chose.

Mais l’effet de ces actions « terroristes » se sont rapidement répandus dans la population, particulièrement auprès des personnes plus ou moins âgées dont les sondages faits auprès d’elles révèlent ceci : les soins de santé et la sécurité à tout prix sont leurs priorités. Dans les foyers et les centres d’accueil qu’ils habitent, les gens préfèrent vivre comme des prisonniers (portes extérieures et intérieures fermées à clés 24 heures par jour, couvre-feu et gardien de sécurité en permanence), de sorte que leur univers est celui d’un camp concentrationnaire. La moindre violence dont ils entendent parler les remplit de terreur.

Aussi faut-il poser la question : les premiers actes de violence commis devant les maisons des ministres, leurs bureaux et dans le métro, de qui sont-ils l’œuvre ? Des étudiants, des casseurs ou de la police elle-même ? Ça ne serait pas la première fois qu’elle se livrerait ainsi à la provocation dans les conflits syndicaux !

Des dirigeants de la Sûreté du Québec et des escouades anti-émeute ont avoué devant les caméras de télévision que plusieurs de leurs agents avaient infiltré le milieu étudiant, aussi bien dans leurs assemblées que dans leurs manifestations. Posons donc une deuxième question : la première pierre lancée dans une vitrine de magasin l’a été par qui ? Il est tout de même curieux qu’avec tous les moyens dont elles disposent, les forces policières n’aient pu remonter à ce premier casseur.

Il est aussi curieux que la Sûreté du Québec et les escouades anti-émeute, qui fichent depuis des années les membres des groupes radicaux, les ont d’abord laissé agir en toute impunité. Doit-on comprendre qu’elles se sont servies d’eux pour mieux avoir recours à une force excessive dans le but d’apeurer aussi bien les manifestants qu’une population qui mange mou et pense mou ?

Tandis qu’on nous montrait à la télévision ces terribles images de policiers matraquant sans discernement des étudiants qui ne faisaient que crier des slogans, le directeur de la Sûreté du Québec déclarait que ses policiers et ses escouades anti-émeute « ne faisaient pas un usage excessif de la violence ». Sagement réfugié au quartier-général de ses troupes, ce n’était évidemment pas lui qu’on matraquait !

En regardant ces images et en entendant le directeur de la Sûreté du Québec, je me suis souvenu de ce jour où Maurice « Mom » Boucher a été arrêté. Ce criminel, responsable de plusieurs meurtres (dont ceux d’enfants et de gardiens de prison), est sorti de chez lui, escorté gentiment par des policiers dont certains lui ont même demandé des autographes ! Et quand Maurice « Mom » Boucher est monté dans l’auto patrouille, un policier lui a délicatement mis la main sur la tête pour qu’il ne heurte pas le cadre de la portière ! Qu’est-il advenu de ces policiers qui ont transgressé le code de la déontologie policière ? Je ne crois pas qu’on en ait beaucoup parlé par la suite.

À mon avis, cela est fort éclairant sur notre système policier : quand nos escouades ont affaire à des bandits armés que rien n’arrête, surtout pas l’assassinat, ça file plutôt doux dans les quartiers-généraux de nos casernes ! Mais quand on a devant soi de simples étudiants, on peut les gazer, leur lancer à bout portant des grenades assourdissantes, leur tirer au hasard des balles de caoutchouc, les poivrer à trois pieds de distance et les matraquer férocement comme s’ils étaient les pires gangsters qui soient !

À quoi cela tient-il ? Pourquoi certains policiers acceptent-ils de faire partie d’une escouade anti-émeute ? Comment les choisit-on ? Quelle formation leur donne-t-on ?

Quand je suis allé vérifier la chose sur le site web de la Sûreté du Québec, une surprise m’attendait : était hors d’usage l’onglet « Pelotons d’intervention », qui est la façon élégante que la SQ a de nommer ses escouades anti-émeute. Le lendemain de la manifestation de Victoriaville, une autre surprise m’attendait : non seulement l’onglet « Pelotons d’intervention » était-il hors d’usage, mais il avait complètement disparu de l’écran radar de la SQ.

Dans une communication faite à l’Université de Montréal sur le Troisième sommet des Amériques (avril 2001), Jean-Pierre Poirier de la Sûreté du Québec nous révèle que l’objectif ultime que l’on vise dans la formation des policiers qui feront partie des escouades anti-émeute est L’EFFICACITÉ (l’emploi des majuscules est de lui). Au fond, peu importe comment on s’y prend, c’est l’efficacité qui prime.

En 2004, le Code criminel du Canada a été réformé, notamment pour encadrer cette fameuse efficacité, autant chez les policiers que chez toute personne ayant autorité dans notre société :
« Il incombe à quiconque dirige l’accomplissement d’un travail ou l’exécution d’une tâche ou est habilité à le faire de prendre les mesures voulues pour éviter qu’il n’en résulte de blessures corporelles pour autrui. »

Malgré les recherches que j’ai entreprises, aucun policier ni aucun membre des escouades anti-émeute n’ont été poursuivis au nom de l’article 217.1 du Code criminel. Est-ce à dire qu’ils n’ont jamais rien à se reprocher ? Que pas un seul parmi eux n’abuse du pouvoir qu’il a ? Ce sont de bons pères de famille comme nous tous, a déclaré un représentant de la Sûreté du Québec après la manifestation de Victoriaville. De bons pères de famille sans doute, mais pourquoi deviennent-ils membres des escouades anti-émeute ? Une première réponse : la paie qui est substantiellement plus élevée que ce qu’ils toucheraient s’ils étaient de simples policiers, et les alléchants bénéfices marginaux qui vont avec. Demandez à ces policiers qui sont leurs héros. Gandhi ? Le Dalaï-lama ? Ça serait plutôt Rambo, Terminator, Captain America ou Man of Steel. Psychologiquement, leur entraînement de soldat, nous dit encore Jean-Yves Major, leur apprend « le pur respect des ordres et de la ligne de commandement ». Autrement dit, le policier d’une escouade anti-émeute ne doit pas penser : ça réfléchit mal quand on est costumé et armé comme le sont Terminator et Man of Steel. On aura beau avoir reçu la meilleure des formations, il n’en demeure pas moins que personne ne peut être soldat s’il n’a pas en lui, sous le vernis de son éducation, une violence certaine. Les soldats américains en Irak et en Afghanistan en ont fait la preuve absolue.

Depuis le début de la grève étudiante, les escouades anti-émeute l’ont aussi démontré : faire gicler du poivre de Cayenne en plein visage d’un manifestant qui se tient à quatre pieds de vous vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel ; être au volant d’une auto patrouille et foncer à toute allure sur un groupe de manifestants (comme cela a été le cas à Victoriaville) vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel ; lancer à ce point des gaz irritants sur des manifestants qu’on a failli (toujours à Victoriaville) évacuer l’hôtel où se tenait le congrès du Parti libéral, est imputable selon l’article 217.1 du Code criminel ; utiliser des bombes assourdissantes et des balles de plastique (jugées trop dangereuses par les Américains, ce qui est tout dire), est imputable aussi selon l’article 217.1 du Code criminel.

Pourtant, à la conférence de presse donnée par la Sûreté du Québec le 15 mai dernier, aucun journaliste n’a fait état de l’article 217.1 du Code criminel. Quant à la Sûreté du Québec, elle a affirmé que les citoyens qui se croyaient lésés par les interventions des escouades anti-émeute pouvaient porter plainte dans le cadre du Code de déontologie policière. Évidemment, le porte-parole de la SQ a oublié de mentionner le décret 357-2012 du gouvernement du Québec du 4 avril dernier (autre hasard ?) qui rend les procédures des plaintes présentées si compliquées et si bureaucratiques qu’il faut être vraiment naïf pour croire qu’un citoyen peut en bout de ligne avoir gain de cause, et d’autant plus que les policiers y sont en même temps juges et parties.

Depuis le début de la grève étudiante (qui est légale, rappelons-le), les média radiophoniques et télévisuels ont fait appel abusivement à tous ces prétendus experts issus des corps policiers qui n’ont cessé de faire l’éloge des escouades anti-émeute. Tous ces prétendus experts ont admis que les organisations étudiantes étaient infiltrées par des espions, qu’on les trouvait aussi au cœur des manifestations, que la majorité des membres des groupes radicaux étaient fichés depuis longtemps. Pourquoi alors les a-t-on laissé agir ? Par stratégie ? Pour que les manifestations étudiantes déraillent et qu’on puisse faire avaliser par cette grande partie de la population qui mange mou et pense mou toutes les actions de la police et des escouades anti-émeute ?

Les sondages nous disent que cette stratégie a été fort efficace. Le dangereux sénateur Boisvenue voudrait qu’Ottawa punisse de dix ans de prison toute personne portant un masque dans une manifestation ! L’hystérique maire de Montréal présentera vendredi prochain un « règlement anti masque » qui va interdire à tout manifestant d’avoir le visage couvert, par un masque, une cagoule ou… un simple foulard ! L’hystérique maire de Montréal semble encore ignorer que les étudiants se sont mis à porter masques, cagoules et foulards pour assurer leur sécurité face à des escouades anti-émeute qui les poivraient et les gazaient de façon éhontée.

Souvenons-nous qu’au milieu des années 1960, cet autre maire hystérique que fut Jean Drapeau avait fait adopter un règlement anti-manifestations, règlement qui fut jugé anticonstitutionnel, et ne put donc être appliqué. Celui que propose l’hystérique maire de Montréal ne contrevient-il pas à nos chartes des droits et libertés et, bien loin de protéger les citoyens pacifiques, ne donne-t-il pas encore plus de pouvoir arbitraire à un système policier qui en a pourtant déjà trop ?

Si ce règlement absurde devait être adopté, je m’engage, au nom de la liberté qui est le gage de la démocratie, à faire tout ce que je pourrai pour mettre en échec une telle initiative, y compris le recours aux tribunaux. J’invite donc toutes celles et tous ceux qui craignent pour l’avenir de notre démocratie à manifester activement leur désaccord. Devant l’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir, on n’a pas le droit de rester les bras croisés. L’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir sont les portes qui nous mènent tout droit au fascisme.

Victor-Lévy Beaulieu

Source
http://www.ledevoir.com/societe/justice/350180/le-fascisme-au-bout-de-la-mat (...)

Source : http://www.vigile.net/Le-fascisme-au-bout-de-la-matraque

 

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 15:23

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La Belette

Par jdor - Publié dans : Humour & Réflexion
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:03

Le temps de la vraie résistance approche. Si l’on regarde la situation de la Grèce, comment douter que si la « Troïka » dirige la France dans quelque temps, nous n’aurons peut-être plus de dettes, mais le pays et tout ce qu’il comportait de droits sociaux, de sens de la Justice, de sens même de son existence, sera balayé. Pour l’instant, faisons confiance en notre nouveau pouvoir. Mais est défaillant, il nous faudra bien nous lever, et en masse ! (Jean Dornac)


14 mai par Charlotte Géhin

Que retenir de cette campagne sinon un silence commun sur la Dette. Chut ! Pas un mot sur les conséquences, en France, de la crise financière européenne. Et pourtant, concernant cette affaire, ce ne sont pas les questions qui manquent.

Quelle voie sera forcée d’emprunter le président et son gouvernement ? The economist, journal quasi officiel de la City, tout au long de la campagne, a martelé la même antienne : « Au lendemain du 6 Mai, le vainqueur, quel qu’il soit, devra s’attaquer brutalement aux déficits », attaque qui débouchera sur un « choc pour les français ».

La soupe à la rigueur

Difficile donc de satisfaire un électorat qui a soif de réformes sociales et qui a voté non à la montée du chômage en considérant comme principal coupable Nicolas Sarkozy.

C’est pourtant bien d’un programme imposé à tous les pays appartenant à la zone euro dont il s’agit aussi pour la France et la recette est connue : Flexibilité du marché du travail, les « famous CDI », contrats uniques |1|, démantèlement de l’assurance maladie, de l’assurance chômage, des retraites, des allocations familiales.

Vrai ou faux ? Pour ceux qui en douteraient encore, la réponse réside en un mot : la Dette publique. Grande absente des débats électoraux, alors qu’elle était au faîte de l’actualité juste après le « nécessaire » renflouement des banques |2| ou de la réforme des retraites, la dette publique est pourtant le levier qui fera basculer les autorités politiques vers la rigueur ou non. «  Pour plusieurs pays, le nœud coulant de la dette publique s’est serré et ils sont pris à la gorge par les marchés financiers » dénoncent Damien Millet et Eric Toussaint.

Les victimes font grise mine

Sous-couverts du remboursement de leurs créances, envers les organismes privés |3| que les citoyens renflouent chaque jour par le biais des hausses d’impôts et des coupes sociales, le FMI et la Banque Centrale Européenne imposent une gouvernance guidée par la rigueur à tous les membres de l’Europe. «  Il n’y a pas de compromis possible  » arguait Jacques Sapir |4| sur France Inter. Les premières victimes des plans d’austérité l’ont déjà bien compris. Grèce, Portugal, Irlande…. Ou on arrête de payer la dette, ou on enterre le pays sous la vague de la compression libérale. Dimitris Christoulas |5|. portait le deuil de cette triste réalité quand il a appuyé sur la gâchette de son arme. Il criait «  pas de dette à mes enfants » et laissait la trace des conséquences bien concrètes des plans de rigueur « Le gouvernement d’occupation a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans.  ». La Grèce, ce pays aujourd’hui incapable de gouverner. En Espagne, déjà, le slogan de l’audit pour la dette est clair « No debemos, no pagamos ! ». En France, ce ne sont pas les 27 milliards d’euros d’économie imposés à l’Espagne qui vont retentir dans le quotidien des citoyens, mais les 80 milliards d’euros intégrés dans le plan du TSCG |6| à son égard. Ce n’est pas non plus un protocole concernant la croissance |7| ajoutée au Traité qui libérera François Hollande des recommandations de la Troika |8|. Surtout quand le remboursement du service de la dette dévore 65% des ressources de l’Etat.

Quelle issue ?

La France de François Hollande, « le bon », peut-elle ouvrir ses portes aux émissaires de la Troika « les truands » ? C’est ce que stipulent les forces européennes armées d’un nouveau traité et d’un programme clé en main.

Le TSCG porte en lui les germes de la catastrophe : il rend obligatoire le paiement de la dette. L’alternative est donc claire : ou le paiement de la dette est assuré et la protection sociale est disloquée, les besoins sociaux et les services publics sacrifiés |9|, ou il y a arrêt du paiement de la dette et droit du travail, droits sociaux et services publics sont préservés. Qui pour porter ces exigences ? Quel front du refus ?

Notes

|1| Projet de forme unique du contrat du travail qui allégerait notamment les exigences juridiques de licenciement à l’égard de l’entreprise. Projet déjà mis en place en Italie, en Espagne…

|2| La Banque centrale européenne (BCE), financée par les pays membres, accorde des prêts des aux banques, elles-mêmes détentrices des créances des Etats. Rien qu’en Décembre 2011, 523 banques ont emprunté à la BCE près de 500 milliards d’euros pour 3 ans à un taux voisin de 1% lorsqu’elles prêtent aux Etats à des taux variant de 7% pour l’Espagne, jusqu’à 18% pour la Grèce…

|3| Les investisseurs institutionnels : banques, fonds de pension, compagnies d’assurance et autres organismes de placements collectifs.

|4| Economiste à l’école des Hautes Etudes. Il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS). Emission Là-Bas si j’y suis, « Les financiers au coin du feu ».

|5| Le 4 Avril 2012, Dimitris Christoulas, pharmacien retraité de 77 ans, s’est suicidé à Syntagma, place principale d’Athènes

|6| Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Il inscrit dans la Constitution des pays la « Règles d’Or », donc un déficit proche de 0 qui oblige à l’austérité, il donne le pouvoir aux autorités européennes non démocratiquement élues, il inclut des clauses de sanctions en cas de déficits. Il prévoit des projets de réforme pour chacun des pays membres et l’envoi d’émissaires pour assurer son bon fonctionnement.

|7| François Hollande a annoncé la renégociation du TSCG. Il la fera avaliser auprès du Conseil Européen. Un compromis entre Hollande et Merkel fait part d’une annexe ajoutée au Traité concernant la croissance.

|8| FMI, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne.

|9| Le chantier est déjà en œuvre : RGPP, flexibilité du marché du travail, durée légale, retraites… La révision générale des politiques publiques entamée en 2007 consiste en une restructuration des missions et actions de l’État, avec de la mise en œuvre de réformes structurelles (non-remplacement de postes de départ à la retraite etc.). Les mesures de défiscalisation des heures supplémentaires prises par le gouvernement de François Fillon en 2007 avantagent le patronat français.

Source : http://www.cadtm.org/Le-bon-la-dette-et-les-truands

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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