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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 15:17

Mon souhait et mon espérance pour les Québécois, c’est qu’aucun ne cède à la violence, à ces actes tant espérés par Charest et sa bande. Oui, comme le dit l’auteur de cet article, il faut relire Henri David Thoreau et Gandhi. La désobéissance civile n’est pas une attitude de mollasson, elle est courage, détermination, volonté de lutter contre les lois abusives et anti démocratiques.

Tous les pouvoirs savent comment briser un mouvement violent puisque la loi lui offre, et à lui seule, la légalité de toute violence. Mais tous les pouvoirs sont déroutés et le plus souvent impuissant devant la non-violence active, la désobéissance civile. L’expérience de Gandhi, de Martin Luther-King, de Nelson Mandela et bien d’autre, le prouve à souhait !

Comme Gandhi l’avait compris, la victoire ne peut être acquise dans le silence des informations. Je me répète, certes, mais à nous, citoyens de tous pays, il incombe de propager les nouvelles de la lutte des Québécois contre leur pouvoir inique ! (Jean Dornac)


Ou la Loi sur les mesures de guerre au « printemps québécois »

Dominic Desroches - professeur de philosophie / Ahuntsic
Collaboration spéciale - vendredi 18 mai 2012

« Il est plus désirable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi » Henri David Thoreau, De la désobéissance civile

L’heure est grave. La démocratie québécoise est mise à mal depuis trop longtemps déjà par un gouvernement libéral dépassé par sa propre arrogance. Ce soir, il franchit un point de non retour. La grève étudiante, au centre du printemps québécois, dure depuis treize semaines, ce qui indispose un gouvernement en perte de vitesse, de crédibilité et de créativité, prêt à tout pour imposer ses vues. Incapable de discuter avec les associations étudiantes, fragilisé par la « démission » de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp, il a choisi d’imposer, contre toutes les mises en garde, la ligne dure, celle de l’État policier. Il imposera en effet, dans la nuit du vendredi 18 mai 2012, la loi 78, une « loi spéciale » qui modifiera non seulement le règlement sur le calendrier scolaire des collèges et des universités, mais aussi, et c’est beaucoup plus important, parce qu’explosif, et encadrera le droit démocratique de manifester.

Le gouvernement libéral choisit unilatéralement de quitter la démocratie parlementaire : envers et contre tous, il se croit autorisé, en suspendant la session de certains établissements et en contrôlant le déplacement des citoyens, d’imposer la paix sociale par une loi spéciale. Dans ce contexte extraordinaire – et nous pesons nos mots – qui nous rappelle les Journées de la matraque de 1964 et 1968, la loi anti-manifestation sous Drapeau en 1969, la crise d’Octobre de 1970, mais aussi la limitation des libertés dans les États totalitaires, il convient de réfléchir à la pratique de la désobéissance civile prônée par Thoreau. Car emprisonné sur un navire à la dérive, on peut se demander si l’on doit suivre le capitaine. Voyons un peu pourquoi.

Une loi spéciale pour réaménager le calendrier scolaire : une défaite du gouvernement ?

Ce projet de loi 78 suspend la session d’hiver 2012. N’est-ce pas déjà le signe que l’entêtement et l’arrogance du gouvernement l’ont mené à sa perte ? À moins d’une « entente » - on doit se méfier de ce mot désormais - entre la direction d’un établissement d’étude supérieure, les associations étudiantes et le syndicat des professeurs, la session d’hiver sera suspendue dans les cégeps et les universités encore en grève. Dans la majorité de ces établissements, selon le projet de loi, les cours reprendraient à la mi-août et se termineraient au plus tard le 30 septembre prochain. La session d’automne 2012 débuterait aux « calendres grecques », c’est-à-dire quelque part en octobre... Le projet de loi soustrairait ainsi les établissements à l’obligation légale de dispenser une session de 82 jours. On le voit bien désormais : après le recours aux tribunaux qui forçait des institutions et des professeurs à protéger la démocratie étudiante mais aussi leurs étudiants face à la violence de l’État, la valeur du diplôme importe autant que la hausse de frais de scolarité, laquelle n’est jamais remise en question…

Une loi spéciale contre les associations étudiantes et les regroupements de citoyens : un coup de force désespéré d’un gouvernement autoritaire ?

Le gouvernement libéral répète à tous les jours en chambre que rien ne peut justifier la violence, que les étudiants doivent condamner la violence et que le climat social est mal sain au Québec. Que les gens ordinaires en ont marre des manifestations. Que tout cela est la faute des étudiants qui ne vont pas à l’école. Mais ce qu’il oublie, c’est que non seulement une loi spéciale est d’une violence inouïe, mais que rien ne peut justifier la violence sinon la violence politique elle-même ! Le gouvernement libéral est prêt à tout pour « casser » le mouvement de grève démocratique des étudiants qui cherchent d’autres moyens de financer les universités. S’il n’a pas réussi avec les injonctions paradoxales ordonnées par un juge ami des libéraux, le projet de loi encadrera le droit de manifester avec une « loi matraque » qui comporte 36 articles. Cette loi prévoit plus précisément que les organisateurs d’une manifestation citoyenne « de plus de dix personnes » (sic) devront communiquer leur parcours et les moyens de transport pas moins de huit heures avant le début de la manifestation !

Le projet de loi veut ainsi s’assurer que plus jamais les étudiants, mais aussi ceux qui les supportent, puissent se réunir spontanément et marcher librement, pacifiquement, comme ils le faisaient depuis le début du conflit, il y a treize semaines déjà. Au lieu de punir les casseurs, d’enfermer les fraudeurs et les membres de la mafia qui détruisent le climat social, le projet de loi entend punir toute personne qui se trouve sur les lieux d’un attroupement. En effet, les personnes qui participeront à une manifestation, sans l’avoir organisée elles-mêmes, devront s’assurer que l’événement en question correspond en tous points aux renseignements fournis à la police ! Autrement dit, on devra savoir et dire tout ce que comprend la marche avant même d’y participer. Il faudra s’inscrire au poste de police avant de marcher et annoncer à quelle heure et par quelles rues nous rentrerons à la maison !

On le déduit mieux maintenant : le gouvernement veut également empêcher que l’on bloque l’accès aux établissements scolaires en grève, mais aussi à la rue des commerçants. Les manifestations seront interdites dans les collèges et les universités, plus précisément dans un périmètre de 50 mètres autour de ces bâtiments. Ceux qui s’étonnaient des matraques sur les campus, ceux qui avaient honte, n’en reviendront pas : on ne peut plus manifester pacifiquement sur la rue en face d’un collège sous peine d’être arrêté par la police ! Ce projet de loi imposera par conséquent plusieurs responsabilités aux manifestants, c’est-à-dire aux pirates sans arme. On ira même jusqu’à ajouter la notion pour le moins troublante de crime « par omission ». L’article 29 indique précisément que quiconque, par un « acte », « omission », « consentement » ou « conseil » amène une autre personne à violer les dispositions de la loi 78, commet lui-même une infraction passible d’une amende. Cette disposition de la loi, qui serait fort utile pour traduire en justice les membres de la maffia qui dominent la politique québécoise depuis 9 ans environ, servira à arrêter des étudiants en sciences humaines... qui, selon le gouvernement, « boycottent » leurs cours !

La force du Droit abusif (et financier) contre les pauvres indignés et les étudiants pirates et terroristes

Ce projet de loi pour le moins controversé, qui vient limiter les droits fondamentaux assurés dans les chartes, la liberté d’expression et la liberté d’association, prévoit sans surprise des amendes extrêmement importantes pour les contrevenants. La loi sur « les mesures de guerre de mai 2012 » est puissante : elle dit que pour un individu - lire un étudiant pirate, un manifestant terroriste ou un professeur complice d’un indigné - quelqu’un qui désobéit bref, le projet de loi proposera de sanctions allant de 1000$ à 5000$, et ce, pour chaque infraction commise. À moins d’être très riche, corrompu ou un proche des juges libéraux, il sera impossible de manifester librement à Montréal, à Québec, voire partout sur le territoire de la belle province. Car le gouvernement a décidé de prendre les grands moyens – ils sont sans doute disproportionnés – afin que les villes dorment le soir, sans gaz, et que l’école soit le lieu de l’étude et de la réussite.

Que dire en effet si, pour les organisateurs trouvés coupables, un employé collaborateur, un porte-parole d’association étudiante, un professeur ou une mère contre la hausse, l’amende en cas d’infraction sera de 7000$ à 35 000$ par jour. Les journaux rapportent que les associations seront taxées d’amendes de 25 000$ à 125 000$ par jour ! Dans tous ces cas, les amendes doubleront en cas de récidive. On doit donc en conclure que, en cas de désobéissance à la loi, la loi ruinera les associations étudiantes ainsi que les personnes qui avaient pris l’habitude d’exprimer leur mécontentement dans les rues du Québec.

Ne devons-nous pas désormais envisager la désobéissance civile ?

Dans le cas de figure qui est aujourd’hui le nôtre, c’est-à-dire celui où nous ne sommes pas reconnus ni respectés par le gouvernement, ne devons-nous pas désobéir ? Devons-nous encore obéir collectivement, demanderons-nous, quand les lois sont devenues injustes ? Quand la loi spéciale révoque en doute les libertés individuelles et la démocratie ? Dans le Québec du 19 mai prochain, c’est-à-dire un Québec dirigé par un gouvernement irresponsable, épris de la loi spéciale, de bâillons, de décrets et de la police, la désobéissance à une loi injuste ne devient-elle pas une nécessité de la civilité ? Le citoyen, nous enseignaient Thoreau lorsque nous étions en classe, ne peut pas simplement se contenter d’obéir, il doit aussi juger lui-même du contexte des lois et de leur signification. J’ajoute : devons-nous obéir aux lois lorsque la corruption est généralisée et que la politique partisane a besoin d’une loi spéciale pour imposer sa hausse des frais de scolarité ? N’y a-t-il pas suspension de la loi lorsque l’État devient injuste et anti-démocratique ? Lorsque son inaction et son mépris favorisent la violence ?

L’objectif subtil derrière la loi 78 : mettre fin au « printemps québécois »

À la lecture du projet de loi 78, force est de constater que l’objectif ultime de son auteur n’est pas de valoriser l’éducation, d’assurer le retour en classe ou d’assurer l’accessibilité à l’université, mais d’imposer, par la force de la raison d’État, une loi spéciale assurant un couvre-feu aux étudiants, aux indignés et aux manifestants en colère qui ont pris goût à la dénonciation des abus d’un gouvernement méprisant. Ce gouvernement est non seulement dépassé par la crise sociale qu’il a lui-même mis en scène, mais il est prêt à tout pour aller au bout de sa hausse. Il est prêt à mettre le Québec à feu et à sang pour une ligne dans son budget. Il est disposé à recourir à la police et à l’anti-émeute pour défendre une hausse qu’il a déjà gaspillée depuis le début du conflit. Il est certes entêté, mais aussi paranoïaque et très dangereux.

Derrière cette loi anti-démocratique, il tient encore bec et ongle à diviser les francophones et à banaliser le mouvement social qui veut un autre Québec. L’objectif de cette loi extraordinaire, de ce nouveau masque, qui nous oblige à relire Thoreau et Gandhi, est d’effacer les acquis du « printemps québécois ». Que tous ceux et celles qui ont à cœur les droits fondamentaux, la liberté et la démocratie réfléchissent à la signification de cette nuit spéciale du 18 mai 2012.

Source : http://www.vigile.net/La-Loi-speciale-78-un-pas-de-plus

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 15:09

Le Québec quitte la démocratie par la faute d’un pouvoir de plus en plus abject, pervers, odieux, avec sa loi 78, adoptée hier, qui est effectivement, une loi scélérate.

Aimant ce pays, j’aurais aimé qu’il devienne ma deuxième patrie, j’appelle les Québécois à signer la pétition « Demande d'ajout à la requête en nullité du Projet de loi spéciale 78 » : http://www.loi78.com

Parce qu’il est nécessaire qu’une grande foule de citoyens du monde sache qu’un gouvernement indigne attaque la démocratie au Québec, j’appelle tous mes lecteurs, tous mes contacts sur Facebook et encore plus sur twitter, qu’ils soient Français ou citoyens d’autres pays, à relayer très puissamment, les deux articles que je publie ce jour.

Rien ne serait pire pour les Québécois que le silence des autres peuples ! Seul un soutien massif apporté par nous tous peut les aider, tant au plan du moral que du droit et de la démocratie !

J’appelle donc à une vaste mobilisation des consciences de tous les démocrates et humanistes du monde ! (Jean Dornac)


Collectif d’auteurs - 19 mai 2012

Comme professeurs, historiens, qui ont documenté, avec d’autres, l’histoire politique du Québec, nous affirmons que rarement on a vu une agression aussi flagrante être commise contre les droits fondamentaux qui ont sous-tendu l’action sociale et politique depuis des décennies au Québec.

Le droit de libre expression, le droit de manifester, le droit d’association sont au cœur de notre démocratie. Ces droits civiques et politiques déterminent notre appartenance et notre participation à la vie de notre communauté politique. Ils permettent cette essentielle dissidence qui est au cœur de tout ce que le Québec a connu de changement dans son histoire, depuis les Patriotes jusqu’aux grandes luttes syndicales de la Révolution tranquille, en passant par les combats des femmes, des autochtones et des autres groupes de citoyens pour leur reconnaissance politique. Sans l’exercice de ces droits garantis notamment par les chartes, notre régime politique ne peut pas se réclamer entièrement de la démocratie.

Une démocratie au sens fort du terme exige de ses citoyens la capacité d’exercer pleinement leurs droits : c’est là l’assise de la primauté du droit en ce pays et l’objectif fondamental des luttes politiques au Québec depuis l’instauration du système parlementaire.

Odieux

Le mouvement étudiant, par son action depuis trois mois, n’a fait que reprendre le flambeau de cette exigence démocratique. Il est de plus odieux de voir un gouvernement l’utiliser comme cible de ses actions antidémocratiques, d’autant plus que la principale fonction de l’État démocratique est de garantir l’exercice de leurs droits et de leurs libertés.

Pis encore, le dernier geste de ce gouvernement, celui du projet de loi 78, remet en cause le principe de la primauté du droit dans la résolution des conflits, comme le souligne le bâtonnier du Québec dans son communiqué du 18 mai.

En effet, dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 limite clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets. Il entrave de manière importante la liberté académique dans un milieu universitaire. Il suspend des recours juridiques légitimes et renverse le fardeau de la preuve qui rend les associations d’étudiants et les syndicats responsables d’actes commis par autrui. Enfin, il sanctionne lourdement les citoyens ainsi que les associations étudiantes et syndicales qui ne se conformeraient pas aux dispositions de cette loi d’exception.

Dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 en discussion est une loi scélérate et une infamie. Nous en appelons à tous ceux et celles qui, dans ce pays, ont à cœur les libertés politiques fondamentales de se mobiliser contre cette agression contre nos droits et nos libertés.

Source : http://www.ledevoir.com/societe/education/350481/une-loi-scelerate-et-une-infamie

 

 

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 15:05

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Jean Charest face à un étudiant 

Par Garnotte

http://citizenzoo.wordpress.com/category/politique

Par jdor - Publié dans : Humour & Réflexion
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 15:25

Par Melle Gaylor Richardeau

75787648.jpg Le 6 Mai 2012, les Français ont élu un Président de Gauche à la République, constituant ainsi l'acte 1 du Pouvoir Exécutif, l'acte 2 étant celui de la composition de gouvernement aux mêmes couleurs politiques, ce qui a été fait le 16 Mai.

Les 10 et 17 Juin, nous serons amenés à élire nos représentants à l'Assemblée Nationale, institution qui avec le Sénat, forme le Pouvoir Législatif.

La logique voudrait qu'à un peu plus d'un mois après les présidentielles, les citoyens confèrent une majorité de gauche au Président afin de le doter de réels moyens d'action, pour le changement annoncé, espéré, et nécessaire en ces temps de crise économique et sociale.

Mais les Français sont de bien curieux animaux politiques qui peuvent sous prétexte, d'équité, ou de contre pouvoir, voter à l'inverse et attribuer à la Droite la majorité des sièges à l'Assemblée.

La Droite majoritaire face à un Président de Gauche, nous ferait entrer dans une période de cohabitation.

Cette hypothèse conduirait à la constitution d'un nouveau gouvernement, issu de la majorité parlementaire dont les convictions seraient antagonistes à celles du Chef de l'Etat. Comment dans ces circonstances le Président pourrait-il appliquer le programme pour lequel il a été élu ? Quelles seraient ses marges de manœuvres ?

Les deux questions méritent la même réponse : le Président serait paralysé dans son action, laquelle ne serait plus relayée par le Gouvernement. C'est pour ces raisons sur lesquelles je reviendrai que je suis défavorable à la cohabitation, d'autant que les expériences passées ne plaident pas en la faveur de ce déséquilibre institutionnel.

Pour l'anecdote, si François Fillon rejetait fermement toute idée de cohabitation en 2007, elle lui apparaît aujourd'hui sous un jour beaucoup plus favorable...Vous me direz, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis....

La cohabitation, contraire à l'esprit de la Constitution de 1958

Lors de son discours du 27 Août 1958, Michel Debré, l'un des pères du texte constitutionnel, déclarait que le Président de la République est " la clef de voûte " du régime. Lorsqu'il a le soutien de la majorité parlementaire, il joue un rôle primordial, mais si celle-ci lui fait défaut alors son rôle est nettement pus effacé.

Cette configuration est apparue trois fois depuis l'entrée en vigueur de la Constitution de la V République (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002)

Peut on contourner une cohabitation ?

Face à une majorité d'une couleur politique différente, le Président a plusieurs possiblités :

- il peut, en raison de ses pouvoirs dispensés de contreseing qui sont les siens et de son rôle d'arbitre :

- soit celui d'user de la liberté que lui donne l'article 8-1 de la Constitution pour nommer un Premier ministre de son bord, voire un centriste de compromis, « acceptable » par une partie de la nouvelle majorité parlementaire et d'attendre un éventuel renversement du gouvernement pour aviser ;

- soit décider immédiatement une dissolution pour mettre les électeurs devant leur choix contradictoire et espérer ainsi une majorité parlementaire favorable. Ce choix outre qu'il trahit la voix du peuple, n'offre en sus aucune garantie de réussite.

Les cohabitations passées, boires et déboires

1986-1988

Après la défaite de la Gauche, François Mitterrand désigne Jacques Chirac, homme de Droite comme Premier Ministre.

Durant cette période de cohabitation, il y a parfois des moments de tension entre les deux têtes de l'exécutif, notamment en matière de politique extérieure et sur certains dossiers de politique intérieure. Dès la formation du gouvernement, François Mitterrand s'oppose à la nomination de certains ministres. Le président refuse par la suite de signer des ordonnances.

Cependant, un certain équilibre institutionnel est trouvé, et la première cohabitation établit des règles non écrites qui seront respectées lors des cohabitations suivantes, permettant aux institutions de fonctionner et à la France de continuer de parler d'une seule voix sur la scène internationale.

1993-1995

La deuxième cohabitation de mars 1993 à Mai 1995 fait suite aux élections législatives des 21 et 28 Mars 1993 où la Droite triomphe avec 472 sièges sur 577 ; Elle mettra aux prises François Mitterrand, et Edouard Balladur, Premier Ministre. Elle sera surnommée « la cohabitation de velours » en raison des relations courtoises entre les deux têtes de l'exécutif. Néanmoins, les événements du Rwanda, viendront parfois écorner cette courtoisie, lorsqu'il fut question de le présence française sur ce territoire africain.

1997-2002

Sur cette période, elle voit se confronter deux hommes, Jacques Chirac et Lionel Jospin.

Elle se déroule dans un contexte politique très différent des deux premières. En premier lieu, elle n'était pas attendue - donc pas préparée par les principaux acteurs, contrairement aux précédentes - car elle est la conséquence d'une dissolution surprise de l'Assemblée Nationale un an avant l'échéance législative de 1998. Par ailleurs, elle intervient à peine deux ans après le début du septennat présidentiel et va durer le temps de la législature, soit jusqu'à la fin du mandat présidentiel.

Cette troisième cohabitation, qualifiée à plusieurs reprises de "constructive" par le Président de la République débute néanmoins par une mise au point d'ordre institutionnel. Le 14 juillet 1997, Jacques Chirac déclare : « La Constitution prévoit des choses et ces choses donnent, notamment, une prééminence, et je dirais, donnent un peu le dernier mot au Président de la République ». Deux jours après, dans une déclaration en Conseil des ministres Lionel Jospin corrige l'appréciation présidentielle par ces termes : « Il n'y a pas de domaine de la politique française où le Président aurait le dernier mot ». Le ton était donné...

Cette troisième cohabitation se caractérise par un contexte politique défavorable au chef de l'État, qui se voit contraint à cette situation du fait de la dissolution qu'il a provoquée, ce qui en outre lui interdit toute nouvelle dissolution pendant un an. Il fera connaître ses désaccords ou exprimera des mises en garde à propos de la politique menée par le gouvernement, soit en Conseil des ministres, soit au cours de déplacements en province.

À l’approche du scrutin présidentiel d'avril 2002, auquel il se représente, le Président ne parle plus de " cohabitation constructive ", mais dénonce le « manque de volonté d'agir » du gouvernement « en matière de sécurité » et son « immobilisme » concernant les réformes à entreprendre.

Ces trois expériences de cohabitation ont démontré les limites de ce type de gouvernance. Un Exécutif à deux têtes allant dans des directions opposées ne saurait être un bon guide pour le pays. Ceci est d'autant plus vrai aujourd'hui, alors que la France traverse une période de grave crise économique et sociale, qu'une cohabitation ne ferait qu'enkyster sinon dégrader.

Une cohabitation source de blocages

Dans l'optique du Général de Gaulle, le président de la République était au-dessus des partis, et la notion de « cohabitation » hors de propos car « on ne saurait accepter qu'une dyarchie existât au sommet ». Et si cela devait arriver, cela signifierait que le Président n'a plus la confiance du peuple, le seul choix qui lui reste serait donc la démission.

Pour lui, le choix du Premier ministre devait se faire de façon à être « compatible » entre le Président et le Parlement, nommé par le premier sans opposition du second. Dans les faits, depuis la bipolarisation de la politique française, apparue en 1962, entre gauche et droite, le Président est toujours apparu comme étant de l'un ou l'autre camp.

Si la politique générale est conduite par le gouvernement, le Président peut y faire obstruction en refusant de signer les ordonnances ; le gouvernement doit alors passer par la voie parlementaire habituelle. Le Président peut aussi théoriquement user de son pouvoir de dissolution, ce qui apparaît comme politiquement impossible dans le cours normal des choses. Le Président peut également refuser de promulguer les lois ou demander une nouvelle délibération qui peut lui être refusée. Le Président étant le chef des armées et le représentant de la France à l'étranger, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères sont généralement choisis par consensus entre le Président et le Premier ministre.

Que penser de la cohabitation ?

Certains jugent ces périodes de cohabitation néfastes pour le fonctionnement de l'État français car elles ne permettraient pas de mener de réformes importantes. Pour sa part, Lionel Jospin a pu dire que les réformes ne sont pas impossibles, car le gouvernement peut parfaitement remplir son rôle. Là où la cohabitation est néfaste selon lui c’est dans la non-unité du pouvoir exécutif qui apparaît lorsque la cohabitation dure et qu'un esprit de confrontation apparaît entre le Président et le Premier ministre..

Du côté de l'opinion en revanche, le principe de la cohabitation n'est pas toujours considéré comme un handicap et certains y voient un " plus " en faveur de la démocratie. Accélérant l'alternance politique, la cohabitation (ou du moins sa possibilité) apparaissait en effet comme un contrepoids face à un mandat présidentiel particulièrement long (sept ans jusqu'en 2002).

L'éventualité d'une cohabitation vue par les politiques

François Bayrou, dirigeant centriste, qui a rompu avec la majorité sortante en votant pour François Hollande au second tour de l'élection présidentielle, souhaite un équilibre dans les institutions que rendrait possible la présence à l'Assemblée nationale d'élus capables de soutenir le gouvernement ou de s'opposer en fonction de la justesse de ses actions - le " courant central " qu'il appelle de ses vœux.

" La cohabitation serait une catastrophe ". Présidence et gouvernement soutenus par une majorité parlementaire sont les deux clés, et " si jamais les deux clés sont incompatibles entre elles, plus rien ne marche ".

" Toutes les décisions qui sont prises en conseil des ministres ont besoin de la signature du président de la République, est-ce que vous vous rendez compte des risques de blocage ? "

" En revanche, il faut un équilibre dans les institutions du pays, c'est pourquoi on a besoin à l'Assemblée nationale de voix qui ne soient pas des opposants systématiques (...) mais qui soient là pour dire 'nous sommes responsables, c'est-à-dire si vous prenez des bonnes décisions, nous voterons pour'. "

Pour Arnaud Montebourg, socialiste et Ministre : ne pas donner la majorité à la gauche aux législatives " n’aurait aucun sens ".

Pour Hervé Morin, ancien comparse de Bayrou : le Président du Nouveau centre a expliqué vouloir se battre pour qu'une cohabitation " puisse " empêcher la mise en œuvre du programme " du nouveau Président ". " Mon souhait le plus ardent, c'est que nous soyons en mesure de former une majorité parlementaire capable d'empêcher la mise en œuvre du programme de François Hollande ".

" Ces élections, on peut les gagner. Je ne vois aucun enthousiasme pour Hollande. C'était une élection par défaut. Et, compte-tenu de la faiblesse de l'écart au second tour entre Hollande et Sarkozy, ces élections législatives ne sont pas jouées ", a-t-il fait valoir.

Pour le Président du NC, le programme de François Hollande va être " à l'origine de profondes désillusions ". " Et, j'entends bien faire en sorte que l'on ait une cohabitation pour l'empêcher de le mettre en œuvre ", a-t-il insisté, notamment par des candidatures communes avec l'UMP.

Pour l'UMP, et bien que Guéant ait dénoncé une cohabitation contraire à l'esprit de la Vème République, c'est la cohabitation qui est souhaitée pour faire obstacle à la mise en place du programme du Président élu. Copé a ainsi déclaré : " Tout ce qui peut être fait pour empêcher l'adoption du droit de vote des étrangers aux élections locales, le renoncement à la règle d'or et la remise en place de la retraite à 60 ans sera bon pour la France." Y compris des alliances avec le Front National ?

En fonction des intérêts de chacun, les positionnements divergent.

Outre le fait que la cohabitation est contraire à l'esprit de notre Constitution, personnellement, je suis convaincue qu'une cohabitation placerait notre pays dans une paralysie totale et que les batailles politiciennes prendraient le pas sur les nécessaires et urgentes réformes politiques à mener.

L'intérêt général, en cette période de crise, ne permet pas à mon sens de supporter une cohabitation.

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Par jdor - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 15:04

Très belle et forte lettre de trois étudiantes au père de l’une d’elle. L’autisme volontaire de Jean Charest conduit, entre autres catastrophes, au conflit de générations au sein de nombreuses familles. C’est dramatique pour ces familles, dramatique pour tout le Québec. Voilà à quoi conduit un gouvernement et son chef, incompétents notoires, butés et pervers dans la façon dont ils manipulent la population. Puissent nos amis et « cousins » québécois en être bientôt débarrassés, ou plutôt Libérés ! (Jean Dornac)

* * *

Collectif d’auteurs
Tribune libre de Vigile - mercredi 16 mai 2012      


Bonjour,

nous nous appelons Florence, Naomie et Léa Tremblay. Nous sommes les 3 filles de ce père qui a écrit au sujet du mouvement carré rouge la semaine dernière, et dont la lettre fut publiée dans La Presse.

Après avoir lu tout ça, nous avons décidé d’y répondre, car évidemment les choses ne s’arrêtent pas à une opinion. Le mouvement carré rouge est très diversifié et nous en représentons un segment. Nous avons beaucoup réfléchi, écrit, ré-écrit, ré-ré-écrit ensemble. Nous vous laissons lire le produit de notre réflexion, la lettre ci-jointe. Nous vous serions infiniment reconnaissantes si vous acceptiez de la publier, ou du moins en partie, en nous informant au préalable des modifications que vous souhaitez y apporter.

Merci


Le 14 mai 2012, 13e semaine de la grève étudiante

Cher Papa,

Nous comprenons que tu sois fâché.

Ta colère nous apparaît comme le produit de la lente désillusion des idéaux sociaux de ta jeunesse, exacerbée par des préjugés sur les “vraies” intentions crottées des leaders étudiants et de tous ceux qui participent au mouvement. Cependant, bien que nous soyons conscientes du cheminement qui t’a mené à prendre cette position face au conflit, nous osons espérer que tu puisses également comprendre que nous tenons à certains idéaux sociaux différents des tiens.

Pour commencer, il y a un principe que Guillaume Lépine, une de nos connaissances, et fondateur de l’École de la Montagne Rouge, résume si bien : “Aujourd’hui pour moi, demain pour toi”.

Nous pensons que manifester aujourd’hui, c’est de revendiquer un meilleur lendemain. Tu sais, personne - enfin, très peu d’entre les étudiants, qui justement ont fait le choix d’étudier et d’assister à leurs cours en temps normal, et certainement pas nous - n’AIME être en grève... Si les étudiants se mobilisent, c’est parce que le désir de changement vaut plus qu’une session d’étude ; on projette notre vision au-delà de la grève.

Oui, au-delà de la grève, nous nourrissons une conception de la société québécoise comme un projet commun, rassemblant toutes les générations ; une société plus solidaire, où l’on s’entraide et se soucie du sort des autres. En tant qu’étudiantes, nous considérons logique que ceux qui étudient, et donc reçoivent un revenu moindre, puissent avoir droit aux études à frais réduits. En même temps, nous sommes infiniment reconnaissantes de ce soutien social ; on ne le prend pas pour acquis, comme des enfants-rois terme abusivement appliqué à tous les manifestants. Nous avons toujours travaillé pour payer nos études, et présentement, nous travaillons toutes à temps plein pour subvenir à nos besoins, tout en payant ou remboursant nos frais de scolarité. Une fois nos études terminées, nous accepterons bien sûr de soutenir davantage nos concitoyens, en continuant à travailler et en payant plus de taxes, pour absorber non seulement les frais de scolarité des générations plus jeunes, mais aussi les frais de santé et pension pour la population vieillissante, dont vous faites partie. On reçoit un cadeau, on en redonne un gros, pourquoi vous plaindriez-vous d’injustice ?

Par ailleurs, le débat se doit d’aller plus en profondeur que l’interprétation des intentions de tous, et ta lettre, cher papa, est remplie de commentaires à ce niveau. Oui, on te l’accorde, il y a certainement beaucoup de bonne et de mauvaise foi de tous bords. Mais si nous voulons arriver à mieux nous comprendre en cette société que nous partageons, il faut cesser de s’accuser de mille-et-une mauvaises intentions, et s’ouvrir à un réel débat, qui nous permettra de rafraîchir certaines idées croûtées par l’habitude et blindées contre les remises en questions.

La démocratie, par exemple, celle que tu mentionnes dans ta lettre, un concept essentiel, si malmené dans cette histoire... La démocratie, c’est plus qu’un vote à intervalle de quelques années pour déterminer qui nous gouvernera. La démocratie ne se joue pas seulement entre ministres, investisseurs et lobbyistes. La démocratie se doit d’être constamment renouvelée, et il est normal de la remettre en question afin qu’elle devienne plus inclusive, afin qu’on mette tous notre main à la pâte sociale. Ça implique qu’on discute tous ensemble de notre avenir, et de ceux qui nous précèdent et nous suivent, qu’on accepte de faire de réel compromis, pas juste de la rhétorique, et des accusations qui déroutent le dialogue. Par exemple, bonifier les prêts et bourses - dans le sens réel de bonifier les prêts -, quelle ironie sémantique : qu’ils s’endettent davantage, nos étudiants !

Cher papa, ta fille qui a étudié à Toronto te dit : “ j’ai toujours travaillé à temps partiel ou temps plein pendant les études, je n’ai jamais acheté de ipod, iphone, ordinateur, voiture, télé, nommez-les. Oui, je me suis serré la ceinture pour les payer, mes études, j’ai appris beaucoup, complété avec succès un Honours Double Major in Dance and International Development studies. Tout ça pendant que les frais de scolarité des universités ontariennes augmentaient de 200$ chaque an, et que les étudiants restaient dans la plus pure apathie politique. Pour couronner cette belle période d’apprentissage des arts, sciences politiques, de la vie et du monde, je me retrouve avec une dette de 43 893.73$, généreusement financée par l’Aide Financière aux Études du Québec. Je ne souhaite ça à personne.

En revenant à Montréal, j’ai vu des gens qui n’acceptent pas simplement qu’on les gouverne sans les consulter, des gens qui veulent trouver une alternative au stress financier que j’ai subi et continue d’endurer. J’ai vu toutes sortes de gens porter le carré rouge, pas juste les étudiants, et ça me donne espoir. ” Tous se sentent relativement impuissants face à ce gouvernement, et plusieurs n’arrivent pas à passer leur message d’une façon posée, rationnelle, comme de vrais politiciens en possession d’un statut qui garantit à leurs mots un impact plus concret.

Tous ces gens se soucient du sort de leur société, et nous croyons qu’en incluant plus de voix et de critiques dans le débat, nous pourrions trouver d’autres pistes de solution pour garantir l’accès au système d’éducation. L’équation n’est pas aussi simple que gel des frais=plus de taxes... On doit examiner d’autres alternatives avec un œil critique, entre autres des réaménagements budgétaires aux niveaux universitaires, administratifs et gouvernementaux.

Donc oui, idéalement, les décisions démocratiques doivent inclure les représentants des groupes concernés, et des évaluateurs indépendants. Mais il y a une autre sphère de débats que le mouvement étudiant a générée. La lettre de notre père en reflète parfaitement la nature, et on doit l’aborder ici. La tension grandissante, les préjugés, les actes perturbant la circulation et les activités commerciales, ont creusé un profond fossé intergénérationel entre les jeunes, automatiquement catégorisés comme des pro-grévistes, saboteurs sociaux, syndicalistes parasitiques, et leurs parents, comme tous ces travailleurs et « payeurs de taxes » dérangés par les actes des manifestants.

Ne croyez-vous pas qu’on trouve ça chiant de devoir éviter de voir notre père, parce qu’il s’est complètement radicalisé au sujet des actions et idées du mouvement, qu’il ne peut éviter d’aborder le sujet à chaque fois qu’on lui parle, et de s’emporter, au risque de nous traiter d’idiotes ? Nous aimerions tant que notre père ne se défoule pas contre nous à cause d’actes que nous n’avons pas commis, et que nous désapprouvons.

Oui, c’est regrettable qu’il y ait des débordements violents dans lesquels manifestants et policiers s’empêtrent. Cependant, avouons-le : c’est en traitant les gens en idiots qu’on en fait des idiots. Le gouvernement a trop longtemps refusé de parler aux associations étudiantes. Pour rafraîchir la mémoire de ceux qui, comme notre père, semblent l’oublier : le gouvernement Charest s’est montré ouvert à la discussion en précisant ne pas vouloir aborder la hausse des droits de scolarité vers la fin du mois de mars, après 6 semaines de grève, pour finalement discuter avec les associations dans une première rencontre le 23 avril dernier, exclure la CLASSE de la table des négos, pour reprendre le tout le 5 mai dernier et signer une entente de principe controversée, décriée de tous après 12 semaines de grèves.

N’y aurait-il pas eu moyen que le gouvernement se réveille un peu plus tôt ? L’impression d’être ignorés et lésés depuis le début d’une grève qui s’éternise s’est donc transformée en impulsivité, exacerbée par les groupes qui ont infiltré le mouvement afin de réaliser leurs idéaux anarchiques par l’entremise de moyens violents.

Comment nous demander d’agir autrement ? Nous n’encouragerons jamais les actes de violence commis, mais nous nous demandons tout de même si ce n’est pas le moyen le plus efficace de se faire entendre, après plus de 80 jours de grève. C’est terriblement triste tout ça, c’est abrutissant, même.

Pour finir cette missive, enfin, à quoi ça mène que notre père, et tous les adultes responsables-payeurs-de-taxes de ce monde, nous parlent sur un ton narquois, condescendant, ou nous insultent ?

Vous croyez tout savoir, mais nous ne délaisserons pas notre désir de voir à long terme, de débattre et construire une société meilleure, pour adopter vos opinions désabusées. Nous, trois jeunes étudiantes, travailleuses-payeuses-de-taxes, croyons en l’entraide, la solidarité inter-classe, inter-culturelle et intergénérationelle. Si vous refusez d’y croire avec nous, on vous demande au moins d’accepter qu’on y croie et qu’on s’implique dans un tel projet.

***

Flo, celle qui étudie au Cégep du Vieux-Montréal,
Naomie, celle qui veut étudier à Londres,
Léa, celle qui a étudié à Toronto

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

Source : http://www.vigile.net/Cher-papa

 

Par jdor - Publié dans : Témoignage
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