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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 15:49

Richard Le Hir
Vigile - jeudi 23 février 2012

Pour nous, lecteurs français qui pourrions penser que nous ne sommes en rien concerné par Paul Desmarais, je rappellerai cette chose à ne pas oublier, surtout au moment où se profile la présidentielle, que ce personnage est l’un des soutiens les plus importants de Nicolas Sarkozy, peut-être même le plus important. Lorsqu’on voit la voracité de Desmarais, lorsqu’on songe, parallèlement, au « Président des riches », chez nous, on comprend bien l’intérêt du milliardaire canadien pour Nicolas Sarkozy. Il trouve, en ce dernier, le parfait serviteur dont il a besoin ! (Jean Dornac)

AVANT-PROPOS (du livre)

 

desmarais.jpg

Je ne suis ni contestataire, ni révolutionnaire. Ce n’est pas dans mon caractère ou mes valeurs. Je ne l’ai jamais été, même en mai 1968 lorsque j’étais étudiant en Europe. Pour que j’en vienne à écrire un livre comme celui-ci, il a donc fallu que je découvre des faits que j’ignorais, et que je les trouve à ce point déterminants que je sente le besoin de remettre en question non seulement ma vision du système dans lequel nous vivons, mais aussi de chercher à mettre en lumière des agissements qui illustrent à mes yeux la face la plus détestable du capitalisme.

J’ai passé la plus grande partie de ma carrière dans les entreprises, autant des très grosses que des toutes petites, des nationales que des multinationales, et de par mes fonctions qui ont souvent consisté à représenter leurs intérêts auprès du public, des médias et des gouvernements, j’ai souvent eu à m’interroger sur la légitimité de leurs activités et de leurs actions. Il est en effet beaucoup plus facile de promouvoir ou de défendre une cause dont on est profondément convaincu des mérites.

Pendant toutes ces années, il m’est rarement arrivé de me sentir en porte à faux avec les intérêts que je représentais, et lorsque cela se produisait, je prenais rapidement mes distances. Ainsi, je me souviens d’avoir dit au président d’une grosse entreprise qui exploitait plusieurs usines au Canada et aux États-Unis, après seulement quelques mois passés à son service en tant que vice-président aux affaires juridiques, que je ne pourrais pas le servir loyalement et qu’il valait mieux que je m’en aille.

C’est pendant les années que j’ai passées à la tête de l’Association des Manufacturiers que j’ai raffiné ma compréhension de l’entrepreneurship et des deux grands modèles qui s’opposent, les bâtisseurs d’une part, et les écumeurs ou prédateurs de l’autre. Autant j’ai du respect pour les premiers, autant j’en ai peu pour les seconds.

Les bâtisseurs, ce sont ceux qui montent leur entreprise et assurent sa croissance et son succès en maîtrisant tous les aspects de la valeur ajoutée. Ils sont amoureux de leur métier et sont constamment en train de raffiner leurs produits et leurs procédés. Ils investissent dans la recherche et le développement, ils connaissent la contribution de leurs employés à leur succès et se comportent en toute chose de manière responsable.

Les écumeurs ou prédateurs, eux, ne s’intéressent qu’à la rentabilité financière de l’entreprise qui n’est pour eux qu’une machine à sous. Leur métier, c’est l’argent, et ils portent la responsabilité de la crise actuelle. Ce sont en effet leurs abus qui risquent désormais de précipiter le capitalisme dans sa chute.

Paul Desmarais n’est pas un bâtisseur. C’est un prédateur, un loup qui a compris qu’il est beaucoup plus facile de convaincre le berger de lui ouvrir toutes grandes les portes de la bergerie que de chercher continuellement à déjouer sa surveillance.Son modèle d’affaires présente toutefois une faille majeure : il repose essentiellement sur l’opposition systématique entre ses intérêts personnels et l’intérêt collectif. C’est en effet ce que j’ai pu découvrir au fil des deux dernières années, en allant de surprise en surprise.

Le séjour en famille de Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt, au somptueux palais de Paul Desmarais à Sagard aura permis à tous les Québécois de découvrir le caractère totalement anormal et inacceptable des pratiques de l’empire Desmarais dans ses rapports avec le Gouvernement du Québec, ses ministères et les entreprises et organismes qu’il contrôle.

Et lorsqu’on voit le vénérable et prudentissime Le Devoir se fendre d’un éditorial comme il l’a fait en février dernier pour mettre sur le même pied l’habitude de Tony Accurso de cultiver ses « affaires » sur son yacht et celle de Paul Desmarais de recevoir ses « invités de marque » à Sagard, on comprend que l’image de ce dernier vient de chuter brutalement de plusieurs crans.

J’ai commencé à m’intéresser aux pratiques des Desmarais et de Power il y a deux ans, dans la foulée de l’annonce par Hydro-Québec de son intention d’acquérir Énergie Nouveau-Brunswick, une décision qui n’avait d’autre justification que de paver la voie à une privatisation éventuelle de notre société d’État que René Lévesque surnommait avec fierté « le navire-amiral de l’économie québécoise ».

Effectivement, l’acquisition d’Énergie NB aurait eu pour effet de faire d’Hydro-Québec une entreprise interprovinciale de compétence fédérale en vertu de la Constitution. Perdant sa compétence, le gouvernement québécois aurait eu beau jeu d’argumenter que Hydro-Québec ne revêtait plus pour le Québec le même intérêt stratégique, et il aurait fait miroiter aux Québécois « l’avantage » de privatiser l’entreprise pour réduire le fardeau de la dette du Québec et dégager d’importantes marges budgétaires pour maintenir à flot nos systèmes d’éducation et de santé, par exemple.

En fouillant ce dossier qui a fini par avorter, j’ai eu la surprise de découvrir à quel point Power Corporation, la société que contrôle Paul Desmarais, était parvenue à s’immiscer aux niveaux les plus élevés de l’appareil décisionnel du Québec, au point même d’être représentée au conseil d’administration d’Hydro-Québec.

Cette présence révèle toute son incongruité lorsqu’on découvre que Pargesa, la filiale européenne de Power, détient une participation importante dans GDF-Suez, le « 1er producteur indépendant d’électricité mondial », aux dires mêmes de cette dernière.

On ne se surprendra donc pas de l’intérêt que porte Power à l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, dont on sait maintenant qu’il ouvrira toutes grandes les portes de la concurrence dans les services publics, et qu’il aboutira éventuellement à la privatisation d’Hydro-Québec.

Cette privatisation, Hydro-Québec ne se gêne d’ailleurs même plus pour l’anticiper ouvertement, comme en fait foi l’apparition d’un volet « Relations avec les investisseurs » sur son site Internet. À ce jour que nous sachions, l’Hydro-Québec n’a toujours qu’un seul actionnaire, et c’est le Gouvernement du Québec. Nous sommes donc devant une tentative de conditionner tranquillement les esprits aux changements qui s’en viennent.

Mes recherches sur Power m’ont permis d’écrire à son sujet une bonne cinquantaine de chroniques sur le site Vigile.net au cours des deux dernières années. Desmarais est partout. On connaît son influence à la Caisse de dépôt, mais on trouve aussi sa trace sur l’Île d’Anticosti où il convoite notre pétrole, dans la Vallée du St-Laurent où il est présent dans les gaz de schiste, à Montréal où il a réussi à s’infiltrer au CHUM et dans le PPP constitué pour construire et exploiter le nouveau centre hospitalier. Enfin, le Plan Nord est taillé sur mesure pour ses intérêts. Les Québécois ont connu la Révolution tranquille. L’Empire Desmarais leur mijote la Dépossession tranquille.

Afin de faire partager aux lecteurs l’évolution de ma pensée au fur et à mesure de mes découvertes, j’ai choisi de reprendre mes chroniques en ordre chronologique, en les regroupant par sujet, et en les agrémentant des commentaires que m’inspirent des développements plus récents ou le recul que seul permet le passage du temps.

Ce recul m’a permis de faire des liens qui m’avaient échappé au fil des jours, et de replacer certains événements et certaines analyses dans un contexte plus large. Le portrait d’ensemble y gagne en pertinence et en précision. La preuve est accablante.

Je m’en voudrais de terminer cet avant-propos sans suggérer aux lecteurs qui peuvent être intéressés par l’historique de Power Corporation de lire l’excellent ouvrage de Robin Philpot, « Derrière l’État Desmarais : Power » .

Sources : http://www.vigile.net/Desmarais-la-depossession,45480

Par jdor - Publié dans : Idéologies néfastes
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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 15:44
Par jdor - Publié dans : Humour & Réflexion
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 15:39

Mikis Theodorakis Μίκης Θεοδωράκης

aut 257

Traduit par  Georgios Sgourdos Γιώργος Σγούρδος

Edité par  Guy Wagner  -  Fausto Giudice  فاوستو جيوديشي

Message très fort, très digne, très émouvant aussi. Imprégnons-nous des paroles de Mikis Theodorakis, car nous sommes tout près de subir le même sort, particulièrement si Sarkozy devait être réélu. Ne nous berçons pas d’illusions, les ogres qui saignent la Grèce tournent déjà leurs regards haineux et voraces contre la majorité des pays Européens, parce qu’il y a encore beaucoup à voler et détruire. (Jean Dornac)


 

Cet appel a été lancé par Mikis Theodrakis le dimanche 12 février 2012, lors de la grande manifestation place Syntagma à Athènes, durant le débat parlementaire sur l'adoption du nouveau Mémorandum imposé par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) à la Grèce. Lorsque Theodorakis, 86 ans, et Manolis Glézos, 90 ans, ont demandé aux policiers de l'unité spéciale anti-émeutes MAT de pouvoir s'adresser à la foule depuis les marches du Parlement, la seule réponse de ces derniers a été un tir tendu de gaz lacrymogènes s'apparentant à une tentative de meurtre. Voilà comment on traite dans ce pays "entrokaïsé" des hommes qui, au Japon, seraient honorés comme "trésors nationaux vivants"-Tlaxcala

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Gazés ! Theodorakis (à g.) et Glézos (à dr.)

 Regardez les vidéos incroyables de ces moments mémorables

Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.

Jusqu’en 2009, la situation économique de la Grèce n’avait rien de très grave. Les grandes plaies de notre économie étaient les dépenses immodérées pour l’achat du matériel de guerre et la corruption d’une partie du monde politique, financier et médiatique. Mais une part de responsabilité appartient aussi aux Etats étrangers, parmi eux l’Allemagne, la France, l’Angleterre et les USA qui gagnaient des milliards d’euros aux dépens de notre richesse nationale par la vente annuelle de matériel de guerre. Ce saignement constant nous a écrasés et ne nous permettait plus d’aller de l’avant, alors qu’il était la source d’enrichissement d’autres pays. On peut dire la même chose pour le problème de la corruption. Par exemple, l’entreprise allemande Siemens avait une branche spéciale pour corrompre des Grecs, afin de mieux placer ses produits sur le marché grec. Ainsi le peuple grec a été victime de ce duo des prédateurs allemands et grecs qui s'enrichissaient aux dépens de la Grèce.

Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux partis politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut).

Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d'armes et de leurs produits et d'autre part, par les intérêts sur l'argent prêté au gouvernement (et non pas au peuple). Comme nous l'avons vu, le peuple grec était la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour vous convaincre : en 1986, Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de cet emprunt n’ont été remboursés qu’en 2010 et ils s’élevaient à 54 milliards d’euros.

L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l'achat de matériel de guerre – de l'Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu'il n'a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis !

En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez élevé (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l'Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d'intérêt inférieur à 5%, jusqu'à ce que la crise soit passée.

En novembre 2009, au moment de l’arrivée de George Papandréou au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour faire comprendre ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique désastreuse, je cite deux chiffres : aux élections de 2009 le PASOK - le parti politique de G. Papandreou - a remporté 44% des voix. Aujourd'hui, les sondages ne lui donnent plus que 6%.

M. Papandréou aurait pu faire face à la crise économique (qui reflétait celle de l’Europe) avec des prêts de banques étrangères au taux habituel, c’est-à-dire inférieur à 5%. S'il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problème. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.

Mais M. Papandréou avait déjà commencé sa conspiration contre le peuple grec en été 2009, lorsqu’il a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de placer la Grèce sous la tutelle du FMI. Cette révélation a été faite par l’ancien directeur du FMI.

Pour y arriver, le tableau de la situation économique de notre pays devait être falsifié, afin que les banques étrangères aient peur et augmentent les taux d’intérêt de prêt à des montants prohibitifs. Cette opération onéreuse a commencé avec l’augmentation artificielle du déficit publique de 12% à 15% pour l’année 2009 [ Andreas Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans demander l’accord, ni informer son conseil d’administration, de comptabiliser dans le calcul du déficit public certains organismes et entreprises publiques qui ne l’avaient jamais été auparavant dans aucun autre pays européen, excepté la Norvège. L’objectif était de faire passer le déficit de la Grèce au-dessus de celui de l’Irlande (14%), afin que ce soit elle qui joue le rôle de maillon faible de l’Europe, NdT]
Pour ce forfait, le procureur M. Pepònis a déféré M. Papandréou et M. Papakonstantinou (ex-ministre des Finances) devant la justice, il y a 20 jours.

Ensuite, M. Papandréou et son ministre des Finances ont mené une campagne de discrédit pendant 5 mois, au cours de laquelle ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce était, comme le Titanic, en train de couler, que les Grecs sont corrompus, paresseux et donc incapables de faire face aux besoins du pays. Après chacune de leurs déclarations, les taux d'intérêt montaient, afin que la Grèce ne puisse plus faire des emprunts et afin de donner un caractère de sauvetage à notre adhésion au FMI et à la Banque Centrale Européenne. En réalité, c'était le début de notre fin.

En mai 2010, un ministre, celui des Finances, a signé le fameux Mémorandum, c’est-à-dire notre soumission à nos prêteurs. D’après le droit grec, l'adoption d'un tel accord doit être soumise au parlement et être approuvée par les trois cinquièmes des députés. Donc, le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent, fonctionnent illégalement - non seulement au regard du droit grec, mais aussi du droit européen.

Depuis lors, en supposant que notre parcours vers la mort soit représenté par un escalier de 20 marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Imaginez que le Mémorandum brade aux étrangers notre indépendance nationale et la propriété nationale, à savoir : nos ports, nos aéroports, le réseau routier, l’électricité, l’eau, toute les richesses naturelles (dans le sous-sol et sous-marines) etc. Ajoutez-y nos monuments historiques, comme l'Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure et autres sites, une fois que nous avons renoncé à faire valoir nos droits.

La production a été freinée, le taux de chômage a grimpé à 18%, 800 000 magasins ont fermé, tout comme des milliers d’usines et des centaines d’artisans. Un total de 432 000 entreprises ont déposé leur bilan. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques quittent notre pays qui s'enfonce de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Âge. Des milliers de personnes qui étaient aisées jusqu’à une date récente, sont maintenant à la recherche de nourriture dans les ordures et dorment sur le trottoir.

Entre temps, nous sommes censés vivre grâce à la générosité de nos prêteurs d’argent, les banques européennes et le FMI. En fait, l’intégralité du paquet de dizaines de milliards d’euros versé pour la Grèce, retourne à son expéditeur, tandis que nous sommes de plus en plus endettés à cause des intérêts insupportables. Et parce qu’il est nécessaire de maintenir en fonction l’Etat, les hôpitaux et les écoles, la Troïka charge la classe moyenne et inférieure de notre société de taxes exorbitantes qui mènent directement à la famine. La dernière fois que nous avons vécu une situation de famine généralisée dans notre pays était au début de l'occupation allemande, en 1941, avec près de 300 000 morts en six mois seulement. De nos jours, le spectre de la famine revient dans notre pays infortuné et calomnié.

Si vous pensez que l'occupation allemande nous a coûté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment pouvons-nous accepter, nous les Grecs, les menaces de Mme Merkel et l'intention des Allemands de nous imposer un nouveau Gauleiter, qui cette fois portera une cravate ?

La période de l'occupation allemande, de 1941 jusqu'à octobre 1944, prouve à quel point la Grèce est un pays riche, et à quel point les Grecs sont travailleurs et conscients (conscience du devoir de liberté et de l'amour pour la patrie).

Lorsque les SS et la famine tuaient un million de personnes et la Wehrmacht détruisait notre pays, confisquait toute la production agricole et l'or de nos banques, les Grecs ont pu survivre grâce à la création du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de partisans comptant 100 000 combattants, qui ont fixé 20 divisions allemandes dans notre pays.

En même temps, les Grecs ont survécu non seulement grâce à leur application au travail, mais aussi, dans des conditions d'occupation, grâce à un grand développement de l'art grec moderne, en particulier dans le domaine de la littérature et de la musique.

La Grèce a choisi la voie du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.

Nous avons été attaqués, nous avons répondu avec Solidarité et Résistance et nous avons survécu. Nous faisons maintenant exactement la même chose, avec la certitude que le peuple grec sera finalement vainqueur. Ce message est envoyé à Mme Merkel et M. Schäuble, en soulignant que je reste un ami du peuple allemand et un admirateur de sa grande contribution à la science, la philosophie, l'art et la musique en particulier. La meilleure preuve de cela est le fait que j’ai confié l’intégralité de mon œuvre musicale à deux éditeurs allemands, Schott et Breitkopf, qui sont parmi les plus grands éditeurs dans le monde, et ma collaboration avec eux est très amicale.

Ils menacent de nous expulser de l'Europe. S'ils ne veulent une fois pas de nous, c'est dix fois que nous ne voulons pas faire partie de l'Europe de Merkel – Sarkozy.

Aujourd'hui, dimanche 12 février, Manolis Glezos – le héros qui a arraché la croix gammée de l'Acropole, donnant ainsi le signal du début, non seulement de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler – et moi-même nous nous préparons à participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et nos places vont être remplies de centaines de milliers de personnes qui manifesteront leur colère contre le gouvernement et la Troïka.

gal_5058.jpg J'ai entendu hier le Premier ministre-banquier dire, en s’adressant au peuple grec, que nous avons presque touché le fond. Mais qui nous a amené à ce point en deux ans ? Ce sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés, afin qu’ils votent pour un nouveau Mémorandum pire que le premier, qui sera appliqué par les mêmes personnes qui nous ont amenés là où nous sommes. Pourquoi ? Parce que c’est ce que le FMI et l’Eurogroupe nous obligent à faire, en nous menaçant, si nous n’obéissons pas, de faillite... Ici on joue au théâtre de l'absurde. Les cercles qui nous haïssent (grecs et étrangers) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique de notre pays, nous menacent et nous font du chantage, afin de pouvoir poursuivre leur œuvre destructrice, jusqu’à notre extinction définitive.

 Au cours des siècles, nous avons survécu dans des conditions très difficiles. Il est certain que, non seulement les Grecs vont survivre, mais ils vont aussi revivre si on nous conduit de force à l'avant-dernière marche de l’escalier vers la mort.

A présent, je consacre toutes mes forces à unir le peuple grec. J'essaie de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas une voie à sens unique. Qu'il y a une autre solution : changer l’orientation de notre nation. Se tourner vers la Russie pour une coopération économique et la formation de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse de notre pays en des termes favorables à notre intérêt national.

Je propose de ne plus acheter du matériel militaire des Allemands et des Français. Nous allons tout faire pour que l'Allemagne nous paie les réparations de guerre dues. Ces réparations s'élèvent, avec les intérêts, à 500 milliards d’euros.

La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c'est le peuple grec uni en un Front de Résistance et de Solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls et non avenus tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs – qui ont déjà été condamnés dans l'esprit de notre peuple en tant que traîtres –, doivent être punis.

Je suis entièrement concentré sur ce but (l'union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l'occupation hitlérienne. J'ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j'ai fondé le PAM (Patriotikò Mètopo - Front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité. J'ai été arrêté et emprisonné dans l'“abattoir” de la police de la junte. Finalement, j'ai encore survécu.

Aujourd'hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai plus là le jour du sauvetage de ma patrie bien-aimée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon devoir envers les idéaux de liberté et de droit.

Merci à Mikis Theodorakis
Source: http://www.spitha-kap.gr/el/articles/?nid=2102
Date de parution de l'article original: 20/02/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6887

Par jdor - Publié dans : Les guerres
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 15:23
Par jdor - Publié dans : Humour & Réflexion
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 16:11

Par Jean Dornac

La dignité et l’honnêteté sont des valeurs qui s’envolent comme feuilles mortes. Le vent qui les chasse n’est pas un vent d’automne, mais une bourrasque électorale. Tout est bon, y compris le pire, pour appâter l’électeur jugé parfaitement benêt pour ne pas dire franchement idiot.

Si je demande, sans espoir de voir une amélioration, à Nicolas Sarkozy de retrouver un peu de dignité, c’est parce qu’il nous prend vraiment pour des imbéciles finis. Cela marche auprès de ses quelques admirateurs, mais pas chez la grande masse des Français. Avoir le culot de se présenter comme le candidat du peuple, alors qu’il est et reste le candidat des riches, du Fouquet’s, l’ami intéressé des grands patrons d’industrie, tels que Paul Desmarais et autre profiteurs en cols blancs, suscite, en moi, une profonde révolte, juste concurrencée par la nausée !

Rien, mais vraiment rien, chez ce type, depuis cinq ans, n’a montré une quelconque compréhension du peuple. Tout a démontré son mépris envers nous et sa volonté de nous voler les droits acquis très chèrement, au fil des décennies et des générations et cela jusqu’aux insultes encore gravées dans nos mémoires. Il veut s’attaquer aux élites, lui, qui suce avidement leurs seins ?! Lui qui, par son besoin d’être « bling-bling », s’écarte irrémédiablement des pensées et besoins du peuple ! Cela fait tout de même très longtemps qu’un dirigeant de notre pays ne s’était pas payé, avec un tel excès, notre tête ! Et puis, il faut le dire avec force, cette fois à tous les candidats et particulièrement à Sarkozy et le Pen : Ce n’est pas au candidat de décider qu’il représente le peuple de France. C’est à ce peuple, lui qui seul est souverain, de décider par lui-même !

Sarkozy, débordant d’hypocrisie, affirme qu’il veut user du référendum lors de son prochain quinquennat. C’est juste oublier qu’il a enterré le principe même du référendum et la valeur de la parole des électeurs en nous volant notre décision majoritaire de dire NON à l’Europe néolibérale ! Alors, oubliant un peu l’hypocrisie monstrueuse du bonhomme, on comprend bien les raisons qui le poussent, mais seulement en parlottes, à promouvoir de futurs référendums : Sa volonté, et il n’y a pas autre chose, c’est de soumettre à la frange la plus rétrograde de notre peuple, des choix inadmissibles tels que la « punition des chômeurs » ou encore le durcissement contre l’immigration. C’est d’un populisme achevé qui montre une image hideuse de candidat de cette droite qui se prétend encore républicaine, mais qui ressemble de plus en plus à une officine du Front National !

Selon le Figaro du 20 février, Sarkozy « a une certaine idée de la France ». De quoi éclater de rire et être plié en quatre ! Voilà que ce candidat, à nouveau, comme plusieurs fois durant son mandat, veut faire croire aux Français les plus naïfs, qu’il est l’héritier du Général de Gaulle ! Dieu que c’est ridicule ! Il est à de Gaulle ce que le fantassin et à un maréchal ! Il est aussi petit (et je ne parle pas de la taille, dont je m’en fous) que de Gaulle était grand ! Il est aussi éloigné du sens de l’Etat, que le général en était imprégné ! Par ailleurs, si Sarkozy à une idée de la France, c’est l’idée que s’en font Angela Merkel et l’ensemble des gros patrons odieux avec qui il fait « ami-ami » ! Mais la France, ce n’est pas ce ramassis de personnages dont l’égoïsme, la voracité d’argent et d’exploitation de l’humain n’a aucune limite. Il ferait bien de s’en souvenir ! Mais en a-t-il seulement la capacité intellectuelle ?...

Dans son meeting de Marseille, il a également parlé des « valeurs de droite », exaltant, entre autres, le mariage, alors qu’il a divorcé deux fois. Je ne lui reproche pas ces divorces, mais l’hypocrisie sur « la valeur du mariage et de la famille », valeurs qui ne l’ont pas étouffé jusqu’ici dans sa vie privée… Evidemment, il faut bien faire plaisir à Christine Boutin, sa poignée d’électeurs et à la frange de Français catholiques qui s’accrochent à leur foi comme on s’accroche « au radeau de la Méduse » ! En dépit des apparences, je ne me moque pas de la conviction de ces gens. C’est parfaitement respectable tant qu’ils s’appliquent ces valeurs à eux-mêmes. Mais c’est parfaitement odieux de vouloir imposer leurs convictions à une foule de citoyens qui ne partagent en rien leur foi. Il en va ainsi pour l’euthanasie qui leur fait tant horreur. Cette dernière ne serait horrible que si elle était imposée par un pouvoir politique ou médical. Mais c’est l’essence même de la Liberté, lorsqu’un malade souffrant horriblement, la réclame, s’il n’a pas ou plus la force de se suicider. Le respect de la dignité humaine réside dans la Liberté de choix et non pas dans un diktat imposé par un groupe ou un groupuscule de croyants d’une quelconque religion et imposé par le pouvoir d’un pays prétendument laïque !

Quant au mariage homosexuel, présenté par le candidat de l’UMP comme « une mode du moment », c’est encore un thème utilisé pour humilier toutes celles et ceux qui vivent cet état de vie. C’est également, mais comment s’en étonner, la preuve d’une ignorance involontaire ou volontaire de la souffrance de tous ces gens, femmes comme homme. Et, de ce fait, c’est encore la preuve que Sarkozy est loin, très loin des préoccupations du peuple, du peuple qui souffre.

Une autre façon peu glorieuse de se moquer du peuple français, c’est cette proposition de « dose de proportionnelle » aux élections législatives. Puisqu’il parlait déjà de ça en 2007, mais ne l’a jamais appliqué, en quoi sommes-nous tenus de le croire à présent, sachant, de plus, que, constitutionnellement, c’est impossible à installer pour les prochaines législatives ? Cela fait « beau » dans le décor, ça ne « mange pas de pain » comme on dit. Mais quelle indignité, ce comportement du président-candidat !

Au cours de son meeting de Marseille, il a également été très agressif contre François Hollande. S’il s’agissait d’affirmations recevables, on pourrait considérer que cela fait partie des choses normales. Cependant, là encore, on voit combien il méprise le peuple, notamment, le peuple des ouvriers et employés. Sous prétexte que le candidat socialiste soutient les 35 heures, le président sortant, affirme que Hollande n’aime pas son pays ! Quelle absurdité complète ! C’est, en effet, une très curieuse façon de veiller aux intérêts et au bien-être des Français.

Ce n’est certes pas en soutenant les revendications les plus rétrogrades du patronat, notamment de ses amis du CAC 40, qu’il montre son amour de la France ! Cette façon de privilégier uniquement le monde patronal (et banquier), me fait penser à ce que j’ai entendu, encore ce matin, à propos du « sauvetage » de la Grèce par la « Troïka », FMI, CE, BCE (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Nul doute que par l’accord signé cette nuit, les banques et le pouvoir grecs sont (provisoirement) sauvés. Mais le peuple grec, lui, il est sacrifié, il est châtié, volé, jeté sans remords dans la misère. Un pays, c’est avant tout le peuple qui le compose. Si on méprise et rejette les intérêts vitaux d’un peuple, c’est qu’on n’aime pas son pays ! C’est cela, la réalité ! Je veux espérer, de toutes mes forces, que les Français rejetteront, en mai, ce faux amour de la France exprimé par Sarkozy !

L’UMP étant plus proche de la panique que des certitudes pour son avenir, lors des prochaines élections présidentielles et législatives, en vient à user de tous les moyens pour tenter de faire taire les adversaires. On a appris, hier, que plusieurs comptes twitter parodiques sur le nom de Sarkozy, ont été censurés, à la demande de l’UMP. Ce type d’action montre combien ce parti manque de confiance quant à l’efficacité de sa propagande. Mais cela montre également dans quelle faiblesse morale et mentale, il se trouve désormais. On n’use pas de ces méthodes si l’on est fort et serein ! Dans ce contexte de peur, il est vrai qu’Internet est devenu un contre pouvoir non négligeable, une consolation pour tous ceux qui souffrent du pouvoir sarkozien, d’où les méthodes extrêmes…

Tout cela nous éloigne de plus en plus de l’essence d’une démocratie. Ce que je trouve tragique, c’est qu’il y ait encore près d’un quart de la population en âge de voter qui semble vouloir le faire en faveur de Sarkozy et pas loin de 20% qui penchent pour Marine le Pen. De quoi se faire du souci pour l’avenir de la France…

Mais que sera l’avenir du peuple français et de tous les peuples européens ? Bien malin qui peut le dire… En regardant le peuple grec, ce que je ressens, et pas seulement pour lui, c’est que la colère monte peu à peu, mais de plus en plus sûrement. C’est logique et sain, tant les élites de la Troïka, pouvoir français y compris, abusent de leur pouvoir pour favoriser les plus riches, surtout les banquiers et un certain monde patronal, celui qui gagne plusieurs centaines d’années de smic pendant que ses employés tirent de plus en plus la langue. Je l’ai déjà dit, je ne suis pas pour la violence, elle me fait horreur. Cependant, il arrive un moment, où à force de souffrances, à force d’être abusés, les peuples ont le droit et le devoir de se défendre y compris avec violence si les Etats en usent également. Ces Etats sont déjà, on l’a vu en Grèce, extrêmement violant envers leur peuple. Je suis persuadé que la réponse des opprimés ne tardera pas à s’imposer, simplement par nécessité de survie.

Les politiciens de ce temps n’ont pas retenu les leçons du passé. Ils oublient qu’il arrive, parfois, qu’une révolution éclate, à force de souffrances et d’humiliations et que des têtes, qui se croyaient à l’abri, roulent dans un panier ensanglanté… Et ce ne sont pas les « milices » du pouvoir, police et autres, qui arrêteront les peuples qui n’ont plus rien à perdre.

Paris, le 21 février 2012

 

Par jdor - Publié dans : Réflexions
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